"Jammeh avait prêté serment en 2011, malgré un recours de Darboe" (Diplomate)


Le recours de Yahya Jammeh ne peut empêcher la prestation de serment du nouveau président Barrow, a soutenu l’ancien ambassadeur de la Gambie aux Etats-Unis, Cheikh Omar Faye, invoquant une jurisprudence de 2011, née d’un recours de l’opposant Ousseynou Darboe contre les résultats de la présidentielle gambienne de cette année-là.
 
"Jammeh a le droit de recourir à la Cour suprême comme l’avait fait en 2011 Ousseynou Darboe, mais cela n’avait pas empêché la tenue de la cérémonie de prestation de serment’’, a dit M. Faye dans des propos relayés par ’’Leeral’’, une radio privée lougatoise.
 
Jammeh, "aujourd’hui dans la même situation’’ que l’opposant Darboe cette année-là, "doit observer la même attitude en laissant le nouveau président prêter serment", a dit M. Seck dans un entretien téléphonique depuis les Etats-Unis.
 
Cheikh Oumar Faye dit espérer que "le président Jammeh aura un sursaut de lucidité pour voir ce que tout le monde voit et céder le pouvoir".
 
 
Il a émis le souhait de voir le président Jammeh adopter "une attitude sage" afin de "ne pas plonger son pays et la sous-région dans un conflit", convoquant son expérience d’ancien militaire. 
 
"Il est le seul à détenir les clés du dénouement de cette affaire", a ajouté l’ancien ambassadeur de la Gambie aux Etats-Unis, qui dit ne pas être en mesure de continuer à le soutenir dans cette situation. 
 
"J’ai longtemps travaillé avec lui mais j’ai jugé le moment inopportun de continuer avec lui contre l’intérêt du peuple’’, a déclaré le diplomate.
 
"Le peuple s’est rebiffé et a exprimé sa volonté de changement", estime M. Seck, signalant son long compagnonnage avec le président Jammeh qui en a fat son ambassadeur en Mauritanie et aux Etats-Unis.
 
Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, conteste les résultats de la présidentielle gambienne du 1-er décembre dernier, au lendemain de laquelle il avait pourtant reconnu sa défaite et félicité son adversaire Adama Barrow, le candidat de l’opposition, pour sa victoire, plongeant son pays dans une grave crise postélectorale. 
 
Jammeh qui a déposé un recours, exige la tenue d’une nouvelle élection. Or, le président de la Cour suprême gambienne, s’est récusé lundi de l’examen du recours porté devant cette juridiction par le président sortant contre l’investiture de son successeur, prévue jeudi.
 
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tente en vain depuis quelques semaines de convaincre le président Jammeh de céder le pouvoir à l’opposant Adama Barrow, que le Sénégal accueille depuis samedi à la demande de l’organisation sous-régionale.
 
 
Mercredi 18 Janvier 2017
Dakaractu




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