L’Administration pénitentiaire exige le respect...


L’Administration pénitentiaire exige le respect...
L’Administration pénitentiaire est une direction du Ministère de la justice dont la mission est de gérer les établissements pénitentiaires. A ce titre, elle assure la surveillance des personnes placées sous-main de justice, dans le cadre de l’exécution des décisions judiciaires prononçant une mesure privative de liberté. Elle assure aussi leur préparation à la réinsertion sociale.
La noblesse de ces missions ne semble pas être comprise par les pouvoirs publics. En effet, ce corps a toujours subi une injustice.  Pour rappel, avant  les indépendances, la surveillance des prisons était assurée par la garde républicaine et ensuite par les éléments de la quatrième compagnie de la Sureté Nationale. En ce moment, les prisons étaient dirigées par des fonctionnaires détachés ou par des agents recrutés au niveau de la fonction publique.
Au lendemain de l’indépendance, en 1962, l’Administration pénitentiaire, logée au service de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée était rattachée au ministère de la justice. Un an plus tard, en 1963, elle sera rattachée au Ministère de l’intérieur sous l’appellation de Service pénitentiaire, service qui sera finalement érigé en direction en  1971. Ce n’est qu’en 1998 que cette administration est placée, encore une fois, au Ministère de la justice pour mieux répondre aux exigences d’une bonne politique pénale et pénitentiaire.
Pendant toute cette période, le corps des agents de l’Administration pénitentiaire n’existait pas.  Il a fallu attendre l’année 1972  pour voir la gestion des prisons être confiée à un corps de fonctionnaires chargés spécifiquement de répondre aux exigences de la mission pénitentiaire conformément aux engagements internationaux pris par le Sénégal. Depuis cette date jusqu’aujourd’hui, ses vaillants hommes et femmes ont toujours répondu, en bon militaires, fonctionnaires et républicains à l’appel de la république du Sénégal. Malgré les efforts fournis pour assurer la quiétude des populations, par la garde des délinquants, des fauteurs de troubles, des terroristes, des criminels et autres bannis de la société, l’Administration pénitentiaire n’a jamais reçu l’égard que lui doivent les pouvoirs publics. La situation des établissements pénitentiaire marquée par une promiscuité et un surpeuplement élevé , l’absence de recrutement, les difficiles conditions de vie et de travail du personnel, le refus de construire des prisons et une école de formation, l’inexistence de parc automobile pour assurer les transfèrements et les extractions , les lenteurs notées dans l’adoption de son nouveau statut du personnel, les arrestations et condamnations récurrente du personnel, le faible niveau de rémunération des éléments, sont autant de faits qui prouvent à suffisance le manque de respect des pouvoirs publics à ce valeureux corps dont le professionnalisme et l’expertise sont reconnus même sur le plan international à travers les missions onusiennes. Cette indifférence et ce manque de respect viennent, encore une fois, de s’illustrer avec la nomination d’un lieutenant-colonel à la tête de ce corps.
Nous ne refusons pas au Président de la république ses prérogatives constitutionnelles de nommer aux emplois civils et militaires. Nous ne nous dressons  pas non plus contre le  lieutenant-colonel Daouda DIOP actuel DAP, même s’il sait pertinemment qu’il n’a pas le profil de l’emploi. Mais nous réclamons en toute légitimité respect.
Depuis sa création, la direction de l’Administration pénitentiaire a toujours été confiée à d’autres compétences ; ce qui est d’ailleurs à l’origine de tous ses problèmes. La police et la gendarmerie ont été les premiers à la diriger.  Jusqu’en 2008, ils se sont succédé à sa tête sans rien lui apporté si ce n’est d’avoir semé les germes de la haine et de la jalousie entre les anciens cadres par un système de gestion clanique et dictatorial. Les quelques réalisations positives dont cette administration peut se targuer d’avoir sont obtenues avec le directeur sortant (Cheikh Tidiane DIALLO) même si sa gestion est loin d’être parfaite. Alors, vouloir nous ramener en arrière après son  passage, c’est vraiment manquer d’ambition pour ce corps. Le lieutenant-colonel Daouda DIOP n’est pas plus valeureux que les colonels de la gendarmerie et les commissaires de police qui se sont succédé à la tête de l’Administration pénitentiaire. Alors que l’on ne nous parle surtout pas de compétence et de rigueur. La compétence s’apprécie par rapport à un domaine bien déterminé et un bon gendarme n’est pas forcément un bon pénitentiaire. La gestion d’une administration pénitentiaire requiert des aptitudes autres que la rigueur militaire.
La nomination du lieutenant-colonel Daouda DIOP n’est pas la bienvenue et porte gravement atteinte à l’honneur et à la dignité des membres de l’Administration pénitentiaire. Non seulement elle sape le moral des éléments mais elle ne cadre pas avec les perspectives de la pénitentiaire.
Surtout que l’on ne nous parle de déficit de ressources humaines capables d’occuper ce poste. Des  pénitentiaires (inspecteur, contrôleur et agent administratif)  sont aujourd’hui recrutés par les nations unies en qualité d’expert au Congo, en Haïti, en Centre Afrique, au soudan du sud au moment où d’autres sont au CICR.  Alors ………………
 Anonyme
Dimanche 13 Décembre 2015
Dakaractu




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