GRÈVE DE 72 HEURES DU SYTJUST : Le ministre et le DG de la Fonction publique tenus pour responsables

Le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) a décrété 72h de grève à compter d’hier. Ils tiennent pour uniques responsables, le ministre de la Fonction publique, Viviane Bambassy, ainsi que son Directeur général, Mouhamed Makhmout Diop. Selon eux, ces derniers ont décidé, de manière unilatérale, de changer des ac- cords et mesures arrêtés entre le Gouvernement et ledit syndicat


GRÈVE DE 72 HEURES DU SYTJUST : Le ministre et le DG de la Fonction publique tenus pour responsables
« De prime abord, le mouvement est entièrement et totalement suivi. Il y’a une paralysie totale du service de la justice et de l’exercice du pouvoir judicaire», précise d’emblée le Secrétaire général du Syndicat des travailleurs des travailleurs de la justice (SYTJUST), El Hadji Ayé Boun Malick Diop, en marge d’une conférence de presse qui s’est tenue, hier, à Dakar.
Pour lui, ceux qui sont à l’origine de leur grève de 72h, qui a commencé à compter de ce mardi, ne sont autres que Mme Viviane Bampassy, ministre de la Fonction publique, et Mouhamed Makhmout Diop, Directeur général de la Fonction publique. «Ces deux autorités ont pris sur eux la responsabilité de changer, de manière unilatérale, des accords, des mesures arrêtés entre le Gouvernement et le Syndicat des travailleurs de la justice», révèle celui qui hausse le ton en disant qu’ils sont prêts à en découdre jusqu’à l’extinction du soleil pour obtenir gain de cause.
Le SG du SYTJUST de prévenir qu’ils ne vont pas leur permettre de pourfendre des années d’efforts.
Que reproche-t-on au ministre et au DG de la Fonction publique ? Ils auraient nié, à travers la presse, des faits avérés et réfuté des reproches qui sont fondés. Revenant sur le fond du contentieux, Malick Diop explique qu’à la date du 8 août, le SYJUST a observé deux plans d’actions qui ont valu la paralysie du secteur. A la suite de cela, soutient-il, une rencontre a eu lieu entre son syndicat et le Gouvernement, représenté par quatre ministres à savoir ceux de la Fonction publique, du Travail, du Budget et enfin de la Justice.
«Après discussions, deux mesures principales ont été retenues. La première consistant à établir un Comité technique devant réfléchir sur la réparation du préjudice que le SYJUST a subi du fait d’un décret présidentiel qui avait attaqué la principale source de recettes du fond commun. La deuxième qui nous intéresse présentement, c’était la création d’un Comité technique devant ré- fléchir sur les projets de statut rédigé par le ministère de la Justice et le SYTJUST», a dit le Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la justice.

«Inutile de revoir des textes confectionnés par le ministère de la Justice»

