"Ils tiraient sur les gens à bout portant": les témoignages glaçants des rescapés des attentats de Ouagadougou

Au moins 20 personnes ont trouvé la mort lors des attaques menées vendredi soir, le 15 janvier, par des jihadistes à Ouagadougou. Ces attentats ont été revendiqués par le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), qui l'a attribuée au groupe Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar, rallié à Aqmi.


Les attaques ont visé un restaurant (le Capuccino) et un hôtel (le Splendid) de la capitale du Burkina Faso, prisées de la clientèle expatriée et notamment occidentale, déclenchant des assauts des forces de sécurité qui se sont terminés avec la libération de 126 personnes dont 33 blessées et la mort de 3 jihadistes, a-t-on appris samedi matin. Un assaut était encore en cours sur un autre hôtel.

"Du sang partout", "un vrai carnage"

Les médias sur place ont déjà pu recueillir les témoignages parfois glaçants de plusieurs rescapés de ces attaques meurtrières. "C’est horrible, les gens étaient couchés et il y avait du sang partout. Ils tiraient sur les gens à bout portant", a expliqué à l'AFP Yannick Sawadogo, qui a pu s'échapper du Splendid. "On les entendait parler et ils marchaient autour des gens et tiraient encore sur des personnes qui n’étaient pas mortes. Et quand ils sont sortis, ils ont mis le feu", a-t-il ajouté.

"En bas ce n’est pas joli du tout, un vrai carnage, surtout des Blancs. Selon les employés qui sont venus se réfugier dans mon bureau, il y aurait une vingtaine de cadavres dans la salle", raconte aussi sur Facebook un homme  qui explique avoir été "enfermé au dessus du Capuccino". "Nous avons observé par les fenêtres, des peaux claires enturbannés qui allaient et venaient tranquillement entre le Capuccino et l'hôtel Splendid en tirant sur tout ce qui bouge", écrit-il.

 
 

"J'ai été terrifié par l'ampleur et la violence des tirs", raconte Harouna Kaboré,présenté comme un "activiste de la société civile et président du Think tank Burkina International". "Des rafales de tirs ont eu lieu avec clairement l'objectif de faire le maximum de victimes. Ce fut la peur de ma vie", explique l'homme qui se trouvait sur l'avenue Kwamé Nkruhma visée par les attaques.

Dans une vidéo de Burkina 24, une autre rescapée qui se trouvait au Capuccino rapporte: "dès que tu soulevais la tête on te tirait automatiquement dessus". "Ils ont commencé à tirer, après ils ont mis le feu. Tout a pris feu, raconte-t-elle très choquée. Et c'est sous les flammes qu'on a réussi à casser quelques vitres pour se sauver sous les voitures qui étaient également en feu".

Samedi 16 Janvier 2016
Dakaractu




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