Inondations en Sierra Leone : Freetown compte ses morts et soigne les rescapés

A Freetown, six jours après les inondations qui ont fait plus 400 morts et quelque 600 personnes toujours portées disparues, les autorités et le personnel humanitaire doivent venir en aide aux milliers de personnes sinistrées. Plusieurs centres d'accueil ont été mis en place, souvent à la va-vite. Reportage dans l'un d'entre eux à Regent, le faubourg de la capitale de Sierra Leone où, dans la nuit de dimanche à lundi, un glissement de terrain a surpris les habitants dans leur sommeil.


L'imposant Mont Sugar Loaf surplombe Regent, faubourg de Freetown. Désormais, sur l'un de ses flancs, sa végétation verdoyante est soudainement interrompue par une large entaille laissant apparaître la terre rouge. C'est ce pan de colline qui s'est effondré dans la nuit de dimanche à lundi. En contrebas, guère plus de traces des dizaines d'habitations détruites.

La boue et les pierres effondrées, que des bulldozers tentent de déblayer, ont tout emporté sur leur passage. Depuis, masque sur la bouche, des habitants se sont portés volontaires pour aider à retrouver les corps des personnes portées disparues - car sur la zone, personne n'espère encore trouver des survivants.

Joseph, jeune homme de 19 ans, a perdu sa mère dans la catastrophe. « Lors du glissement de terrain, dit-il, le regard triste et l'air épuisé, je n'étais pas à la maison, mais chez un ami. Ici, je vivais avec ma mère, donc je cherche son corps. Nous avons vu plein de corps, même de femmes enceintes. Beaucoup de gens sont morts. »

« Le problème, cet endroit n'est pas assez grand pour nous tous »

L'armée dirige des recherches et le temps presse, nous explique le capitaine Yayah Brima, en charge des relations médias au sein des forces armées de Sierra Leone : « Si les corps ne sont pas enlevés, insiste-t-il, ils peuvent représenter un danger sanitaire. La prochaine chose qui doit être faite ici, c'est la désinfection de la zone afin d'éviter les maladies. »

Un travail rendu difficile par la pluie qui tombe régulièrement.

Devant une école élémentaire, des sinistrés du glissement de terrain font la queue pour une distribution de nourriture. A l'extérieur du bâtiment, des latrines, des points d'eau et du gel désinfectant ont été installés afin d'éviter la propagation de maladies telles quel que le choléra, endémique en Sierra Leone.

Ils sont plus de 500 à avoir trouvé refuge dans ce petit bâtiment au toit de tôle. Parmi eux, Musa, 25 ans, enceinte de sept mois. « Ici, nous avons à manger et des médicaments. Mais le problème, c'est que cet endroit n'est pas assez grand pour nous tous. Et lorsqu'il pleut, l'eau passe à travers la toiture », relate-t-elle, les traits tirés.

« Ils ont besoin de couvertures, de matelas, des choses de base »

Afin de venir en aide aux habitants, ONG et organisations caritatives procèdent à des distributions de biens de première nécessité. Et ce, d'une manière pas toujours très organisée, provoquant parfois des mouvements de foule, comme en a fait l'expérience David, un bénévole d'une organisation caritative locale.

« Nous sommes venus pour distribuer des vêtements et des ustensiles de cuisine, mais à notre arrivée, les gens se sont précipités. Et donc, la police nous a dit que nous aurions dû passer par les organisations présentes sur place au lieu de juste distribuer nos dons comme ça », confie-t-il.

C'est que les rescapés sont totalement démunis, comme l'explique Patricia Foday-Kalome, agent de la Croix-Rouge : « Ils ont besoin de couvertures, de matelas, des choses de base car certains ont tout perdu. Certains n'ont même rien à se mettre sur le dos. »

Pour tenter de décongestionner l'école, un nouveau bâtiment a été réquisitionné dans la zone par les autorités.
Dimanche 20 Août 2017
Dakaractu



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