Ibnou Taimiya Sylla attaque, cogne et se positionne : « Macky Sall a déjà reconnu sa défaite au soir du 29 juin... »


Ibnou Taimiya Sylla attaque, cogne et se positionne : « Macky Sall a déjà reconnu sa défaite au soir du 29 juin... »

Le President du parti DIISOO-MED, Monsieur IBNOU TAIMIYA SYLLA sort de son silence et s’exprime pour la première fois à cœur ouvert sur les locales de juin 2014. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, M. Sylla revient sur les investitures tant au niveau national que local, sur l’acte III de la décentralisation et décline ses ambitions.
-          Quelles appréciations faites-vous sur les investitures au niveau national ?
La pléthore des listes pour ces élections a fini de démontrer l’amateurisme du gouvernement du Président Macky Sall vis-à-vis des élections.  J’ai toujours été d’avis qu’il ne faut jamais repousser les élections. Il fallait laisser les élections se tenir au moment où le calendrier l’avait fixé et à partir de là, si des reformes doivent se faire elles  se feront en partant. C’est aux reformes de s’adapter au calendrier Républicain  et  non au calendrier Républicain d’être modifié en fonction des réformes que le gouvernement veut faire. Toute cette pléthore de liste est en quelque sorte le résultat de cet amateurisme. Quand vous regardez de près la situation, vous verrez que le gouvernement a presque perdu le contrôle de la situation et je pense que dans l’histoire du Sénégal c’est l’une des élections les plus catastrophiques en matière d’organisation et ça reflète encore une fois l’amateurisme de ce gouvernement. Et ça, on le retrouve même partout dans  gestion de l’administration Sall.
-          Quelle devait être selon vous l’approche ?
A  la place du Président, j’allais laisser ces élections se tenir à date échue et avec le code électoral qui était de vigueur et progressivement mettre en place des reformes relatives à la décentralisation. L’acte III de cette décentralisation n’est pas bien maîtrisé, c’est une reforme qui n’a pas été bien réfléchie et faite dans la précipitation. Il ya de très bonnes idées, mais ce sont des idées qui n’ont pas été bien raffinées avant de les implanter. Parce qu’une reforme qui va vraiment toucher la vie des collectivités locales pour les prochaines décennies, devait faire l’objet de réflexions approfondies, ce qui n’a pas été fait. Les choses ont été faites à l’aveuglette et le premiers dégât c’est l’organisation calamiteuse des locales.
-          A Koumpentoum, les investitures ont été une catastrophe. Beaucoup de partis et coalition de partis ont été frappés de forclusion dans plusieurs communes, y compris votre parti. Comment expliquez-vous cette situation ?
En  ce qui concerne “Diisoo“, nous avons été forclos dans le département et au niveau de certaines communes. Je pense que ça c’est le résultat de notre inexpérience, mais aussi la non maîtrise des nouveaux textes. Même l’administration elle-même, ne maîtrise pas ces textes, donc c’était un peu difficile pour nous retrouver là-dedans. Mais aussi il y a l’excès de zèle des autorités administratives au niveau local. On a entendu  par exemple l’un d’eux qui disait ouvertement que la liste “Diisoo” ne passera jamais.  C’est comme s’il était envoyé en service commandé tout juste pour nous mettre des bâtons dans les roues et mettre “Diisoo“ hors d’état de nuire. L’administration Macky Sall sait pertinemment qu’aujourd’hui nous sommes la première force politique du département de Koumpentoum et de la région de Tambacounda. De ce fait, ils ont tout fait pour nous mettre des bâtons dans les roues. Mais en tant que croyants nous acceptons la volonté divine, nous en avons pris acte et nous continuons notre bonhomme de chemin.  C’est quand même décevant de ne pas être en lice pour le département, mais on se concentre sur les deux communes, de Koumpentoum et de Bamba, où nous sommes présents. C’est une déception certes, mais c’est aussi une occasion de mieux nous concentrer et de beaucoup apprendre.
-          Pour quelqu’un qui a des ambitions Présidentielles, cela a dû être un sacré coup ?
Oui  c’était un sacré coup surtout que nous avions la ferme conviction que le département était prenable. Nous avions la ferme conviction que nous allions gagner. Mais vous savez c’est la politique, des fois il ya des situations qui arrivent et il faut savoir les gérer, les accepter, et tirer les leçons de cet échec, voir les raisons qui ont fait que nous avons été forclos et puis avancer. Mai nous en tirerons toutes les conséquences et éviteront de telles erreurs dans le futur.
-          Vous avez dit vous êtes dans deux communes et ce qui retient mon attention c’est la commune de Koumpentoum ; il va s’y livrer la grande bataille du Niani. Êtes-vous prêt ?