Poursuivant, il fait remarquer que, lors de cette rencontre, Mme le ministre de la Fonction publique s’est rendu compte que le SYTJUST et le ministère de la Justice, dans le cadre de la modernisation du secteur, ont travaillé sur des projets de statuts. «Ayant su cela, a-t-il mentionné, elle (Viviane Bampassy) a sollicité l’opportunité d’étudier ces textes. A notre niveau, on lui avait dit que c’était inutile parce que ces textes sont confectionnés par le ministère de la Justice qui est le conseiller juridique du Gouvernement. Mais elle a insisté et nous lui avons accordé la latitude de regarder ces textes. C’est en ce moment qu’on a décidé de créer un Comité technique et la date de sa tenue a été choisie par la ministre elle même qui a regardé son agenda et a opté pour le 18.»
Et de préciser, dans le même sillage, que la Fonction publique avait 10 jours pour étudier ces textes. «A la date du 18, soutient-il, le syndicat a reçu ce jour même une convocation, invitant le Secrétaire général de participer au Comité technique en question. Nous avons déferré à la convocation ce jour même à la salle du ministère de la Fonction publique. C’est ce jour là même que les problèmes ont commencé», a-t-il re- levé avant d’en venir aux détails : «Le Directeur de la Fonction publique m’a appelé en aparté pour me demander de leur permettre de voir le texte en Comité restreint de la Fonction publique - parce qu’ils ont leur façon de travailler - et de leur permettre, après étude, de revenir. Je lui ré- torque qu’avec tout le respect que je vous dois, que cette rencontre n’est pas une réunion de la Fonction publique, c’est un Comité technique qui a été crée par le Gouvernement et le SYTJUST. Et que vous ne pouvez pas changer les termes de déroulement de ce Comité technique.» «Une fois dans la salle, martèle le syndicaliste, on s’est vite rendu compte qu’ils n’ont pas mis les 10 jours à profit. Et encore, ils ont demandé un délai de deux semaines pour pouvoir étudier les textes et nous donner rendez-vous. Nous leur avons accordé cela. La date du 08 septembre a été donc choisie pour tenir le deuxième Comité technique»
Le SG du SYTJUST de faire comprendre que, cette fois-ci, ils sont venus sans attendre une convocation parce que, pour eux, tout le monde était au même niveau d’information. «A notre grande surprise, nous n’avons trouvé personne dans la salle. Nos plénipotentiaires sont restés là-bas à poireauter, à faire le pied de grue pendant plus d’une heure. On s’est rendu compte que nos vis-à- vis manquaient de responsabilité et de sérieux», a-t-il fustigé. «Nous avons fait un communiqué pour avertir l’opinion publique et fustiger cette attitude. La presse l’a relayé le 9 (septembre). Encore à notre grande surprise, Mme le ministre, au soir du 9, a fait une déclaration dans un site pour dire qu’elle n’a jamais convoqué le SYTJUST», déplore toujours El Hadji Ayé Boun Malick Diop. «Et plus grave encore, souligne-t-il pour le dénoncer, son Directeur a eu l’outrecuidance de l’assister. Il y’a ce qu’on a appelle la solidarité gouvernementale mais une solidarité entend des causes justes. Si vous vous donnez un soutien mutuel dans des choses qui ne sont pas justes, ce n’est plus de la solidarité mais plutôt de la complicité.»

Le Premier ministre sera saisi

Il s’étonne également le fait que ce dernier s’est permis de dire que le Comité technique restreint qui n’était pas élargi au SYTJUST. S’ils en sont arrivés là, c’est en raison de la mauvaise posture de la Fonction publique. Depuis, ces travailleurs de la justice considèrent avoir compris qu’ils ont affaire à des novices en matière de négociations collectives, en matière de dialogue social. «Un affront de cette taille ne peut pas être accepté par une organisation syndicale qui se respecte. Si on avait en face de nous des per- sonnes rompues à la tache, on aurait pu faire l’économie de cette grève», a décrié le Secrétaire général du SYTJUST. Avant d’indiquer que ces projets de statuts représentent un grand enjeu pour les travailleurs du secteur parce que le ministère de tutelle est à l’heure de grandes reformes allant dans le sens de modernisation de la justice.
«Les travailleurs de la justice ont toujours eu un plan de carrière de mauvaise qualité. Et c’est cela qui fait, aujourd’hui, que des personnes travaillent jusqu’à la retraite et, au final, perçoivent 15000 FCfa par trimestre», s’exclame El Hadji Ayé Boun Malick Diop.
«Ce qui est regrettable, c’est le fait que ces autorités ne profitent pas des bonnes dispositions du SYTJUST à mener un dialogue social paisible», clame-t-il, rappelant au passage l’absence de mouvement d’humeur pendant 3 ans. A l’avenir, Malick Diop et Cie vont saisir le Premier ministre Mahammed Dionne pour savoir ce qu’il pense de cette situation.
Mercredi 21 Septembre 2016
Dakaractu



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