Giresse, le technicien qui n'a pas atteint le niveau du joueur


Giresse, le technicien qui n'a pas atteint le niveau du joueur
Le sélectionneur national Alain Giresse va quitter son poste, à la fin de son contrat en février, en laissant l’impression d’un énorme gâchis, vu l’importance du potentiel qu’il avait à sa disposition, mais surtout celle d'un technicien qui n'a pas atteint le niveau du joueur qu’il a été.

Avec Giresse, on revient toujours à l’immense footballeur qu’il a été et qui a permis à la génération du carré magique de remporter le premier grand trophée de l’histoire du football français en 1984 avec l’Euro.

La France du football lui est restée éternellement reconnaissante à l’image de Christian Gourcuff, ancien entraîneur de Lorient (élite française) et actuel sélectionneur de l’Algérie qui disait son immense respect pour le grand footballeur que Giresse a été.

Comme footballeur, Alain Giresse, 62 ans, a un palmarès immense gagnant pratiquement tous les titres mis en jeu avec surtout avec les Girondins de Bordeaux où il a joué la plus grande partie de sa carrière de footballeur.

Champion de France avec Bordeaux en 1984 et 1985, meilleur footballeur français en 1982, 1983 et 1987, Giresse, demi-finaliste des coupes du monde 1982 et 1986 avec les Bleus, a fait long feu comme entraîneur sur les bancs dans son pays natal.

Plus que des titres, c’est plutôt des accessits que le meilleur buteur de l’histoire des Girondins de Bordeaux a remporté, à l’exception d’une Coupe du Trône avec les FAR de Rabat et un Trophée des Champions avec le PSG en 1998 du temps de Charles Biétry.

Choix numéro 1 de celui qui était président du PSG de l’époque, Giresse avait réussi quelques mois plutôt à faire remonter Toulouse dans l’élite française. Il n’a pas duré sur le banc parisien en raison de ses résultats.

Exit des clubs en France, c’est sur le banc des sélections nationales où il a tenté de trouver son bonheur, notamment en Géorgie où il n’est pas resté longtemps.

Ce pays n’ayant pas le potentiel pour figurer parmi les grandes nations, il réussit à faire du Gabon une nation émergente du football continental en le plaçant dans le Top 8 africain en 2010 (CAN en Angola).

Et dans le classement de la FIFA, le Gabon est passé de la 140-ème position avant lui à la 40-ème place mondiale sous sa direction de 2006 à 2010.

Après le Gabon, direction le Mali et avec les Aigles, il réussit à faire de ce pays la 3-ème meilleure nation africaine en 2012 en Guinée Equatoriale en battant le Ghana en match de classement.

Contre toute attente, en dépit de ce résultat, il a été démis de ses fonctions par la FEMAFOOT (Fédération malienne de football) et Giresse prit la direction du Sénégal en janvier 2013.

Les Lions venaient de vivre une CAN 2012 cauchemardesque avec 0 point en trois rencontres et une élimination douloureuse de la CAN 2013 avec suspension de stade, suite à des incidents ayant émaillé la rencontre Sénégal-Côte d’Ivoire de Dakar terminée dans la confusion avec jets de projectiles dans le stade et interruption de match.

‘’Au Sénégal, avec ce potentiel, je suis venu gagner quelque chose comme entraîneur’’, relevait Giresse qui reconnaissait n’avoir jamais eu un tel potentiel de joueurs à disposition dans sa carrière de sélectionneur national.

Mais là aussi, la désillusion est à l’aune des espoirs suscités par les Lions durant les éliminatoires, la préparation de la CAN 2015 et le premier match contre le Ghana gagné 2-1.

Dans un pays, le Sénégal où la liberté de la presse et de ton, l’irrévérence sont placées au niveau des grandes démocraties, Alain Giresse accepte difficilement des critiques.

Ce qui a créé un fossé entre une partie de ses joueurs finalement laissés à quai, des difficultés avec des journalistes et des observateurs du football national.

Sa dernière conférence de presse après l’élimination des Lions est un résumé de ses rapports heurtés avec une grande partie de la presse sénégalaise. Il a fini sur la liste de ses entraîneurs ayant de forte ambition avec la Tanière sans plus.

Et surtout, il est parti s’en ajouter une nouvelle ligne à une carrière de technicien qui a du mal soutenir la comparaison à celle du footballeur de très haut niveau qu’il a été. 
Jeudi 29 Janvier 2015
Dakaractu




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