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Hommage du MFDC au Professeur Emérite Assane SECK


Mouvement
pour le Fédéralisme
et la Démocratie Constitutionnels

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Le Président
jmfbiagui@hotmail.fr En hommage au Professeur Assane Seck


La foi, comme sous-bassement cardinal de toute croyance en l’Au-delà, autorise à concevoir qu’il ne puisse jamais être trop tôt pour partir à la découverte irrésistible du Visage de Dieu.
Ainsi donc, Monsieur le Professeur, ce jour, mardi 27 novembre 12, vous vous en êtes allé, vers votre dernière demeure ; celui précisément où le Tout-Puissant vous convie pour le repos éternel.
Certes, nombreux sont celles et ceux qui, comme votre serviteur, ne se font aucun souci – mais alors aucun souci ! – quant à l’avenir de votre âme et au caractère réel, transcendant et éternel du repos auquel elle vient d’être conviée.
Cependant, nombreux aussi, très nombreux, sont inconsolables celles et ceux, dont votre serviteur, qui pleurent votre disparition ; une disparition qui passe pour redoutablement tragique, au regard notamment de celui que vous étiez et de ce que vous représentiez dans le cadre du processus de paix en Casamance. Parce que, assurément, naturellement, il fallait compter avec vous dans la dynamique de restauration de la paix durable en cette Casamance qui vous était – que dis-je ! – qui vous est intimement chère.
Le message ci-après, sorti de mes entrailles, et de manière soudaine, tel un bébé prématuré, non-accompli, sinon mal-accompli, se voulait un hommage, tout simple mais sincère et pur, à votre intention. C’était le 29 janvier 2009, à l’occasion de ce Grand-Jour, de ce Jour-Solennel, de ce Jour-Mémorable, à vous consacré, pour vos 90 Ans, par le Collectif des Cadres Casamançais. Je n’y étais pas convié. Toutefois, la magie de l’Internet aidant, et par effraction, je m’y suis invité, depuis Villeurbanne, en France, au moyen justement dudit message, que je considère, du reste, aujourd’hui encore, et à tout jamais, comme fondamentalement actuel.
‘‘La philosophe Hannah Arendt disait ceci de la vérité : « Conceptuellement, nous pouvons appeler la vérité ce que l’on ne peut pas changer ; métaphoriquement, elle est le sol sur lequel nous nous tenons et le ciel qui s’étend au-dessus de nous. » (Hannah Arendt, La crise de la culture, éd. Gallimard, 1972, p.336.)
Je ne sais si la connaissance que je prétends avoir de vous, Monsieur le Professeur, est objective en ce qu’elle serait conforme à la vérité objective de la personne que vous incarnez. Je puis, toutefois, me hasardant, ici, à mêler concept et métaphore, vous désigner comme l’intelligence et le courage politique en action.
Vous êtes l’intelligence en action...
Je dois avouer, d’emblée, que je ne fais pas ici allusion à votre instruction, ni même à vos titres universitaires multiples. Car l’intelligence, du moins selon moi, les transcende tant dans son essence que du point de vue de sa finalité. La vôtre en tous les cas !
En effet, Monsieur le Professeur, vous êtes de ces personnes que Mère-Nature a singulièrement chéries et gracieusement offertes à notre Pays, en particulier à la Casamance. Que vous soyez donc une intelligence, est un fait, sinon une vérité. Mais vous n’êtes pas qu’une intelligence, vous êtes aussi et surtout une fieffée intelligence en action, qui vous distingue ainsi de beaucoup d’autres intelligences, en ce que, précisément, elle est non seulement une intelligence en action, mais une intelligence agissant à bon escient. Beaucoup de filles et de fils du Pays en ont justement bénéficié, à leur grand bonheur personnel et au grand intérêt de notre Nation. A ce titre, vous êtes, donc, également, une intelligence généreuse dont un nombre considérable de carrières intellectuelles, sociales et politiques éminentes sont indubitablement comptables en Casamance, en particulier, et au Sénégal et en Afrique, en général, voire au-delà.
