Habib Thiam et les valeurs, nous et les honneurs. Par Amadou Diaw (Texte et Photos)


Le décès de l’ancien premier Ministre du Sénégal constitue une perte énorme pour notre pays et la jeune génération que nous constituons. Pour les besoins de la réalisation d’un documentaire télévisé sur son ami Abdou Diouf, l’ancien PM sollicité, avait accepté de m’accorder un entretien filmé non sans manquer d’ouvrir pour moi, ses albums privés. Une rencontre qui m’a profondément marqué et changé.
Ce qu’il m’a appris ce jour, continue de guider mes actes de tous les jours et mon approche avec les gens. Les valeurs telles que l’honnêteté, la franchise, la fidélité en amitié, la droiture et la rigueur dans le travail ont été des éléments essentiels de sa vie. Pour sa génération, c’était la course aux valeurs décrits plus haut. Pour la nôtre, c’est la course aux honneurs, aux privilèges, j’allais dire aux décrets de nomination. Ayant servi au plus haut sommet de l’Etat, il m’expliquait qu’il était inimaginable pour eux, lui et son ami Abdou Diouf, de s’enrichir indûment ou de profiter de leur position pour s’accaparer du bien collectif. La rigueur dans la gestion de la chose publique ne le permettait pas puisqu’il y’avait en permanence chez eux, le souci du principe de la légalité, c’est-à-dire assurer l’application de la règle de droit, se fonder sur la règle de droit et se soumettre à elle. Bref, une vie normée et encadrée par des principes immuables. Mais plus que cela, il y’avait la foi musulmane qui imposait l’équité, la transparence et le sens de l’intérêt général. J’avais trouvé en lui, un homme foncièrement attaché au Walo, sa terre natale et aux préceptes de la religion musulmane puisque me disait-il « aucune goutte d’alcool n’a traversé sa gorge malgré les nombreuses restées en France ».
Je retiens de lui, l’image d’un homme de hauteur et de retenue. On l’a rarement entendu depuis 1998, date de son départ de la Primature, s’inviter dans le jeu politique. Entre 2000 et 2012 alors qu’il y’avait beaucoup à dire sur la gouvernance Wadienne, il s’en est abstenu. Il était dépité par la course aux honneurs à laquelle se livraient les jeunes de ma génération, notamment, des décrets de nominations, des privilèges et surtout la recherche du buzz médiatique. Comme lui, je constate qu’il y’a de nouvelles donnes, des valeurs et normes qui se généralisent et se banalisent que les bien-pensants de la société ont du mal à accepter. Il y a des valeurs séculaires, traditionnelles qui sont en concurrence avec de nouvelles valeurs plutôt calquées sur le mode de vie occidental et qui parlent plus aux nouvelles générations.
Si tant est qu’on pouvait s’inspirer de leur leg.
Amadou Diaw
amadiaw@gmail.com


Habib Thiam et les valeurs, nous et les honneurs. Par Amadou Diaw (Texte et Photos)








Lundi 10 Juillet 2017
Dakaractu



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