Quand il était petit, Saroo vivait en Inde, dans un petit village retiré dont il ne connaissait pas le nom. Il ne savait pas lire, ni compter mais il avait une bonne mémoire. Un jour, alors qu'il était âgé de cinq ans, il a accompagné son frère de quatre ans son aîné, Guddu, à la gare, pour ramasser les pièces perdues par les voyageurs. Fatigué, Saroo s'est endormi sur un banc. Quand il a ouvert les yeux, son frère avait disparu. S'imaginant que Guddu devait le chercher à l'intérieur du train, il y a embarqué. Le train a démarré et Saroo n'a jamais retrouvé Guddu.
Adopté par une famille australienne
Saroo est arrivé à la gare de Calcutta, dans le bruit, la chaleur, la foule. Il a trouvé quelques bonnes âmes pour lui offrir un peu de nourriture et de quoi dormir. C'est la Société indienne de parrainage et d'adoption qui l'a sorti d'affaire. Ses responsables estimaient qu'il ferait un bon candidat pour l'adoption. Une famille australienne a jeté son dévolu sur lui et Saroo a été emmené à Hobart, en Tasmanie. Ses nouveaux parents, John et Sur Brierley, étaient des gens fiables et affectueux. Ils lui ont appris à nager, à parler anglais. Saroo est devenu un adolescent populaire, athlétique, courtisé.
Malgré les années, Saroo n'a jamais oublié ses racines et a toujours espéré retrouver sa famille d'origine. La naissance de Google Earth lui a permis de s'offrir un peu d'espoir. En quelques clics, Saroo "volait au-dessus de l'Inde comme Superman", se souvient-il dans le Vanity Faire. Sa recherche a débuté en 2009. "J'essayais de faire un zoom sur toutes les villes que j'avais vues." Evidemment, retrouver son village natal lui a pris des heures, des jours, des mois de recherches intenses. Il ne se souvenait plus d'aucun mot d'hindi, tous les noms des villages se ressemblaient phonétiquement.
Il s'est mis à suivre virtuellement la voie ferrée de Calcutta. Trois ans plus tard, après un moment de renoncement, Saroo s'est souvenu avoir voyagé environ 12 heures. Il était parti de la gare en début de soirée et avait mis le pied à Calcutta le lendemain matin. S'il savait à quelle vitesse le train allait, il pourrait multiplier cette vitesse par le temps et déterminer ainsi la distance approximative qu'il avait parcouru. Ce qui réduirait drastiquement son champ de recherche.
Un soir, enfin, la récompense...
Avec l'aide d'amis indiens rencontrés à l'Université, Saroo a obtenu la réponse qu'il cherchait. Son village se trouvait à environ 960 kilomètres de Calcutta. Il a éliminé ensuite les régions où on ne parle pas hindi et celles où le froid domine. Un soir, il a trouvé, enfin, une image familière. Puis un nom a attiré son regard: le village s'appelait Burhnapur. "J'ai eu un choc. C'était le nom de la gare où j'ai été séparé de mon frère." Il s'est souvenu du chemin qu'il parcourait à l'époque. Il est passé près d'une fontaine, près de la clôture où il s'était blessé à la jambe 25 ans auparavant et enfin, il a vu les contours de l'endroit où il vivait, petit.
Le 10 février 2012, encouragé par ses parents adoptifs, Saroo a pris l'avion et s'est rendu à la gare de Khandwa. De là, il a parcouru le reste du chemin à pied. Comme dans ses rêves les plus fous, il a retrouvé sa mère, petite femme en robe jaune vif et aux cheveux gris. Saroo a pu serrer sa soeur dans ses bras, son frère, Kullu. Il a rencontré ses nièces et neveux, son beau-frère, sa belle-soeur.
Malgré le fossé de la langue, la mère de Saroo l'a reconnu tout de suite, grâce une cicatrice qu'il avait sur le front. "C'est moi qui ai soigné cette blessure", a-t-elle dit. Saroo a appris que son frère aîné, qu'il avait perdu à la gare, était mort un mois après sa disparition. Son corps a été retrouvé sur la voie ferrée. Parce qu'il le cherchait? On ne le saura jamais.
