Huit personnes interpellées, une douzaine de plaignants : Un réseau de confectionneurs et vendeurs de faux visas dans les filets de la SU

Le chef de la Sûreté Urbaine, El Hadji Cheikh Dramé, a frappé un grand coup et démantelé un réseau de confectionneurs et vendeurs de faux visas. Huit personnes ont été déférées devant le maître des poursuites pour association de malfaiteurs, escroquerie au visa, faux et usage de faux. Douze plaignants grugés à hauteur de plusieurs millions ont déposé des plaintes.


Huit personnes interpellées, une douzaine de plaignants : Un réseau de confectionneurs et vendeurs de faux visas dans les filets de la SU
M Mbaye, M B Diop, El H M Diaw, Amady Fall,C T Diop, D Sène, S D Sow et X Bonyaka W K (Congolais) ont été conduits devant le Procureur pour association de malfaiteurs, escroquerie au visa, faux et usage de faux.
Se disant promoteur immobilier, M Mbaye, le cerveau de la bande, né en 1974 à Thiès s’est lancé dans le commerce de faux visas et a roulé dans la farine près d’une vingtaine de personnes. Au moment de son interpellation, les éléments de la Brigade de lutte contre la criminalité (Blc), une entité de la Sûreté Urbaine (Su), ont trouvé sur lui sept  passeports dont l’un avait un faux visa. D’autres parties civiles vont sans doute se manifester.  
Face aux limiers, M Mbaye a soutenu avoir rencontré à Diamniadio, une semaine avant la Korité, El H M Diaw et M B Diop, qui lui ont dit qu’ils recrutaient des candidats à l’émigration. Le deal serait de profiter d’un festival à Venise (Italie) qui doit se tenir le 31 juillet 2016.
Approché, D Dieng, ne pouvant pas débourser les 3.000.000 de Fcfa réclamés pour le visa d’Italie, a donné un terrain. A son tour, Dieng met M Mbaye en rapport avec B Diouf, qui décaissera 2.400.000 Fcfa pour le sésame. Malgré le rôle central qu’il a joué, M Mbaye a soutenu n’avoir encaissé dans ces transactions que 260.000 Fcfa.
M B Diop, quant à lui, a déclaré que c’est Momar Mbaye qui l’a appelé au début du mois de juillet, pour lui faire savoir qu’il a muri un plan consistant à arnaquer des candidats à l’émigration. Etant ce jour-là en compagnie de El H M Diaw, il l’a mis dans le coup. M Mbaye lui a assigné la mission  de recruter des candidats et de récupérer l’argent. Quant à lui, son rôle se limitait à prendre les empreintes. Pour mieux ferrer les candidats au voyage, El H M Diaw, qui avait une puce française, leur faisait croire qu’il était établi en France et qu’il s’appelait Patrick. A Fall, l’informaticien de la bande, s’occupait de la production des visas moyennant 30.000 Fcfa pour chaque visa. Le reste de l’argent, ils se le partageaient en trois parts égales.
 
UNE BANDE DANS LAQUELLE CHACUN JOUE UNE PARTITION
Dans sa déposition, M Diaw a reconnu qu’il conduisait le véhicule à bord duquel il y avait les formulaires des demandes de visas et l’encrier pour prendre les empreintes des candidats.
Poursuivant leurs investigations, les limiers ont perquisitionné le domicile de A Fall à Yoff et découvert dans une enveloppe posée à même le sol, 25 passeports dont 9 avec des visas. Ce dernier a tenté sans convaincre de faire porter la responsabilité de son implication à B Diop qui a beaucoup insisté pour qu’il confectionne les visas. Ne pouvant le faire, il s’est rapproché de Jean pour qu’il lui confectionne les sésames, moyennant 40.000 Fcfa par document. En guise d’avance, Jean a encaissé 125.000 Fcfa, puis 195.000 Fcfa une fois les visas livrés.  B Diaw ne lui a remis que 80 000 Fcfa, minimise-t-il.
Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, les policiers ont mis la main sur C T Diop, D Sène et S D Sow, respectivement soudeur métallique, maçon et marabout, domiciliés aux Parcelles Assainies, à Colobane et à Yarakh.
C T Diop a reconnu avoir remis les 7 passeports à Momar Mbaye pour l’obtention de visas d’Italie. Selon lui, les documents viennent de D Sène. Son rôle s’arrêtait à la recherche de candidats à l’émigration. Chaque candidat devait verser 3.500.000 Fcfa après son arrivée à destination.
 
M MBAYE, B DIOP ET M DIAW SONT CONNUS DES FICHIERS DE LA POLICE
D Sène a reconnu les faits. A l’en croire, C T Diop l’a convaincu. Il a sauté sur l’occasion et s’est lancé dans la recherche de «clients». Il a intégré dans le groupe, le marabout S D Sow qui a remis 7 passeports à Sène. Les documents proviennent de parents qui sont au Fouta.
Surnommé Jean, le Congolais X  B W Koki a finalement été alpagué. Il a fait la connaissance de A Fall, il y a trois ans. Il apposait un cachet sur un passeport d’entrée et de sortie du territoire. Satisfait de ses services, A Fall lui a proposé la production d’un faux visa. Il a essayé sans y parvenir. C’est finalement un de ses parents, A Moulamb, venu du Mali, qui lui a appris à confectionner les faux visas à travers le net. Son parent a pris la clé des champs, dès que l’odeur des policiers s’est fait sentir. Il encaissait 20.000 Fcfa par visa et 10.000 à 15.000 Fcfa pour les cachets d’entrée ou de sortie. Chez lui, les enquêteurs ont trouvé 12 passeports dont 6 avec de faux visas, des dateurs, deux encriers, des papiers servant à la production de faux visas de même que le matériel de confection (ciseau, scotch, colle blanche, effaceur, couteau).
Douze victimes ont déposé plainte.
M Mbaye, B Diop et M Diaw sont connus des fichiers de la police.
 L'As
 
Jeudi 21 Juillet 2016
Dakar actu




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