Frontière Mali/Burkina Faso : A l’image de Boko Haram au Nigéria, Ansarul Islam interdit l’enseignement occidental

Non content d’avoir infligé un revers sans précédent à l’armée burkinabè, Ibrahim Dicko, l’émir de la branche d’Ansar Dine au Burkina Faso se serait fixé un nouvel objectif : mettre un terme à l’enseignement français des deux côtés de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso.


Frontière Mali/Burkina Faso : A l’image de Boko Haram au Nigéria, Ansarul Islam interdit l’enseignement occidental
Le 16 décembre 2016, l’unité anti-terroriste de l’armée burkinabè stationnée à Nassoumbou, dans le nord-est, non loin de la frontière avec le Mali subissait une attaque sanglante. Quatre jours après, Ansarul Islam, un nouveau groupe djihadiste né au Burkina Faso, revendiquait l’assaut qui a fait au moins 12 morts dans les rangs de l’armée. Dans le communiqué de revendication, le chef de cette nouvelle franchise d’Ansar Dine au Burkina promettait de pérenniser ce genre d’actions en direction des forces armées mais aussi à l’encontre de tous ceux qui seraient tentés de collaborer avec elles. Une menace mise à exécution puisque d’anciens partisans de Malam Ibrahim Dicko, l’émir d’Ansarul Islam, ont été assassinés quelques jours seulement après la tuerie de Nassoumbou. Ils ont été accusés de dénigrer le mouvement auprès des populations locales. Qui, depuis janvier sont apeurés à l’idée d’envoyer leurs enfants à l’école. Pour cause, Ansarul Islam interdit l’enseignement occidental dans les villes longeant la frontière entre le Mali et le Burkina.

Selon nordsudjournal visité à Dakaractu, le 25 janvier dernier, des hommes armés ont fait incursion à l’école du village de Pelem-Pelem, situé dans le département de Diguel (Province de Soum) et ont demandé au directeur de fermer l’établissement scolaire sous le prétexte que l’enseignement qui y était dispensé était contraire à l’islam. Craignant pour sa sécurité, le directeur d’école s’est exécuté et trouve actuellement refuge à Djibo. Et cet exemple n’est que l’arbre qui cache la forêt. Plusieurs dizaines d’écoles des deux côtés de la frontière auraient connu le même sort. Les djihadistes n’offrent pas beaucoup d’options aux instituteurs qui, sans aucune protection des forces sécurité sont obligés de se plier à la volonté de ce Boko Haram, version burkinabè. 
Vendredi 10 Février 2017
Dakaractu




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