Je doute de la bonne foi d’Idrissa Seck
L’Office : Comment vivez-vous votre statut de nouveau député ?
Seydina Fall : Permettez-moi d’abord de rappeler que l’Assemblée nationale n’est pas un cadre nouveau pour moi. J’ai été une fois chargé de mission dans cette institution, en 2007, sous le magistère de Macky Sall. Je suis tombé sous le charme du travail effectué par les hommes et les femmes qui constituaient cette Assemblée de rupture. Aujourd’hui, en ma qualité d’élu du peuple, je suis heureux de constater que le début est prometteur eu égard à ce que l’on avait l’habitude de voir lors de la dernière législature. L’institution a renoué avec la rupture positive qui avait été fortement écornée pour des raisons purement politiciennes en 2007. Mais, je ne suis pas un novice dans la scène politique. Allez à Guédiawaye et demandez après Bougazelli. Je me suis toujours investi aux côtés des populations et je continuerai à le faire. Je pense que nous avons au moins une double mission qui pourrait se résumer ainsi : poser et défendre les préoccupations des populations. Nous la remplirons à l’hémicycle par des propositions de loi tendant à améliorer les conditions de vies de nos concitoyens et le contrôle gouvernemental pour une efficacité de son action au bénéfice des populations. Un nouveau député, oui et heureusement, mais je ne suis pas un bleu en politique.
La rupture a été un mot-clé dans vos travaux. Comment devient-on un député de type nouveau ?
Il faut être et rester à la disposition des populations. Pour notre part, nous rendons grâce à Dieu ; nous sommes aussi accessible qu’avant, sinon plus. Nous faisons tout ce qui est de nos capacités pour répondre aux sollicitations des populations. Nous l’avons confirmé récemment à l’occasion de la Tabaski avec une modeste contribution dans l’élan de solidarité légendaire des Sénégalais en pareille circonstance. Par la grâce de Dieu, nous avons pu aider de nombreuses familles à acquérir un mouton. Pour ce faire, nous avons dépensé plus de deux millions de francs Cfa. Pour cela, nous recevons des remerciements et des félicitations au quotidien. Ne serait-ce que pour cette raison, nous ferons tout pour mieux les aider à surmonter certaines difficultés. Et, si une situation nous dépasse, nous allons voir le président de la République pour lui soumettre la question. À ce propos d’ailleurs, nous lui demandons d’éviter les rets qui ont perdu son prédécesseur. À un moment, Wade avait un tableau erroné du quotidien des Sénégalais. Sur ce plan, il n’a pas su tirer les enseignements de l’une des principales causes de la défaite de Diouf en 2000. Quand il l’a compris, il y a un peu plus d’un mois, c’était trop tard. Pour évier pareille situation, nous serons toujours en alerte. Il ne faut pas que Macky Sall soit accaparé. Mais, l’autre veine du député de rupture, c’est de jouer pleinement son rôle de vigie de la démocratie, de contrôle du Gouvernement.
Qui pourrait accaparer Macky Sall ?
Je parle de Benno Bokk Yaakaar dont l’Apr est membre. Nous sommes une grande coalition et le président ne peut pas tout contrôler. Ce qui est constant, c’est que tout le monde ne veut pas la réussite du président dans cette coalition. On y compte des adversaires. Il y en a parmi eux qui jouiront goulûment de ses erreurs. Certains sont déjà démasqués et le moment venu, le combat sera sans merci contre eux.
Qui sont-ils ?
