Groupe consultatif ou Club de Paris: Les pendules à l'heure


Groupe consultatif ou Club de Paris: Les pendules à l'heure
Depuis quelques mois le débat économique est concentré sur le Groupe consultatif dont la charnière est le Projet Sénégal Emergent si cher au Président de la République, Son Excellence Macky Sall. Toutefois, un amalgame est entretenu entre Club de Paris et Groupe consultatif. Et même des députés, des hauts fonctionnaires, des ministres, et des journalistes, entre autres se sont perdus dans cet imbroglio sémantique où une poule aurait du mal à reconnaitre ses poussins.

Il faut donc remettre les pendules à l'heure du Club de Paris qui est un groupe informel de 19 pays créanciers (USA, Japon, Australie, Russie et 15 membres européens dont la France), dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays débiteurs.

Les créanciers de ce Club, dont la première réunion s'est tenue en 1956, peuvent accorder des allègements de dette extérieure publique pour les pays pauvres endettés. Depuis sa création, le Club de Paris a conclu 428 accords avec 90 pays endettés, pour un montant total de dette traitée de 573 milliards de dollars (rééchelonnement ou annulation) ! L'accord le plus récent date d'il y a seulement quelques
semaines, lorsque le Club de Paris a accordé une annulation de dette à l'Union des Comores dans le cadre de l'initiative renforcée en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) pour un montant de 8,06 millions de dollars (source : Club de Paris).

Pour le Sénégal, notre pays a été déclaré éligible à l'initiative PPTE renforcée par l'AID et le FMI, et a franchi le Point d'Achèvement respectivement les 15 et 19 avril 2004.

En d'autres termes Le Club de Paris a réduit la dette du Sénégal au titre de l'Initiative renforcée sur la dette des Pays Pauvres très Endettés (initiative PPTE renforcée).  En effet, les représentants des pays créanciers du Club de Paris et du Brésil, réunis le 9 juin 2004, ont pris note de la charge de la dette extérieure du Sénégal et ont convenu de recommander à leurs Gouvernements une réduction du stock de sa dette.

Les représentants des pays créanciers ont pris note de ce que, compte tenu des efforts importants réalisés en matière de réformes économiques et structurelles, le Sénégal a franchi le 19 avril 2004 le Point d'Achèvement de l'initiative     PPTE renforcée.

Les membres du Club de Paris qui ont participé au réaménagement de la dette du Sénégal étaient les représentants des gouvernements de la Belgique, du Canada, de l'Espagne, des Etats-Unis d'Amérique, de la France, de l'Italie, de la Norvège, des Pays-Bas et du Royaume-Uni.

Les observateurs à cette réunion étaient les représentants des gouvernements de l'Allemagne, du Danemark, du Japon, et de la Fédération de Russie ainsi que du FMI, de l'AID, de la Banque Africaine de Développement et de l'OCDE.
La délégation du pays débiteur, en l'occurrence le Sénégal, était conduite par Monsieur Abdoulaye DIOP, alors Ministre de l'Economie et des Finances.

Rappelons que la dette publique du Sénégal était estimée alors à environ 2 538 milliards de dollars Us en valeur actuelle nette fin 2002 (source : rapports FMI et AID du 29 mars 2004, publiés sur le site Internet du FMI : www.imf.org et de la Banque Mondiale : www.worldbank.org/hipc). La dette due aux créanciers du Club de Paris était estimée au 31 décembre 2002 à 586 milliards de dollars en valeur actuelle nette.

Les pays en développement et les pays en voie de développement peuvent lever des fonds auprès de la communauté financière internationale et financer leur développement grâce à plusieurs instruments ; ils peuvent attirer les capitaux étrangers, bénéficier de dons et recourir à l'endettement extérieur.

Parmi les instruments, la dette est le seul à engendrer des engagements futurs dans la mesure où elle doit être remboursée à l'échéance. Il est donc nécessaire que l'emprunteur s'assure qu'il sera en mesure de la rembourser, notamment en affectant les fonds de manière efficace afin de générer des revenus qui lui permettront de rembourser la dette. C'est pourquoi la dette est souvent considérée comme un outil de développement. Cependant, la charge de la dette
accumulée par les pays les plus pauvres et les plus endettés est devenue pour eux un obstacle au développement ; c'est pourquoi la communauté financière internationale a conçu l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), et que la plupart des gouvernements membres du Club de Paris ont décidé de financer ces pays principalement à travers des dons.

Contraire au Club de Paris, le Groupe consultatif est une table ronde des bailleurs de fonds dont celui du Sénégal organisé, avec l'appui technique de la Banque Mondiale et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD),  se tiendra les 24 et 25 février 2014, au siège de la Banque Mondiale, à Paris.

L'objectif majeur du Groupe Consultatif est de mobiliser l'ensemble des acteurs (publics comme privés) autour du financement des priorités consensuelles et des projets structurants capables d'accroître la productivité des facteurs de production. Et selon le site dédié (www.gcsenegal.gouv.sn), la rencontre vise, entre autres, à << renforcer les liens avec les bailleurs de fonds et nouer des partenariats avec des investisseurs potentiels tels que le secteur privé, les fonds souverains et les pays émergents >>, et à << renforcer la coordination, l'harmonisation et les partenariats entre l'Etat du
Sénégal, les partenaires bilatéraux et multilatéraux et les investisseurs privés, en vue de sceller des engagements solides
mutuellement avantageux pour les parties prenantes >>.



 Johnson MBENGUE

33e promotion du CESTI

Membre du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes)
Lundi 3 Février 2014
Dakaractu




1.Posté par elton le 03/02/2014 14:17
Au moins un journaliste qui ose parler de choses sérieuses. Il y en a trés peu. Ils préférent parler des initiales du drapeau, de la guerre contre Mimi, de l'enregistrement de Tange,... Vivement pour une presse de développement. C'est vrai également que ces genres d'articles ne sont pas lus par les sénégalais. Les commentaires le montrent.

2.Posté par maliactu le 03/02/2014 14:49
Encore un instrument de contrôle des pays pauvres.

3.Posté par l le 03/02/2014 19:26
pourquoi les dates sont arrêtées à 2002. il faut actualiser

4.Posté par Gory NDOUR le 03/02/2014 23:07
Oui
Mais le secret est dans la mise en oeuvre



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