Implication dans le putsch avorté au Burkina : Comment Soro a été cerné

En dehors des éléments sonores interceptés à partir du téléphone de Djibril Bassolé, les autorités burkinabé possèdent des preuves solides attestant l’implication de Guillaume Soro dans le coup d’Etat avorté qui a failli plonger ce pays dans le chaos.


Implication dans le putsch avorté au Burkina : Comment Soro a été cerné
C’est qu’on regarde, moi d’ici 48 heures, j’aurai des fonds. Je vais t’envoyer quelque chose pour que toi aussi tu rentres dans la phase. Même si c’est 5-5, 10-10, même 3-3 qui se connecte c’est bon. Maintenant, on travaille comme ça». Lorsqu’un service étranger établi au Burkina intercepte ces confidences faites par Guillaume Soro à Djibril Bassolé, en pleine tentative de coup d’Etat, il sait qu’il est tombé sur un gros morceau. La suite des écoutes téléphoniques opérées sur le téléphone de l’ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina renforcera plus tard ces soupçons.
Au total, quatre communications accablantes entre Guillaume Soro et Djibril Bassolé seront interceptées. Si les trois sont publics, le quatrième, «une vraie bombe» selon des sources autorisées, n’est connu que d’un cercle restreint à Ouaga.
Cette communication de près de dix minutes entre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne et Bassolé a été interceptée alors que les forces loyalistes encerclaient les derniers dissidents du Régiment de la sécurité présidentielle (Rsp). Lorsque les «traces» de cet échange téléphonique lui ont été présentées lors de sa garde à vue, Bassolé savait sans doute que sa liaison dangereuse avec Guillaume Soro n’était plus un secret.
D’ailleurs c’est fort de cet élément que le procureur militaire avait ordonné la perquisition «du domicile» burkinabé de Guillaume Soro sis à Ouaga 2000. En vérité, cette maison n’appartient pas à Guillaume Soro. L’Etat burkinabé lui avait «prêté» cette résidence lors de son exil de deux ans à Ouaga, quand le chef rebelle vivait sous l’aile protectrice de Blaise Compaoré et de Bassolé.
Depuis, Soro a fait sien ce domicile. Il se trouve que lors de cette perquisition, des gilets pare-balles ont été retrouvés au sein de la résidence laissant croire que certains membres du Régiment de sécurité présidentielle (Rsp) se sont «préparé» sur place. Ces éléments, ainsi que les écoutes téléphoniques opérées à partir du téléphone de Bassolé accablent dangereusement l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne qui est cerné de tous les bords.
En effet hier, des policiers français se sont présentés à son domicile parisien pour le cueillir sur ordre de la doyenne des juges du tribunal de grande instance de Paris, Sabine Kheris. Ce, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour enlèvement et séquestration à la suite de la plainte avec constitution de partie civile déposée par Michel Gbagbo, le fils de Laurent Gbago.
Convoqué à trois reprises, Guillaume Soro n’avait pas déféré.
Mardi 8 Décembre 2015
Dakaractu




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