Aujourd'hui, Saroo vit toujours en Australie mais garde dans son coeur le souvenir de ces onze jours de vacances passées avec sa mère biologique. Ils restent bien sûr en contact.
Adopté par une famille australienne
Saroo est arrivé à la gare de Calcutta, dans le bruit, la chaleur, la foule. Il a trouvé quelques bonnes âmes pour lui offrir un peu de nourriture et de quoi dormir. C'est la Société indienne de parrainage et d'adoption qui l'a sorti d'affaire. Ses responsables estimaient qu'il ferait un bon candidat pour l'adoption. Une famille australienne a jeté son dévolu sur lui et Saroo a été emmené à Hobart, en Tasmanie. Ses nouveaux parents, John et Sur Brierley, étaient des gens fiables et affectueux. Ils lui ont appris à nager, à parler anglais. Saroo est devenu un adolescent populaire, athlétique, courtisé.
Malgré les années, Saroo n'a jamais oublié ses racines et a toujours espéré retrouver sa famille d'origine. La naissance de Google Earth lui a permis de s'offrir un peu d'espoir. En quelques clics, Saroo "volait au-dessus de l'Inde comme Superman", se souvient-il dans le Vanity Faire. Sa recherche a débuté en 2009. "J'essayais de faire un zoom sur toutes les villes que j'avais vues." Evidemment, retrouver son village natal lui a pris des heures, des jours, des mois de recherches intenses. Il ne se souvenait plus d'aucun mot d'hindi, tous les noms des villages se ressemblaient phonétiquement.
Il s'est mis à suivre virtuellement la voie ferrée de Calcutta. Trois ans plus tard, après un moment de renoncement, Saroo s'est souvenu avoir voyagé environ 12 heures. Il était parti de la gare en début de soirée et avait mis le pied à Calcutta le lendemain matin. S'il savait à quelle vitesse le train allait, il pourrait multiplier cette vitesse par le temps et déterminer ainsi la distance approximative qu'il avait parcouru. Ce qui réduirait drastiquement son champ de recherche.
Un soir, enfin, la récompense...
Avec l'aide d'amis indiens rencontrés à l'Université, Saroo a obtenu la réponse qu'il cherchait. Son village se trouvait à environ 960 kilomètres de Calcutta. Il a éliminé ensuite les régions où on ne parle pas hindi et celles où le froid domine. Un soir, il a trouvé, enfin, une image familière. Puis un nom a attiré son regard: le village s'appelait Burhnapur. "J'ai eu un choc. C'était le nom de la gare où j'ai été séparé de mon frère." Il s'est souvenu du chemin qu'il parcourait à l'époque. Il est passé près d'une fontaine, près de la clôture où il s'était blessé à la jambe 25 ans auparavant et enfin, il a vu les contours de l'endroit où il vivait, petit.
Le 10 février 2012, encouragé par ses parents adoptifs, Saroo a pris l'avion et s'est rendu à la gare de Khandwa. De là, il a parcouru le reste du chemin à pied. Comme dans ses rêves les plus fous, il a retrouvé sa mère, petite femme en robe jaune vif et aux cheveux gris. Saroo a pu serrer sa soeur dans ses bras, son frère, Kullu. Il a rencontré ses nièces et neveux, son beau-frère, sa belle-soeur.
Malgré le fossé de la langue, la mère de Saroo l'a reconnu tout de suite, grâce une cicatrice qu'il avait sur le front. "C'est moi qui ai soigné cette blessure", a-t-elle dit. Saroo a appris que son frère aîné, qu'il avait perdu à la gare, était mort un mois après sa disparition. Son corps a été retrouvé sur la voie ferrée. Parce qu'il le cherchait? On ne le saura jamais.
Aujourd'hui, Saroo vit toujours en Australie mais garde dans son coeur le souvenir de ces onze jours de vacances passées avec sa mère biologique. Ils restent bien sûr en contact.
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