Foyer d’émigration et fortes potentialités : le paradoxe de Louga


Foyer d’émigration et fortes potentialités : le paradoxe de Louga
Le paradoxe de la région de Louga, avec d’une part des potentialités et d’autre part une morosité ambiante marquée par un taux de chômage élevé, surtout des jeunes qui ne rêvent que de partir en Europe, a été souligné, vendredi, à l’occasion d’un Comité régional de développement (CRD).

Cette réunion était axée sur le programme de création d’emplois dans les zones de départ de l’émigration "Tekki Fi’’ (réussir ici, en wolof) de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME), présenté par son secrétaire général, Dr Mbaye Jean Marie Diouf.

Le consultant Ibrahima Kébé relève ‘’le paradoxe d’une région présentant un potentiel énorme avec 5 régions éco-géographiques partant des Niayes au bassin arachidier en passant par le littoral, le lac de Guiers et la zone sylvo-pastorale’’.

Malheureusement, ce potentiel n’est pas exploité, selon le consultant qui donne "l’exemple patent’’ du lac de Guiers où les projets "éternellement en phase d’installation’’ tardent à donner leurs fruits en fixant les jeunes dans la zone.

Il indique qu’il pourrait dire la même chose des Niayes sur le littoral, où les jeunes ne nourrissent qu’un seul rêve : celui d’aller tenter leur chance à l’extérieur faute d’une activité viable.

Il regrette également que ‘’dans la zone sylvo-pastorale, le lait est parfois jeté alors que la facture laitière ne cesse d’alourdir la balance des paiements’’. ‘’Des structures de transformation du lait en formage seraient la solution pour éviter un tel gâchis’’, affirme-t-il.

Pour lui, il faudrait plutôt orienter ces jeunes vers les structures de formation, pour leur permettre de s’insérer durablement dans le tissu économique local.

Le premier adjoint au président du conseil départemental de Louga, Badara Samb, est allé dans le même sillage. Il a ainsi regretté ‘’l’absence de guichets de structures, comme l’ADEPME, l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (ANPEJ), etc., pour informer les jeunes sur les voies et moyens de bénéficier des fonds destinés à lutter contre le chômage.

Il invite les responsables de projets, à mettre l’accent sur la formation des jeunes, pour leur permettre d’avoir les compétences nécessaires pour diriger des entreprises. Il s’est étonné de l’absence d’accompagnement pour les jeunes disposant d’un business plan bien élaboré avec l’aide de spécialistes.

Quant au gouverneur de Louga, Alioune Badara Mbengue, qui reconnaît l’attrait de l’Europe pour les jeunes au prix de leur vie, il a affirmé que la région ne dispose que d’une seule entreprise d’envergure.

Il a salué la démarche de l’ADEPME dont l’ambition est de trouver une solution en favorisant l’érection de structures viables dirigées par des agents bien formés.
Samedi 28 Octobre 2017
Dakaractu



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