Hommage au Professeur Oumar Sankharé.


Hommage au Professeur  Oumar Sankharé.
Cher Professeur et cher frère. Ce lundi 26 octobre 2015, vous m'aviez rendu visite à 
12h00 pour avoir de nos nouvelles et celles de votre frère, le Président Hissein Habré. 
Certes, vous étiez un peu fatigué mais jamais, je n'aurais cru que, quelques heures plus 
tard, vous nous quitteriez pour toujours.
Cher professeur, cher frère, que le Tout Puissant vous accueille en son paradis éternel. 
Amine!
Les mots me manquent et me paraissent insuffisants, insignifiants pour parler de vous.
Illustre professeur, j'ai toujours été étonnée par votre simplicité, votre extraordinaire 
modestie, votre disponibilité et votre amabilité.
Nos échanges fructueux sur tant de sujets: l'Université, la jeunesse africaine, les élites 
africaines, la politique, l'histoire, l'évolution de l'Afrique, le Tchad, le Sénégal  etc.. me 
manqueront. Vous m'avez tant appris, merci  Professeur, merci mon frère.  
Ce lundi 26, jour de notre dernière rencontre mais aussi votre dernier jour parmi nous, en  
partant, vous avez réitéré vos salutations à votre frère, le Président Habré en promettant 
d'aller le voir samedi si les CAE acceptaient de vous délivrer le fameux permis de visite.
Oui, nous avions échangé sur les permis de visite qui vous ont été refusés à vous et à 
notre frère Moriba Magassouba par M. Mbacke Fall parce que vous aviez pris position et 
dénoncé cette mascarade judiciaire. On vous a fait tourner pendant plus d'une semaine; 
mais, infatigable, vous faisiez ces multiples va et vient, malgré votre santé fragile, sans 
obtenir le renouvellement de votre permis. Je vous ai demandé, cher frère, de laisser 
tomber, et de les laisser dans leur autisme car seule votre intention comptait pour moi.
Dans cette dure épreuve qui nous a été imposée, vous avez toujours été à nos côtés, 
mieux que cela, vous vous êtes levé et vous aviez exprimé vos sentiments sur cette affaire 
Hissein Habré. En faisant cela, vous démontriez que vous aviez conservé votre capacité 
d'indignation mais plus encore,que vous ne pouviez rester indifférent, silencieux devant 
cette machine infernale qui roulait vers nous et sur nous. 
Cher Professeur, cher frère, vous étiez un homme intègre, sans maslaha, sans calcul, 
comme il en existe malheureusement de moins en moins.
Vous étiez aussi un homme courageux, vous avez su garder malgré votre engagement en 
politique, votre indépendance d'esprit et d'analyse sur la politique sénégalaise mais aussi 
sur les rapports entre les États africains et l'ancienne puissance coloniale.
Agrégé en Lettres Classiques, Agrégé en Grammaire, parlant plusieurs langues, vous 
étiez un savant et, en toute logique, vous devriez être une icône de la Francophonie 
partout dans le monde et particulièrement en Afrique où vous demeuriez le seul à avoir 
ces diplômes prestigieux.
Et pourtant, la Francophonie et ses institutions ne vous ont rien apporté; pire, on vous a 
écarté délibérément de l'ensemble des institutions de la Francophonie parce que ses 
dirigeants vous ont reproché d'avoir fait des émissions et d'avoir parlé de la politique de 
désenghorisation dans de nombreux domaines.
Cher professeur et cher frère, vous n'avez pas mis votre savoir au service des chapelles 
politiques. Bien au contraire, vous avez formé des générations d'hommes et de femmes, 
issus de nombreux pays, vous avez contribué à l'éveil de leur conscience; et, nullement 
intéressé par l'argent, les honneurs, la vie facile, vous meniez une vie modeste, digne et 
dans le respect  de tous.
Dans ce monde où les valeurs sont en totale déliquescence, où l'argent est roi, où la 
politique est le moyen le plus rapide pour s'enrichir, vous avez fait le choix d'une vie 
simple, détachée des futilités du modernisme envahissant, préservant ce faisant votre 
liberté de pensée, de parole et d'action. Vous en aviez chèrement payé. Homme de vérité, 
de courage et de bien, fortement attaché à sa dignité et tout autant aux idéaux, règles et 
principes de vie qui étaient les vôtres, vous étiez aussi d'une fidélité en amitié, 
désintéressée, sincère et inusable. 
Que le Tout Puissant, le Tout Miséricordieux vous agrée parmi ceux qu'Il comble de ses 
faveurs. Amine

Mme Fatimé Raymonne Habré.
Dimanche 1 Novembre 2015
Dakaractu




1.Posté par dialo diéry le 01/11/2015 20:13
alahouma amine Mme Habré vous avez parlé avec le cœur et votre sincérité se lit entre les lignes que le bon Dieu l'accueille dans ses paradis céleste quant à vous puisse le bon Dieu assister dans ces moments difficile et vous guide vers la lumière

2.Posté par Kouz le 02/11/2015 16:15
Mme HABRE, vous venez de parler au nom de tous les disciples du professeur SANKHARE. Je puis vous assurer qu'une bibliothèque vient de brûler! Encore merci et qu'Allah vous assiste.

3.Posté par Kane Diallo le 02/11/2015 16:18
Que DIEU l'accueille dans son paradis céleste. Yalla na yeurmendé YALLA wathi ci kawame AMINE.



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