Il demeurera, Nelson Mandela


Il demeurera, Nelson Mandela
Nous étions de jeunes lycéens dans les années 80 et portions déjà dans nos cœurs toute la détresse de nos frères Sud Africains. Les mouvements associatifs de l’époque avaient conscientisé toute une génération de cette lutte pour la dignité de l’homme noir que portait en bandoulière l’African National Congress (ANC). Ils se nommaient Olivier Tambo, Walter Sisulu , Steve Biko……et Nelson Mandela, l’homme à la raie, le leader charismatique.
Il était déjà en prison avec d’autres camarades pour simplement avoir réclamé le respect de la dignité de ses compatriotes, dignité devant se traduire par le plein exercice de leurs droits civiques.
Des livrets décrivant l’apartheid nous permettaient d’entrer dans l’intimité de ce peuple, de vivre les atrocités érigées en règle par le régime raciste de l’apartheid symbolisé à l’époque par un homme : Pieter Willem Botha.
Nelson Mandela, sa bataille inlassable, son engagement et la constance de son discours depuis les premières heures de la lutte jusqu’aux négociations avec le régime sud africain ont forgé le respect et l’admiration de ses adversaires. Une des leçons qu’il nous aura enseigné est celle de garder intact la foi en nos idéaux, et surtout, savoir que lorsqu’on combat pour une cause noble, le soleil se lèvera toujours quelque part pour glorifier notre combat. , et ceci, quelles que soient les privations et les contraintes subies.
Ce fut le cas en ce jour du 27 Avril 1994 marquant l’aboutissement d’un processus, le terme d’ « un long chemin vers la liberté »
« Au pessimisme de l’intelligence, il a toujours opposé l’optimisme de la volonté », a écrit à juste raison Ousmane Tanor Dieng, 1er Secrétaire du Parti Socialiste.
C’est cet optimisme qui lui a fait espérer dès son accession à la présidence de république de son pays que « le soleil ne se couchera jamais sur une réussite humaine si glorieuse. »
Nous souhaiterions qu’on se souvienne de ces propos et que les Sud Africains demeurent comme des enfants du Paradis vivant cette humanité qui réunit les Blancs et les Noirs.
Dans quelques jours il sera inhumé et, du fond de sa tombe, il continuera de vivre en nous. En épitaphe, on pourra y inscrire ces mots du poète Hugo :
« Le nom grandit quand l'homme tombe;
Jamais rien de tel n'avait lui.
Calme, il écoute (ait) dans sa tombe
La terre qui parle (ait) de lui. »

Ameth GUISSE
Auteur des romans « Femmes dévouées, femmes aimantes » et « Une mort magnifique » - L’Harmattan Sénégal


Mardi 10 Décembre 2013
Dakaractu




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