Internet : la liberté en danger ?

VIDÉO. Plus de sécurité rime-t-il avec davantage de surveillance ? L'émission #Tech24 fait le point sur les alternatives au contrôle a priori.


"Sphère cyberdjihadiste francophone". Le Premier ministre Manuel Valls n'a pas mâché ses mots lorsqu'il a désigné sa nouvelle cible, après les attentats de Charlie Hebdo, faisant redouter une surveillance encore plus accrue d'Internet. C'était d'ailleurs un des thèmes débattus lors du 7e Forum international de la cybersécurité,  qui a eu lieu les 20 et 21 janvier à Lille

Le réseau, tel que nous le connaissons, est-il en danger ? Beaucoup s'en inquiètent, à commencer par la dernière promotion de l'Ena, qui a décidé de se baptiser George Orwell, l'auteur de "1984", pour dénoncer la surveillance généralisée qui nous menace. 

Même préoccupation du côté des associations professionnelles liées à Internet comme l'Association des services Internet communautaires (Asic), le syndicat Syntec Numérique, ou encore la Quadrature du Net, qui vient de publier un communiqué alarmiste. Ces dernières expliquent en effet ne pas vouloir de Patriot Act  à la française, car 14 ans après son adoption aux États-Unis, cette loi donne accès à des données très personnelles comme les relevés bancaires ou le dossier médical, comme on peut le voir dans#Tech24, l'émission high-tech de France 24  dont Le Point.fr est partenaire.

Vie privée

Cette méfiance vis-à-vis d'Internet est mondiale. En Grande-Bretagne, David Cameron a ouvertement évoqué une interdiction des services de messagerie cryptée Whatsapp, ou encore Snapchat. "Dans notre pays, allons-nous autoriser des moyens de communication que même dans les cas extrêmes, avec un mandat signé personnellement par le ministre de l'Intérieur, nous ne puissions pas lire ?", s'est ainsi interrogé le Premier ministre David Cameron, avant d'ajouter : "Ma réponse à cette question est non, nous ne le devons pas", avant de promettre de mettre en oeuvre cette interdiction s'il remporte les prochaines législatives. Au Vietnam, les autorités réfléchissent elles aussi à observer, et surtoutinfluencer les réseaux sociaux, à défaut d'avoir réussi à les bloquer.

Résultat, on se demande si la surveillance généralisée est réellement la solution. Les Anonymous, comme l'explique Frédéric Bardeau, auteur avec Nicolas Danet de "Anonymous : pirates informatiques ou altermondialistes numériques. Peuvent-ils changer le monde ?" (Editions Fyp) ont choisi, eux, une manière plus offensive pour contrer les cyberdjihadistes. 

Quant à Olivier Mathiot, coprésident de France Digitale, il propose d'utiliser des technologies qui s'adaptent aux circonstances. "Il ne faut plus que seuls les terroristes bénéficient de la vitesse qu'offre internet. Il faut donc donner aux autorités des outils de réactivité sans pour autant porter atteinte à la démocratie. C'est très subtil et c'est pour cela qu'il ne faut pas légiférer sous le coup de l'émotion. Il ne faut pas donner à l'administration le pouvoir d'accéder à tout, tout le temps, mais il faut lui donner les moyens d'être réactive, d'aller très vite". Une "real time police " qui permettrait, estime-t-il, d'éviter la surveillance généralisée. Comme le montre #Tech24, un nouveau Web est donc en train de naître. Après tout, Facebook ne vient-il pas de lancer une version accessible sur Tor, pour permettre un surf respectueux de la vie privée ?

Jeudi 22 Janvier 2015
Dakaractu




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