Gabon : Jean Ping lance un appel à la grève, démission du ministre de la Justice

Bien qu'un semblant de calme soit revenu dans le pays, la crise politique persiste au Gabon, où l'opposant Jean Ping a lancé un appel à la grève générale, tandis que le ministre de la Justice Séraphin Moundounga a démissionné.


La crise politique au Gabon a vécu de nouveaux soubresauts lundi, alors qu'un semblant de retour au calme avait gagné le pays après les violentes émeutes qui avaient suivi l'annonce de la réélection contestée du président Ali Bongo.

Démission d'un proche d'Ali Bongo

Le chef de l'opposition gabonaise Jean Ping, qui n’a toujours pas indiqué s’il comptait déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, a lancé lundi un appel à une "grève générale" pour "faire tomber le tyran". Il a demandé aux Gabonais de "résister par le blocage économique du pays", dans une déclaration sur sa page Facebook, qui n'est toutefois pas accessible au Gabon en raison de la coupure des réseaux sociaux.

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De son côté, le camp présidentiel a enregistré une première défection de haut niveau en la personne du ministre de la Justice et deuxième vice-Premier ministre, Séraphin Moundounga. "J'ai pris la décision de prendre congé, d'une part, du Parti démocratique gabonais, et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que (...) je puisse bénéficier de ma totale liberté", a dit le ministre sur les ondes de RFI.

Tout en annonçant sa démission, ce dernier, considéré comme l'un des protégés du président, a demandé le "recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote et procès-verbal par procès-verbal." Une demande qui rejoint celle de Jean Ping qui n’a de cesse de dénoncer des fraudes. Il réclame particulièrement un recomptage dans la province du Haut-Ogooué - fief de la famille Bongo - où la participation officielle a dépassé 99 % avec plus de 95 % des suffrages pour le président sortant.

La France exprime "sa vive préoccupation"

Par ailleurs, plusieurs dizaines de personnes se sont regroupées lundi devant le palais de justice de Libreville dans l'espoir d'obtenir des nouvelles d'un proche introuvable depuis le début des violences, alors que le parquet doit entendre des centaines de personnes arrêtées lors des troubles de la semaine dernière.

Côté français, le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a exprimé lundi sa préoccupation d'être sans nouvelles de plusieurs de ressortissants français ou binationaux. Des dizaines de Gabonais cherchent toujours un proche introuvable depuis les violences et les centaines d'arrestations qui ont suivi l'annonce des résultats de la présidentielle mercredi dernier.

"Des arrestations ont eu lieu ces derniers jours. La France est sans nouvelle de plusieurs de ses compatriotes. Elle exprime, à cet égard, sa vive préoccupation et demande à pouvoir exercer la protection consulaire telle que prévue par la Convention de Vienne", déclare le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué. Quelque 14 000 ressortissants français, dont des binationaux, vivent au Gabon.

De son côté, l'Union africaine (UA) a annoncé qu'elle était prête à envoyer une délégation au Gabon. "Une délégation à haut niveau composée de chefs d'État africains, accompagnés par de hauts responsables de la Commission de l'UA et des Nations unies, est prête à être envoyée à Libreville, dès que les conditions pour une visite seront établies", a annoncé l'instance.

Avec AFP et Reuters
Mardi 6 Septembre 2016
Dakar actu



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