En 1982, lors d’un congrès du Parti Socialiste, à la Maison du parti, à Dakar, je vous découvris, pour la première fois, vous illustrant brillamment, en un temps record, dans l’exercice de synthèse des résolutions et autres procès verbaux. Très rapidement je devais alors comprendre que le choix porté sur votre personne aux fins de cet exercice, somme toute intellectuellement banal pour vous, mais certainement politiquement périlleux, n’était guère dû au hasard : vous étiez, Monsieur le Professeur, l’intelligence indiquée pour cela. Chapeau bas !
Vous êtes le courage politique en action...
Monsieur le Professeur, chez vous l’intelligence et le courage politique ayant fait bon ménage, très vite et sans surprise, vous êtes apparu comme l’un des hommes politiques les plus brillants au Sénégal et les plus illustres en Casamance, même si l’on ne vous le rend guère de nos jours. Fort heureusement, le système immunitaire social et culturel de la Casamance fonctionnant ici à merveille, le Collectif des Cadres Casamançais s’activera pour vous faire rétablir dans votre droit à une reconnaissance républicaine à la mesure du professeur éminent et de l’homme politique illustre que vous aviez été, non ! que vous êtes. N’est-ce pas ce qui vous vaut, aujourd’hui, le précieux hommage que vous rend, pour vos 90 ans, l’association dont vous êtes un membre éminemment actif et auquel j’essaie si maladroitement de m’associer, en mon nom propre ainsi qu’en ma qualité de Secrétaire Général du MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance) ?
Cependant, j’éprouve un regret, un seul. Je regrette, en effet, que le MAC (Mouvement Autonome de la Casamance), dont vous aviez été, sinon un père-fondateur, du moins un militant dévoué, n’ait pu prospérer sur le terrain laissé en friche par feu le MFDC originel. Car le contraire eût certainement été, en soi, une économie précieuse du conflit consécutif au réveil douloureux du MFDC, survenu en décembre 1982.
Mais que pouviez-vous vraiment, en l’occurrence, quand on sait par ailleurs que vous étiez seul contre tous, ou plutôt presque seul contre presque tous, malgré le courage politique que tout le monde, unanimement, vous reconnaît ?
Mais votre histoire personnelle doit être vue, aujourd’hui plus que jamais, comme un antidote contre toutes dérives autochtonistes tant en Casamance que dans le reste du pays...
Je me suis laissé dire, Monsieur le Professeur, que vos origines lointaines remontent à une époque tout aussi lointaine pour s’établir au Centre ou au Nord du Pays. Et, donc, pas au Sud, en Casamance.
Vous vous nommez Seck. Donc vous êtes un Seck de la Casamance, comme on y trouve, depuis bien longtemps, entre autres, des Diop, des Ndiaye, des Sarr et ... des Senghor. Oui ! Seck, vous l’êtes, Monsieur le Professeur, comme Senghor, l’abbé Augustin Diamacoune l’avait été.
Certes, s’agissant du nom Senghor, il est des émules innombrables, en Casamance, pour attester tout particulièrement de son origine casamançaise, et en Pays Sérère, au centre et au nord du pays, pour revendiquer au contraire l’origine de ce patronyme. Mais là n’est pas le problème. Ou plutôt, là se trouve un atout inouï que nous devrions exploiter et faire prospérer, aujourd’hui plus que jamais, dans l’édification de notre Nation. Car, tout le monde en conviendra, les Senghor comme les Seck, les Diop, les Ndiaye et autres Sarr du Nord sont au Nord et pour le Nord, ce que sont au Sud et pour le Sud les Senghor, les Seck, les Diop, les Ndiaye et les Sarr du Sud. C’est à dire des citoyens que Mère-Nature a donnés – gracieusement ! – à leurs terroirs respectifs, soit par le sang, soit par l’adoption.’’
Adieu ! Monsieur le Professeur. Que la terre de la Casamance vous soit légère ad vitam aeternam.

Jean-Marie François BIAGUI
Président du Mouvement pour le Fédéralisme
et la Démocratie Constitutionnels (MFDC)
JMF BIAGUI




Jeudi 29 Novembre 2012
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1.Posté par halte le 29/11/2012 10:47
Par pitié, halte à cette guerre qui finira tôt ou tard dans les tables de négociations pour une armistice définitive.



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