Personnellement, j’ai de sérieuses réserves par rapport à la bonne foi d’Idrissa Seck. Je suis désolé, mais cet homme ne m’inspire pas confiance. Il est clair qu’il ne terminera pas le premier mandat avec nous et ses méthodes peuvent s’avérer singulièrement viles. Mais, pour le moment, la première erreur que Macky Sall devra éviter c’est de ne pas être informé que le carreau du sucre est vendu à dix francs. L’entourage du Président, les membres de l’Apr surtout, doivent être vigilants. Du moins ceux qui lui veulent une réussite dans sa mission. Il est très bien élu et n’a pas le droit de décevoir. Revenons-en à votre rôle de député. Vous n’avez pas de programme prédéfini, mais on imagine que vous calquerez votre mission sur le Yokkuté qui peine à décoller selon certains observateurs. Ils sont libres, ces observateurs, de fermer les yeux et décréter impunément la débâcle du projet de gouvernement de Macky Sall. L’essentiel, c’est que cet avis n’est pas partagé par la majorité des Sénégalais qui sent la baisse des denrées et bien d’autres mesures suivront dans les prochaines semaines, les prochains mois. Un député n’a certes, pas de programme, même si lors de la campagne pour les Législatives, les têtes de liste du Pds et de Bokk Gis-Gis étalaient des programmes à longueur de meeting, sur fonds de promesses. Il y en a même qui ont réussi la prouesse de promettre la résolution du problème des délestages. Pour un candidat à la députation, c’est vraiment comique. Maintenant, nous avons la chance de faire converger le maximum de suffrages vers le « Yonnu Yokkuté » qui est en train de faire des heureux au sein de la population, même si le meilleur reste à venir. C’est ce programme qui est le nôtre dans un cadre global et nous ferons le nécessaire en tant qu’élu du peuple pour que son application soit efficiente. C’est justement un manque d’efficience et d’efficacité qui aurait guidé au réaménagement du gouvernement.
Qu’en pensez-vous ?
Si le chef de l’État estime que l’équipe gouvernementale qu’il avait mise en place devait être redimensionnée dans le fond et un peu dans la forme, pour plus d’efficacité, il faut l’en féliciter. C’est une preuve que Macky Sall a le cœur et l’esprit chevillés à sa mission. C’est un homme très présent, très concentré et fortement impliqué dans la voix du développement à travers la mise à niveau de l’action gouvernementale. Et, dans cette perspective, le 29 octobre 2012 est déjà une date repère dans le magistère de Macky Sall. Vous êtes un élu d’une banlieue particulièrement touchée par les inondations.
Si vous étiez nommé Monsieur inondations, quelles seraient vos solutions ?
Il n’y a pas de monsieur ou madame inondations. Quiconque s’aventure à vouloir jouer ce rôle aura lui-même un sinistre sort. C’est un phénomène répétitif qu’il faut régler de façon structurelle. Je pense que le relogement des populations est l’une des premières formules garanties de succès. Nous ne pouvons pas être dans des zones d’eau et espérer des chances de ne pas être victimes des inondations. Cela dit, pour en revenir aux solutions globales, le chef de l’Etat doit être félicité de cette idée d’un Observatoire national pour les inondations, placé sous l’autorité du Premier ministre. Mais, celui-ci n’en sera que le coordonnateur car, encore une fois, la question des inondations requiert un effort collectif et inclusif. Tout le monde est concerné. À cet effet, il me semble primordial d’instituer, au sein même de l’Observatoire cité plus haut, une haute autorité de la prévention. Il s’agira de mettre en place une sorte de Plan « Pro » (Prévention organisée) qui sera l’amont du plan Orsec.
Vous aviez récemment plaidé pour le retour de la peine de mort, mais depuis l’exécution des deux Sénégalais en Gambien et la réaction de Macky Sall, on ne vous entend plus sur la question.
Avez-vous fait machine arrière ?
Je ne vois pas ce qui pourrait m’amener à reculer. Il nous faut cette loi au Sénégal. Car même si vous égorgez un mouton, vous le faites avec décence. Imaginez un paisible citoyen qui vit de peu de gains, tué bêtement et sa famille laissée à elle-même. Ceux qui militent pour la suppression de cette loi ne sont sans doute pas autant concernés par ces meurtres. Sinon, ils ne tiendraient pas leur discours actuel. Nul ne peut vous dire ce que ressentent les familles de ces personnes tués bêtement. Il nous la faut cette loi, ne serait-ce que pour dissuader les criminels. Ceux qui luttent contre la peine de mort vous opposeront l’argument de la prison à perpétuité… Soit ! Surtout pour éviter que des innocents soient victimes d’erreurs judiciaires. Mais, ce dont je parle, c’est de ces individus qui prennent jouissance du sang de leurs victimes et qui prennent 10 ou 20 ans de prison avant de renouer avec leurs activités assassines ; il faut les éliminer. Il y a des Etats qui le font même aux Etats-Unis. Les partisans de la suppression doivent également penser aux personnes tuées par ces agresseurs, leur vie n’est pas moins sacrée que celle des suppliciés.
Pourquoi veulent-ils que seuls ces assassins jouissent d’un droit à la dignité et à l’intégrité physique ?