Absolument prêt ! Mais en passant je dirais que nous ne sommes pas seulement dans deux communes, nous sommes actuellement dans plusieurs collectivités locales. Nous sommes en coalition à Tamba,  Velingara,  Kolda, Marsassoum, Malicounda, Touba Toul, aux Parcelles Assainies, Yeumbeul-Nord… nous avons beaucoup de listes quand même et nous sommes aussi à Tivaoune Peulh et dans beaucoup de ces communes, nous sommes en pole position et nous sommes en train de batailler fort pour gagner au soir du 29 juin. Concernant le Niani, la bataille aura bien lieu. Vous savez l’enjeu de ces élections est très très important. C’est la définition et la mise en œuvre de nouveaux projets de société pour le développement du Niani. Nous voulons que ça soit une bataille des idées, des programmes et non une bataille de personne. Nous voulons qu’il y ait un débat d’idées. Dans la commune nous sommes en compétition avec l’APR et le PDS. L’APR n’est vraiment pas un adversaire comme on le pense, mais c’est beaucoup plus le PDS qui va faire de la résistance. Nous les avons invités à vraiment s’asseoir, à débattre et avoir une discussion franche et honnête sur les programmes pour voir qui propose le meilleur projet de société. C’est qui nous intéresse nous, ce n’est pas être seulement au niveau de la Mairie, mais la prendre et pouvoir transformer cette commune et améliorer la qualité de vie des populations. Nous ne pouvons pas nous permettre d’entrer dans des batailles de personnes. La commune de Koumpentoum revêt un caractère assez particulier. Le président de “ Diisoo“ est de Koumpentoum et ce serait vraiment une bonne chose si je remporte ma base et ça permettra de confirmer que nous sommes bien un parti qui existe et avec lequel il va falloir compter. En moins d’un an d’existence nous avons réussi la prouesse de nous présenter dans beaucoup de communes et au plus haut niveau. C’est l’occasion pour moi de féliciter tous les militants en particulier les jeunes et les femmes de Koumpentoum et du parti. Les jeunes ont fait un excellent travail et nous avons la ferme conviction qu’au soir du 29 Juin la mairie de Koumpentoum sera “Diisoo“. D’ailleurs vendredi nous organisons une conférence de presse pour présenter notre programme aux populations et partager notre vision, notre projet de société pour le Niani et pour le Sénégal aussi. Et sera fait ici chez moi et sera une belle occasion d’offrir une visibilité à notre département.  On va batailler fort partout où nous sommes.
-          Au niveau départemental qu’elle va être la position de votre parti ?
Nous sommes beaucoup plus pour une alliance au niveau des programmes, nous ce sont les programmes qui nous intéressent. Si on ne nous présente pas un programme qui nous convient, nous serons obligés de nous abstenir et d’observer une neutralité. Mais si nous voyons qu’il y a un programme qui nous convainc qui a des points en commun avec celui de “Diisoo“ nous le soulignerons et prendrons les décisions politiques qui s’imposeront. Mais nous ne participerons pas à faire élire une liste qui va augmenter la souffrance des populations. Nous ne voulons pas soutenir une liste et avoir des remords dans l’avenir. Nous sommes en train d’étudier les listes et les programmes et on avisera.
-           Êtes-vous d’avis avec le Président qui invite les partis politiques à se tenir à l’écart de ses élections, de ne pas en faire leur affaire.
Des fois le Président de la République se leurre ou bien il veut prendre les gens pour des demeurés. Il s’emmure dans une logique suicidaire je dirais. Vous organisez des élections et voulez que les partis politiques se tiennent à l’écart de ces élections, c’est une aberration. Ce qu’il veut fuir, c’est la sanction populaire et ça il ne peut pas l’éviter. Il ne lui reste que deux ans et nous n’attendons plus de grandes réalisations de sa part. Nous attendions des ruptures, mais ce que nous avons là c’est du Wade sans Wade et il ne peut pas échapper à cette sanction. C’est une grosse aberration que de dire que les partis politiques doivent se tenir à l’écart. Pour avoir ça il faut de grandes réformes.
Je suis de cette école de pensée qui dit qu’il faut créer un autre palier de gouvernement qui est complètement différent des partis politiques qui vont compétir au niveau local, c’est-à-dire des partis qui sont seulement au niveau local, mais pas au niveau national. Cela va créer un autre palier de gouvernement et les partis politiques devraient rester à l’écart. Mais si vous ne faites pas ça vous ne pouvez pas demander aux partis de s’abstenir. Il ya une contradiction dans ce qu’il dit parce qu’actuellement vous ne pouvez pas déposer de listes sans être parrainé par un parti politique et pour ensuite demander aux partis politique de s’en éloigner, c’est une grosse aberration ou bien il n’a pas bien réfléchi quand il disait ça. Pour moi c’est un aveu d’échec, Macky sait très bien qu’il va perdre ces élections et je ne vois pas comment il peut éviter le naufrage. Ce sera un miracle s’il s’en sort.  Le peuple est déçu voilà.  Ce qui nous intéresse en tant que parti, c’est le comportement de nos listes et quel impact cela va avoir pour 2017. Ces locales constituent un véritable baromètre pour jauger notre poids.
-          Pour terminer Président Sylla, en début de semaine une femme a perdu la vie en donnant la vie, vous y étiez pour présenter vos condoléances. Qu’est-ce que ça vous inspire qu’aujourd’hui encore au Sénégal, l’on perde la vie en donnant la vie ?   
C’est scandaleux et c’est vraiment dommage.  C’est dommage qu’en 2014 on ait toujours des cas de ce genre, ce sont des situations qui ne devraient plus exister, qui doivent disparaître. Mais si vous des leaders qui ne font pas bien leur travail, qui n’ont pas pris le temps de réfléchir sur les conditions de vie des populations, il faut s’attendre à tout. Si vous prenez CINQ milliards pour la confection, la publication et la promotion du Plan Sénégal Emergent (PSE), Cinq milliards c’est combien de maternités bien équipées, combien d’ambulances, combien de centres de santé. Il faut une bonne utilisation de nos ressources. Et c’est justement l’enjeu de ces élections. Il faut qu’on s’arrête et qu’on revoie notre façon de faire de la politique.
Jeudi 12 Juin 2014




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