INITIATIVE POUR LE RETRAIT DES ENFANTS DE LA RUE : La société civile s’engage et exige que la mesure soit effective

D’une seule et unique voix, nous exigeons que la mesure contre la mendicité des enfants soit appliquée effectivement sur toute l’étendue du territoire national. C’est la requête faite par la société civile qui s’est mobilisée samedi, à la Place de l’Obélisque (Colobane, Dakar), pour affirmer son engagement pour le retrait des enfants de la rue.


INITIATIVE POUR LE RETRAIT DES ENFANTS DE LA RUE : La société civile s’engage et exige que la mesure soit effective
C’est toute une génération confondue qui s’est réunie samedi, à la Place de l’Obélisque, à Colobane (Dakar), pour un seul et même but : un retrait effectif des enfants de la rue. Ils exigent de l’Etat du Sénégal que la mesure contre la mendicité des enfants soit appliquée effectivement sur toute l’étendue du territoire. Car, estimant que telle est l’urgence de l’heure, la priorité de tout le peuple sénégalais. Non sans ajouter que c’est une injustice qui interpelle notre société et qui requiert une mobilisation nationale. Par conséquent, ils comptent ménager aucun effort pour honorer cet engagement d’autant plus que la mendicité enfantine va à l’encontre d’une bonne éducation de base.
Pour la présidente de l’association Les Oliviers, Hadiya Aïdara, la mesure a été prise mais son application connait quelques défaillances, elle n’est pas donc appliquée de façon rigoureuse. «On est là pour dire au Président de la République de ne pas reculer. Les enfants continuent à mendier. On ne veut pas juste une volonté de l’Etat mais que quelque chose qui est née de la
population»
, a-t-elle martelé. Avant d’ajouter que l’objectif de cette manifestation est de faire retirer de manière effective les enfants dans la rue.
«Maintenant, c’est à nous de montrer à l’Etat que cette loi, on la voulait, qu’on l’attendait avec impatience et qu’on ne va pas laisser cette opportunité.»
Abondant dans le même sens, Mamadou Wane, membre du groupe de travail de la société civile, des partenaires techniques et financiers pour la Protection de l’Enfant, d’indiquer : «Notre appel, c’est un appel citoyen. Il ne faut pas laisser la question uniquement entre les mains de l’Etat. Ce sont toutes les personnes qui vivent au Sénégal et qui sont d’accord avec cette décision qui sont venues faire des déclarations publiques d’adhésion et, en même temps, d’engagement pour que cette situation cesse.»
Pour le coordonnateur de la PPDH, il est donc important de créer ce mouvement pour le retrait des enfants de la rue. «Je m’engage parce que maintenant c’est une responsabilité individuelle et à la fois collective. Si on continue à exploiter les enfants par la mendicité, c’est parce qu’il y a des personnes, peut être, qui sont bien intentionnées qui donnent. Si, aujourd’hui, les enfants sont dans cette situation, c’est parce qu’il y a une passivité citoyenne. Il est temps donc de se rassembler pour que, définitivement, les enfants soient retirés de la rue et que le Gouvernement ne recule pas.»
«Si on voit les enfants revenir, c’est parce qu’on n’a pas encore attaqué le phénomène de façon radicale. La première phase, c’est une phase pédagogique. Il faut maintenant une phase d’application de la loi. Il faut utiliser la répression pour effectivement faire passer l’intérêt, mobiliser l’ensemble de l’appareil de l’Etat pour trouver une solution», prône-t-il. Comme pour appuyer ces camarades, Anta Mbow, présidente de l’association Empire des Enfants, argue que l’image la plus négative du Sénégal, c’est quand on voit ces enfants en haillons qui sont victimes d’exploitation. «Ça persiste encore parce qu’à chaque fois qu’il y a des décisions qui sont prises, elles ne sont pas appliquées. Un pays ne peut pas avancer si sa jeunesse n’est pas formée, si sa jeunesse n’est pas à l’école, si sa jeunesse est en train de trainer dans les rues», soutient-elle. Et d’inviter la population à se lever afin de pousser l’Etat à enlever ce phénomène vu que la rue n’a jamais fait d’enfants.
«Il faut aussi que l’Etat avance plu-tôt que de reculer. Mais maintenant, on s’est dit comment on va faire. C’est dommage, ils auraient dû, peut être, préparer des endroits où on pourrait les accueillir. Malheureusement, c’est ça qui fait aujourd’hui défaut, ce qui fait qu’on revoit beaucoup d’enfants dans les rues», a-t-elle noté.
Lundi 8 Août 2016
Dakaractu




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