Maintenant, pour ce qui s’est passé en Gambie, je suis foncièrement contre l’exécution sommaire de nos deux compatriotes. Ce que le président Jammeh a ordonné de faire est inexplicable. Il a foulé les règles élémentaires de bon voisinage entre Etats souverains. Et, je salue la réaction du président Macky Sall dans cette affaire. Pour ce coup-ci, Jammeh a compris le message.
Revenons-en à votre mission à l’Assemblée. Peut-on espérer vivre la plénitude de votre rôle de contrôle parlementaire du gouvernement ?
En tout cas, personnellement, je vais contrôler le gouvernement. Pour la présente session budgétaire, les ministres auront un état de grâce ; leurs budgets seront adoptés. Mais, que ceux qui ne travaillent pas se préparent à la guerre. Ils seront surveillés ; à commencer par mes meilleurs amis dans le gouvernement. Nous ferons tout pour les dénoncer auprès du président pour qu’il les démette.
Seydina Fall sera alors un député du président Macky Sall ?
Je ne suis pas un député de Macky Sall, je suis un élu du peuple. Je suis un militant de l’Apr qui œuvre pour le développement de ce parti certes, mais je ne travaille pas pour Macky Sall. Tout le monde peut se prévaloir de cette mission. Mais concrètement,
qu’avez-vous fait pour les populations depuis votre élection ?
C’est dommage que vous circonscriviez mon action à cette période. Je vous ai déjà parlé de mes actions lors de la fête de Tabaski. Mais, bien avant mon élection, j’ai toujours été aux côtés des populations. Nous avons été formatés par notre guide éclairé, Serigne Saliou Mbacké qui nous a inculqué des valeurs de solidarité, de générosité. C’est une façon pour nous de rendre grâce à Dieu. Donc il est tout à fait naturel que nous continuons ces actions après notre élection. Récemment, j’ai fait interner à l’hôpital de Mbao un malade qui avait des problèmes psychiques. Il a fait près de quarante jours là-bas et, Dieu merci, il a retrouvé ses esprits au grand bonheur de ses proches. Du concret, nous l’avons également fait avec une dame qui avait des difficultés au moment d’accoucher, nous avons fait ce que nous avons pu quand le problème nous a été exposé. Du concret, c’est également ces personnes que nous aidons à se faire soigner. Mais, le plus important ne se situe pas à ce niveau. Je l’aurais fait même si je n’étais pas élu député. Le plus important, c’est de faire en sorte que les populations puissent disposer elles-mêmes de leur propre sort. C’est faire en sorte que les jeunes et les femmes surtout ne passent pas leurs quotidiens à tendre la main ou à attendre Bougazelli. L’idée est de trouver des moyens adéquats pour leur émergence. Je veux que les jeunes de Guédiawaye qui ont toujours accompagné le président Macky Sall puissent concrétiser leur rêve de lendemains meilleurs. D’ailleurs je profite de l’occasion pour lancer un appel aux autorités judiciaires pour qu’elles libèrent les jeunes du M 23, victimes d’arrestations arbitraires lors des manifestations préélectorales. J’ose espérer que cette époque est révolue où les forces de l’ordre s’en donnaient à cœur joie en matraquant des manifestants. Il faudrait plutôt leur trouver du travail. Il est grand temps que s’épanouisse la jeunesse, surtout à Guédiawaye où les jeunes se sont investi corps et âme pour le sacre final de Macky Sall. Depuis 2009, nous avons fait de Guédiawaye un bastion imprenable, nous sommes partis de Golf-Sud qui est la plus grande commune d’arrondissement pour conquérir les quatre autres communes d’arrondissement. Nous les avons gagnées au 1er comme au second tour malgré la présence de nos adversaires du Pds qui avaient bénéficié de gros moyens de la part du président Wade. Woré Sarr, Fatou Younouss Aïdara, Bocar Sédikh Kane, Daouda Thiane, Ibrahima Diawara et nous les avons battus. Donc, nous demandons au président Macky Sall de ne pas oublier Guédiawaye.
Aviez-vous signé la pétition contre Moustapha Diakhaté, le président du groupe parlementaire de la majorité ?
Lui-même avait signé la pétition. Je l’avais signé et je l’assume. Tout comme j’assume mon amitié avec lui. Aujourd’hui, cette histoire appartient au passé. J’ai eu un long entretien avec lui. Je lui conseille maintenant d’être plus ouvert et d’impliquer davantage ses partenaires ; son courage fera le reste.
