L’ATTESTATION MANUSCRITE QUI CONFIRME LE SCANDALE : Wade-Idy, la preuve du deal

L’ancien Premier ministre Idrissa Seck a accusé Macky Sall et Abdoulaye Wade de «dealer» sur le dos des Sénégalais. Une procuration signée par le leader du parti Rewmi et obtenue par Libération nous amène à penser qu’il parlait de... lui-même.


L’ATTESTATION MANUSCRITE QUI CONFIRME LE SCANDALE : Wade-Idy, la preuve du deal
Idrissa seck a accusé son ancien mentor Abdoulaye Wade et l’actuel Président de la République Macky Sall de «dealer» sur le dos des Sénégalais. «On nous a parlé de libération de Karim Wade, d’appel téléphonique, d’émotions à l’occasion de condoléances... Et ce sont ces mêmes personnes-là qui, pendant des années, avec leur presse du Palais, ont dit à tout le monde qu’Idrissa Seck, c’était le deal. Non ! Je n’ai jamais trempé dans un deal. Jamais ! J’ai toujours défendu des principes et des vertus», explique le leader du parti Rewmi dans les colonnes de «L’Observateur». Prenons le président du conseil départemental de Thiès au mot : pourquoi alors, en pleine affaire des chantiers de Thiès, il avait signé une procuration très spéciale pour la notaire Me Nafissatou Diop ?
Libération a pu aujourd’hui mettre la main sur ce document qu’on évoque depuis des lustres sans que personne ne soit capable de prouver son existence. Et ce document est une preuve flagrante qui atteste de négociations (financières ?) entre Idrissa Seck, alors emprisonné injustement à Rebeuss, et Abdoulaye Wade. L’ancien Premier ministre a toujours soutenu n’avoir jamais été mêlé à cette «abomination».
Pourtant, c’est lui-même qui a pris son stylo pour faire une procuration manuscrite à son «mandataire» de l’époque, la notaire Me Nafissatou Diop.
Dans le document en date du 29 décembre 2005, l’ancien maire de Thiès écrit : «Je soussigné Mr Idrissa Seck donne pouvoir à mon notaire Me Nafissatou Diop de signer l’engagement en date du 29 décembre 2005 portant sur l’accord avec Me Ousmane Sèye, représentant le Président de la République du Sénégal.»
Cet «engagement» est connu des Sénégalais. Il s’agit du fameux protocole de Rebeuss qui a conduit à la sortie de prison d’Idrissa Seck et qui se résumait ainsi :
«1. Non-lieu total dans la procédure d’atteinte à la sûreté de l’Etat.
2. Liberté provisoire dans les chantiers de Thiès.
3. Nous voyagerons tous les trois (Idrissa Seck, Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye). 4. Vous nous remettrez un acompte dans un compte avec double signature (Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye).
5. Non-lieu total dans les chantiers de Thiès.
6. Discussion politique entre Wade et Idy.
7. Si accord, vous nous versez un complément, si désaccord, nous vous restituons l’acompte et vous financez votre campagne séparément.
8. Le Président nous promet une commission de 10 % (ndlr Me Ousmane Sèye et Me Nafissatou Diop), mais nous précise que vous payez la moitié.»


L’attestation déposée chez Me Papa Sambaré Diop et enregistrée par les Impôts

Idrissa Seck pourrait rétorquer que la procuration qu’il a faite est fausse. Seulement, celle-ci a suivi toute la procédure notariale. En effet, le même jour, Me Nafissatou Diop, pour sécuriser le document, a fait procédé à son dépôt, le lendemain de sa signature, au cabinet de Maître Papa Samba Diop. «L’an deux mille cinq ; le trente décembre. Par devant Maître Papa Sambaré Diop, notaire à la Résidence de Dakar 12 (Sénégal), rue Carnot, numéro 125 soussigné, a comparu Madame Nafissatou Diop, notaire demeurant à Dakar, Rue Victor Hugo numéro 30, laquelle a, par ces présentes, déposé au notaire soussigné et l’a requis de classer au rang de ses minutes à la date de ce jour pour en assurer la conservation et pour qu’il en soit délivré tous extraits et expéditions que de besoin sera, quand et à qui il appartiendra : une attestation en date à Dakar du 29 décembre 2005 lui donnant pouvoir l’effet de signer un engagement. Laquelle pièce contenue en une page au timbre de deux mille francs non encore enregistrée mais qui le sera avant ou en même temps que les présentes va demeurer ci-annexée après mention.»
L’attestation sera effectivement enregistrée au bureau du recouvrement de Grand-Dakar par le receveur Moussa Diaw Coulibaly, le 3 janvier 2006. Ce, sous le numéro 23, volume VIII, Folio 02, Case 32. Que va répondre l’ancien Premier ministre ? Il est presque sûr, face à ces nouvelles révélations de Libération, que ses soutiens vont nous servir le même refrain : dire que nos écrits relèvent des «techniques» du torchon «Il est midi» dont l’ancien Directeur de publication, le sinistre Ndiogou Wack Seck, a été bombardé président du Conseil d’administration de la RTS. Seulement, Libération livre des faits et non des élucubrations contrairement à la marque de fabrique de Ndiogou Wack Seck et de ses commanditaires de l’époque.
Jeudi 2 Juin 2016
Dakaractu





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