Internet Archive veut copier sa collection au Canada par peur de Donald Trump


La fondation, qui archive minutieusement le Web depuis vingt ans, veut protéger sa collection s’inquiète des conséquences de l’élection de Donald Trump sur son avenir.


« Le 9 novembre, aux Etats-Unis, nous nous sommes réveillés avec une nouvelle administration promettant un changement radical. C’était un sérieux rappel que des institutions comme les nôtres, bâties pour durer, doivent être conçues pour faire face au changement. » Brewster Kahle est le fondateur d’Internet Archive, une fondation établie en Californie, qui, comme son nom l’indique, archive minutieusement le Web depuis vingt ans.
Mardi 29 novembre, il a fait part sur le blog de la fondation de ses craintes concernant l’arrivée prochaine de Donald Trump au pouvoir, et a expliqué qu’il souhaitait, par sécurité, copier ses archives au Canada.
« L’histoire des bibliothèques est une histoire de pertes. La bibliothèque d’Alexandrie est restée célèbre pour sa disparition. Des bibliothèques comme la nôtre sont susceptibles d’être mises en danger par différents facteurs », parmi lesquels les changements politiques, explique-t-il.

« Des gens ont été arrêtés à cause de leurs lectures »

Ce qui semble particulièrement inquiéter Brewster Kahle, ce sont les pratiques de surveillance des Etats-Unis : « La surveillance de l’Etat ne va pas disparaître, il semblerait plutôt qu’elle s’apprête à s’accroître. A travers l’histoire, les bibliothèques ont dû lutter contre de terribles violations de la vie privée – des gens ont été arrêtés simplement à cause de leurs lectures. A Internet Archive, nous nous battons pour protéger le droit à la vie privée de nos lecteurs dans le monde numérique. »
Ce plaidoyer est un appel aux dons pour permettre de financer la copie de sa collection au Canada. Par le passé, une partie des données d’Internet Archive a déjà été copiée pour être stockée... à la bibliothèque d’Alexandrie. Mais si Internet Archive se sent menacé par la future administration Trump, il l’est d’ores et déjà pour d’autres raisons. Installés à San Francisco, ses serveurs ne sont par exemple pas à l’abri d’un tremblement de terre, qui pourrait être dévastateur pour ses archives, évaluées à 460 milliards de fichiers, soit plus de 25 petabytes de données.

Le Monde
Mercredi 30 Novembre 2016
Dakaractu



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