Mansour Ndiaye
L’Office : Comment vivez-vous votre statut de nouveau député ?
Seydina Fall : Permettez-moi d’abord de rappeler que l’Assemblée nationale n’est pas un cadre nouveau pour moi. J’ai été une fois chargé de mission dans cette institution, en 2007, sous le magistère de Macky Sall. Je suis tombé sous le charme du travail effectué par les hommes et les femmes qui constituaient cette Assemblée de rupture. Aujourd’hui, en ma qualité d’élu du peuple, je suis heureux de constater que le début est prometteur eu égard à ce que l’on avait l’habitude de voir lors de la dernière législature. L’institution a renoué avec la rupture positive qui avait été fortement écornée pour des raisons purement politiciennes en 2007. Mais, je ne suis pas un novice dans la scène politique. Allez à Guédiawaye et demandez après Bougazelli. Je me suis toujours investi aux côtés des populations et je continuerai à le faire. Je pense que nous avons au moins une double mission qui pourrait se résumer ainsi : poser et défendre les préoccupations des populations. Nous la remplirons à l’hémicycle par des propositions de loi tendant à améliorer les conditions de vies de nos concitoyens et le contrôle gouvernemental pour une efficacité de son action au bénéfice des populations. Un nouveau député, oui et heureusement, mais je ne suis pas un bleu en politique.
La rupture a été un mot-clé dans vos travaux. Comment devient-on un député de type nouveau ?
Il faut être et rester à la disposition des populations. Pour notre part, nous rendons grâce à Dieu ; nous sommes aussi accessible qu’avant, sinon plus. Nous faisons tout ce qui est de nos capacités pour répondre aux sollicitations des populations. Nous l’avons confirmé récemment à l’occasion de la Tabaski avec une modeste contribution dans l’élan de solidarité légendaire des Sénégalais en pareille circonstance. Par la grâce de Dieu, nous avons pu aider de nombreuses familles à acquérir un mouton. Pour ce faire, nous avons dépensé plus de deux millions de francs Cfa. Pour cela, nous recevons des remerciements et des félicitations au quotidien. Ne serait-ce que pour cette raison, nous ferons tout pour mieux les aider à surmonter certaines difficultés. Et, si une situation nous dépasse, nous allons voir le président de la République pour lui soumettre la question. À ce propos d’ailleurs, nous lui demandons d’éviter les rets qui ont perdu son prédécesseur. À un moment, Wade avait un tableau erroné du quotidien des Sénégalais. Sur ce plan, il n’a pas su tirer les enseignements de l’une des principales causes de la défaite de Diouf en 2000. Quand il l’a compris, il y a un peu plus d’un mois, c’était trop tard. Pour évier pareille situation, nous serons toujours en alerte. Il ne faut pas que Macky Sall soit accaparé. Mais, l’autre veine du député de rupture, c’est de jouer pleinement son rôle de vigie de la démocratie, de contrôle du Gouvernement.
Qui pourrait accaparer Macky Sall ?
Je parle de Benno Bokk Yaakaar dont l’Apr est membre. Nous sommes une grande coalition et le président ne peut pas tout contrôler. Ce qui est constant, c’est que tout le monde ne veut pas la réussite du président dans cette coalition. On y compte des adversaires. Il y en a parmi eux qui jouiront goulûment de ses erreurs. Certains sont déjà démasqués et le moment venu, le combat sera sans merci contre eux.
Qui sont-ils ?
