L’OMD1 et la médaille FAO : Que retenir pour l’Afrique?


L’OMD1 et la médaille FAO : Que retenir pour l’Afrique?
La semaine passée, le président Macky Sall est revenu de New York auréolé de gloire. Le Sénégal a obtenu la médaille de la FAO. Notre pays et 72 autres « sur les 129 suivis ont atteint la cible de l’OMD1 concernant la faim et la malnutrition  » (discours du DG de la FAO). Toute performance du Sénégal et des sénégalais doit être saluée à sa juste valeur (Bravo à nos lionnes !). Mais, c’est le plus important, le Sénégal et l’Afrique gagneraient plus à tirer les leçons. Pour ce faire, il faut bien poser le débat. Trois types de débat peuvent être identifiés.
Le type 1 renvoie à la question suivante : le Sénégal a-t- il atteint l’OMD 1 ou une seule composante de celui-ci ? Certes, nous partageons l’analyse faite par l’économiste Moubarack Lo à partir de la décomposition de l’OMD1. Mais ce débat prospérerait difficilement en public, car un fait reste constant : Le Sénégal a obtenu sa médaille. Néanmoins, il pourrait prospérer dans un laboratoire scientifique. Le cas échéant, il peut et doit être enrichi sur l’intérêt de fixer un objectif avec une valeur relative sur 20 ans (le nombre de personnes souffrant de la malnutrition est passé de 24,5% en 1990-92 à 10% en 2014-16) alors que le taux moyen de croissance démographique du pays concerné est de 3 % par an. Peut-être qu’une étude sérieuse aurait prouvé que sur la même période le nombre de personnes (valeur absolue) souffrant de malnutrition, a augmenté malgré l’atteinte de l’objectif. En dehors du labo,  le débat n’a de sens que si la FAO accepte que des experts indépendants se penchent sur le sujet et se dit prête à revenir sur sa décision, si nécessaire. Elle ne le fera surement pas. En réalité, l’attribution de cette médaille est plus dans l’intérêt de la FAO et de son DG que des pays primés. C’est une opération de communication menée de main de maître par l’organisation internationale.
Le type 2 renvoie à plusieurs questions. Quel président féliciter (Diouf, Wade ou Sall) ? Quel secteur a montré sa performance ? Quelle importance pour le Sénégal ? Au nom de la continuité de l’Etat, le président Sall doit jouir pleinement des bénéfices de cette médaille même si la période considérée dépasse de loin le temps de sa magistrature. Mais, il faut faire attention à l’effet boomerang d’une mauvaise communication. La communication sur notre performance (atteinte de l’OMD1) et la défense de cette dernière pourraient être portées allégrement par la primature à travers la Cellule de lutte contre la Malnutrition et surtout le Conseil national de la Sécurité alimentaire. D’autant que la sécurité alimentaire et nutritionnelle concerne plusieurs secteurs et sous-secteurs : production animale (élevage de bétail, aviculture, apiculture, aquaculture, pêche, etc.), production végétale (grande culture, horticulture, sylviculture, etc.), commerce, transport, douane, contrôle économique, transformation agro-alimentaire, éducation pour la santé et la nutrition, programme de nutrition, système de consommation, solidarité nationale, programme de bourses familiales (salué par le DG de la FAO), etc.  Les agents du ministère de l’agriculture ont autre chose à faire que de s’embourber dans un débat sur l’atteinte d’objectif concernant la faim et la malnutrition. Car si on peut atteindre des objectifs fixés par la communauté internationale, quid des objectifs que nous nous sommes fixés librement? Dans le PRACAS du président Macky Sall, l’objectif phare (salué aussi par José Graziano da Silva) est l’autosuffisance en riz. Disposant des meilleurs experts en riz du monde, le Sénégal a choisi de réintroduire la notion d’autosuffisance en riz, contre vents et marées, dans son PRACAS alors que le débat dans le système de développement international porte sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (prônée par le système onusien) et la souveraineté alimentaire (prônée par la société civile). Mettons-nous au travail pour atteindre notre objectif d’autosuffisance en riz. Ainsi en 2017, le ministère pourra fêter, avec tambours et trompettes, sa performance.
Le type 3 du débat est plus ou moins profond. Doit –on féliciter un pays qui a atteint 1 ou 2 OMD sur 8 ? Doit-on passer de 8 à 17 objectifs ? Où trouver les moyens ? Nous n’en savons rien. Plus profondément, l’approche centrée sur les objectifs sectoriels ne doit –elle pas être fondamentalement remise en cause si après 15 ans d’OMD, les résultats sont, pour dire le moins, mitigés ? Ne devrait-on pas procéder à une rupture d’approche ?  Depuis longtemps déjà, le système de développement international nous propose, pour ne pas dire impose, parallèlement des modèles des institutions de Brettons-Woods (Programmes d’ajustement structurel, Stratégies de réduction de la pauvreté, Stratégies de croissance accélérée, Stratégies nationale de développement économique et Plans d’émergence) et du système onusien (développement économique et social, développement humain, développement durable, OMD et ODD). Tous ces modèles sont fondés sur le transfert des normes technologiques, économiques, sociales, politiques, cultuelles et durables dans les différents secteurs (primaire, secondaire et tertiaire). Une caractéristique commune à tous ces modèles est que leur efficacité reste à prouver. Ce « greffage » de normes ne prend pas en compte les valeurs transmises par le système de socialisation dominant dans nos sociétés. Ce système transmet à la grande majorité de nos populations une rationalité différente de celle qui a permis la production des normes à greffer. Ces « greffes», s’ils ne sont pas rejetés, ne prennent pas. Ainsi, ces modèles permettent plutôt au système occidental d’assurer son ascendance sur nous et nous empêchent, dès lors, de construire des modèles alternatifs. Dans cette perspective, la médaille de la FAO nous rappelle le roman du camerounais Ferdinand OYONO : « le vieux nègre et la médaille ». Le colonisateur offrait des médailles aux meilleurs collaborateurs pour mieux assurer son ascendance et développer le complexe d’infériorité chez le colonisé.
En conclusion, nous sommes d’accord que tout acteur qui atteint ses objectifs, doit être primé. Mais nous gagnerons mieux en saisissant le sens des médailles qui nous sont offertes à travers des débats bien posés. Certaines orientations du débat développent notre mentalité d’éternel assisté et nous maintiennent dans l’impérialisme du système dominant alors que d’autres devraient nous permettre de couper les cordes de leur médaille impérialiste.
Amadou NDIAYE
UFR S2ATA –
UGB Saint louis
 