Personnellement, j’ai de sérieuses réserves par rapport à la bonne foi d’Idrissa Seck. Je suis désolé, mais cet homme ne m’inspire pas confiance. Il est clair qu’il ne terminera pas le premier mandat avec nous et ses méthodes peuvent s’avérer singulièrement viles. Mais, pour le moment, la première erreur que Macky Sall devra éviter c’est de ne pas être informé que le carreau du sucre est vendu à dix francs. L’entourage du Président, les membres de l’Apr surtout, doivent être vigilants. Du moins ceux qui lui veulent une réussite dans sa mission. Il est très bien élu et n’a pas le droit de décevoir. Revenons-en à votre rôle de député. Vous n’avez pas de programme prédéfini, mais on imagine que vous calquerez votre mission sur le Yokkuté qui peine à décoller selon certains observateurs. Ils sont libres, ces observateurs, de fermer les yeux et décréter impunément la débâcle du projet de gouvernement de Macky Sall. L’essentiel, c’est que cet avis n’est pas partagé par la majorité des Sénégalais qui sent la baisse des denrées et bien d’autres mesures suivront dans les prochaines semaines, les prochains mois. Un député n’a certes, pas de programme, même si lors de la campagne pour les Législatives, les têtes de liste du Pds et de Bokk Gis-Gis étalaient des programmes à longueur de meeting, sur fonds de promesses. Il y en a même qui ont réussi la prouesse de promettre la résolution du problème des délestages. Pour un candidat à la députation, c’est vraiment comique. Maintenant, nous avons la chance de faire converger le maximum de suffrages vers le « Yonnu Yokkuté » qui est en train de faire des heureux au sein de la population, même si le meilleur reste à venir. C’est ce programme qui est le nôtre dans un cadre global et nous ferons le nécessaire en tant qu’élu du peuple pour que son application soit efficiente. C’est justement un manque d’efficience et d’efficacité qui aurait guidé au réaménagement du gouvernement.
Qu’en pensez-vous ?
Si le chef de l’État estime que l’équipe gouvernementale qu’il avait mise en place devait être redimensionnée dans le fond et un peu dans la forme, pour plus d’efficacité, il faut l’en féliciter. C’est une preuve que Macky Sall a le cœur et l’esprit chevillés à sa mission. C’est un homme très présent, très concentré et fortement impliqué dans la voix du développement à travers la mise à niveau de l’action gouvernementale. Et, dans cette perspective, le 29 octobre 2012 est déjà une date repère dans le magistère de Macky Sall. Vous êtes un élu d’une banlieue particulièrement touchée par les inondations.
Si vous étiez nommé Monsieur inondations, quelles seraient vos solutions ?
Il n’y a pas de monsieur ou madame inondations. Quiconque s’aventure à vouloir jouer ce rôle aura lui-même un sinistre sort. C’est un phénomène répétitif qu’il faut régler de façon structurelle. Je pense que le relogement des populations est l’une des premières formules garanties de succès. Nous ne pouvons pas être dans des zones d’eau et espérer des chances de ne pas être victimes des inondations. Cela dit, pour en revenir aux solutions globales, le chef de l’Etat doit être félicité de cette idée d’un Observatoire national pour les inondations, placé sous l’autorité du Premier ministre. Mais, celui-ci n’en sera que le coordonnateur car, encore une fois, la question des inondations requiert un effort collectif et inclusif. Tout le monde est concerné. À cet effet, il me semble primordial d’instituer, au sein même de l’Observatoire cité plus haut, une haute autorité de la prévention. Il s’agira de mettre en place une sorte de Plan « Pro » (Prévention organisée) qui sera l’amont du plan Orsec.
Vous aviez récemment plaidé pour le retour de la peine de mort, mais depuis l’exécution des deux Sénégalais en Gambien et la réaction de Macky Sall, on ne vous entend plus sur la question.
Avez-vous fait machine arrière ?
Je ne vois pas ce qui pourrait m’amener à reculer. Il nous faut cette loi au Sénégal. Car même si vous égorgez un mouton, vous le faites avec décence. Imaginez un paisible citoyen qui vit de peu de gains, tué bêtement et sa famille laissée à elle-même. Ceux qui militent pour la suppression de cette loi ne sont sans doute pas autant concernés par ces meurtres. Sinon, ils ne tiendraient pas leur discours actuel. Nul ne peut vous dire ce que ressentent les familles de ces personnes tués bêtement. Il nous la faut cette loi, ne serait-ce que pour dissuader les criminels. Ceux qui luttent contre la peine de mort vous opposeront l’argument de la prison à perpétuité… Soit ! Surtout pour éviter que des innocents soient victimes d’erreurs judiciaires. Mais, ce dont je parle, c’est de ces individus qui prennent jouissance du sang de leurs victimes et qui prennent 10 ou 20 ans de prison avant de renouer avec leurs activités assassines ; il faut les éliminer. Il y a des Etats qui le font même aux Etats-Unis. Les partisans de la suppression doivent également penser aux personnes tuées par ces agresseurs, leur vie n’est pas moins sacrée que celle des suppliciés.
Pourquoi veulent-ils que seuls ces assassins jouissent d’un droit à la dignité et à l’intégrité physique ?
Maintenant, pour ce qui s’est passé en Gambie, je suis foncièrement contre l’exécution sommaire de nos deux compatriotes. Ce que le président Jammeh a ordonné de faire est inexplicable. Il a foulé les règles élémentaires de bon voisinage entre Etats souverains. Et, je salue la réaction du président Macky Sall dans cette affaire. Pour ce coup-ci, Jammeh a compris le message.
Revenons-en à votre mission à l’Assemblée. Peut-on espérer vivre la plénitude de votre rôle de contrôle parlementaire du gouvernement ?
En tout cas, personnellement, je vais contrôler le gouvernement. Pour la présente session budgétaire, les ministres auront un état de grâce ; leurs budgets seront adoptés. Mais, que ceux qui ne travaillent pas se préparent à la guerre. Ils seront surveillés ; à commencer par mes meilleurs amis dans le gouvernement. Nous ferons tout pour les dénoncer auprès du président pour qu’il les démette.
Seydina Fall sera alors un député du président Macky Sall ?
Je ne suis pas un député de Macky Sall, je suis un élu du peuple. Je suis un militant de l’Apr qui œuvre pour le développement de ce parti certes, mais je ne travaille pas pour Macky Sall. Tout le monde peut se prévaloir de cette mission. Mais concrètement,
qu’avez-vous fait pour les populations depuis votre élection ?
C’est dommage que vous circonscriviez mon action à cette période. Je vous ai déjà parlé de mes actions lors de la fête de Tabaski. Mais, bien avant mon élection, j’ai toujours été aux côtés des populations. Nous avons été formatés par notre guide éclairé, Serigne Saliou Mbacké qui nous a inculqué des valeurs de solidarité, de générosité. C’est une façon pour nous de rendre grâce à Dieu. Donc il est tout à fait naturel que nous continuons ces actions après notre élection. Récemment, j’ai fait interner à l’hôpital de Mbao un malade qui avait des problèmes psychiques. Il a fait près de quarante jours là-bas et, Dieu merci, il a retrouvé ses esprits au grand bonheur de ses proches. Du concret, nous l’avons également fait avec une dame qui avait des difficultés au moment d’accoucher, nous avons fait ce que nous avons pu quand le problème nous a été exposé. Du concret, c’est également ces personnes que nous aidons à se faire soigner. Mais, le plus important ne se situe pas à ce niveau. Je l’aurais fait même si je n’étais pas élu député. Le plus important, c’est de faire en sorte que les populations puissent disposer elles-mêmes de leur propre sort. C’est faire en sorte que les jeunes et les femmes surtout ne passent pas leurs quotidiens à tendre la main ou à attendre Bougazelli. L’idée est de trouver des moyens adéquats pour leur émergence. Je veux que les jeunes de Guédiawaye qui ont toujours accompagné le président Macky Sall puissent concrétiser leur rêve de lendemains meilleurs. D’ailleurs je profite de l’occasion pour lancer un appel aux autorités judiciaires pour qu’elles libèrent les jeunes du M 23, victimes d’arrestations arbitraires lors des manifestations préélectorales. J’ose espérer que cette époque est révolue où les forces de l’ordre s’en donnaient à cœur joie en matraquant des manifestants. Il faudrait plutôt leur trouver du travail. Il est grand temps que s’épanouisse la jeunesse, surtout à Guédiawaye où les jeunes se sont investi corps et âme pour le sacre final de Macky Sall. Depuis 2009, nous avons fait de Guédiawaye un bastion imprenable, nous sommes partis de Golf-Sud qui est la plus grande commune d’arrondissement pour conquérir les quatre autres communes d’arrondissement. Nous les avons gagnées au 1er comme au second tour malgré la présence de nos adversaires du Pds qui avaient bénéficié de gros moyens de la part du président Wade. Woré Sarr, Fatou Younouss Aïdara, Bocar Sédikh Kane, Daouda Thiane, Ibrahima Diawara et nous les avons battus. Donc, nous demandons au président Macky Sall de ne pas oublier Guédiawaye.
Aviez-vous signé la pétition contre Moustapha Diakhaté, le président du groupe parlementaire de la majorité ?
Lui-même avait signé la pétition. Je l’avais signé et je l’assume. Tout comme j’assume mon amitié avec lui. Aujourd’hui, cette histoire appartient au passé. J’ai eu un long entretien avec lui. Je lui conseille maintenant d’être plus ouvert et d’impliquer davantage ses partenaires ; son courage fera le reste.
Mansour Ndiaye
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