 
Mercredi 7 Octobre 2015
Dakar actu




1.Posté par mademba le 07/10/2015 10:57
DE TOUTE FACON SANS VERSER DANS CES ACCRABATIES INTELLECTUELLES POSONS CES QUESTIONS PRECISES AUX AGRICULTEURS SENEGALAIS ET ELEVEURS. AU SENEGAL N EST CE PAS QUE C EST LA CULTURE ARACHIDIERE QUI A LE MONOPOLE ? EST CE QU IL Y A DE BONNES SEMANCES ? LES SOLS NE SONT ILS PAS APPAUVRIS SANS SUFFISAMMT D ANGRAIS ? LA PRODUCTION CES ANNEES NE CONNAISSE T ELLE PAS UNE MEVENTE ?ON IMPORTE COMBIEN DE MILLIERS DE TONNE DE VIVRES ?POUR L ELEVAGE LE CHEPTEL N EST IL PAS DECIME CETTE ANNEE A CAUSE DU RETARD DES PLUIES?ALORS MESSIEURS DE LA FAO NE VOUS CONTENTEZ PAS DES CHIFFRES QU ON VOUS BALLANCE

2.Posté par Le Citoyen sénégalais le 07/10/2015 22:03
Comme son acolyte, Moubarack Lo, le sieur Amadou Ndiaye mérite lui aussi une fessée pour la fermer à jamais. Au momeent où tous les honnêtes citoyens se félicitent de cette dinstinction décernée au Sénégal, ces 2 forcenés font tout leur possible pour dénaturer le sens de cette médaille. Amadou Ndiaye ferait mieux de se concentrer sur ses étudiants

3.Posté par Mamoucheka le 07/10/2015 22:25
Amadou Ndiaye a-til perdu le nord? Depuis qu'il a sorti son livre qui n'est qu'une revue bibliographique, il se prend pour un savant. Dans ses petites publications, on n'y trouve aucune idée nouvelle pour le développement du pays. Amadou est un frustré qui a beau chercher à avoir une promotion en vain. ON TE CONNAIT TRES BIEN, DEMAL YOKkI XAM XAM et arrête de t"en prendre à tes collègues universitaires qui sont tes supérieurs hiérarchiques.




4.Posté par ERIC VILLIGËR le 07/10/2015 22:36
Amadou Ndiaye, pourquoi tu ne mets jamais ton grade universtaire. Tu passes tout ton temps à critiquer tes supérieurs. Qu'est-ce qui t'échauffe tant et te met en état d'ivresse intellectuelle. Tes débats sont inutiles, inconstructifs et rétrogrades. De grace, laissez Macky travailler, il n'a vraiment pas votre temps. 2017 n'est plus loin pour le rendez-vous de l'autosuffisance en riz. Compter bou guiss ci 1 la commencer, avec l'autosuffisance en riz, il y aura d'autres objectifs à atteindre dans d'autres secteurs pour tendre vers la sécurité alimentaire..



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