Fête de la musique au pays du ‘’Mbalax’’ : Après l’euphorie, zoom sur les références, les précurseurs et…les écueils


Fête de la musique au pays du ‘’Mbalax’’ : Après l’euphorie, zoom sur les références, les précurseurs  et…les écueils
 
Célébration au pays du « M'balax »
Au Sénégal, pays du « mbalax » où la musique est diversement appréciée, le 21 Juin est très vite devenu une date phare, qui assiste à l’euphorie de milliers de spectateurs jubilant devant les prestations gratuites de différents artistes sur les places publiques. Sur les chaines de télévision et les ondes de la radio, la fête est partout présente et célébrée avec grande générosité. Ce qui a encore été le cas hier soir, partout dans Dakar.
La musique, en particulier notre m'balax national, fait danser, voire vibrer, et crée un lien d’une extrême intensité entre l’artiste et le public qui l’adore et l’adule. Dans l’entendement populaire de ce dernier, la musique est synonyme de monde merveilleux de paillettes où ceux qui la pratiquent nagent dans le plus grand bonheur. 
 
Les nouveaux talents
Sous nos cieux, Youssou N'dour, roi incontesté du m'balax, reste l’exemple phare de la réussite musicale, avec une reconnaissance et une influence planétaires.
Au fil des années, de jeunes talents ont fait leur apparition et dans bien des cas, ont connu un succès prodigieux qui leur a ouvert les portes du devant de la scène musicale sénégalaise. Parmi ces derniers figurent en bonne place le leader de la génération consciente, Pape Diouf, Titi, Abdou Guitté Seck, Queen Biz, Adiouza, Aida Samb, Wally Ballago Seck. Le fils de Thione, par un succès particulièrement retentissant, s’est imposé dans l’arène du m'balax où il s’est dernièrement taillé le sobriquet de « phénomène de la musique sénégalaise ».
 
Ces références qu'on devrait célébrer plus souvent…
Cependant, ces quelques étoiles ou points lumineux ne sauraient réussir à cacher la vaste pénombre qui entoure la musique sénégalaise. En effet, en plus des difficultés patentes auxquels sont confrontés quotidiennement nos musiciens (le piratage, le manque d’aide et d’accès de la part de l’Etat,…),  l’on assiste chaque jour à la décadence d’artistes littéralement « enterrés vivant » et qui pourtant, ont fait les plus beaux jours de la musique sénégalaise.
Omar Pène (qui serait invalide), Ismaël Lo, Cheikh N'diguel Lô, Souleymane Faye, le Lemzo Diamono, Kiné Lam, Soda Mama Fall, Khar M'baye Madiaga, les frères Touré Kunda, Ouza, ont pour la plupart totalement disparu de la scène musicale.
Les générations passent et se remplacent, c’est la loi de la vie, nous dira peut-être Fallou Dieng, qui parle de « Momé vent », lui dont la génération est sur le point d’être mise hors-jeu par la jeune vague montante des Wally Seck et autres, qui enflamment les foules. 
Ces précurseurs que la musique ne fête pas…
Mais les malheureux de l’histoire musicale sénégalaise, ceux qu’on pourrait considérer comme les plus malchanceux, sont ceux-là aux talents multidimensionnels, qui ont bercé l’enfance de milliers de Sénégalais, ont dédié une existence entière à la musique sans en être gratifiés en retour, certains ayant fini leurs jours dans des conditions déplorables. On peut citer respectueusement N'diaga M'baye, Labah Sosseh, Seydina Insa Wade, Yandé Codou Sène, N'dèye Marie N'diaye Gawlo, Madiodio Gningue, Pape M'boup disparu récemment. La liste ne saurait être exhaustive.
Ces conditions difficiles de fin d'existence que l’artiste Aïda Samb déplore…
La musique fut atteinte jusque dans sa dignité à chaque fois que la presse fit état d’un artiste souffrant d’une maladie grave et qui n’avait aucune ressource financière pour se soigner. Et certains sont malheureusement disparus dans ces conditions de souffrance atroce sans recevoir la moindre aide, l’Etat faisant le plus souvent la sourde oreille. Aïda Samb du reste, regrette amèrement cette situation : « on voit chaque jour des chanteurs qui ont été très célèbres en leur  temps et qui ont connu des fins de vie difficiles, obligés de quémander çà et là pour se soigner…. ».
Ce triste sort est commun à de nombreux artistes, musiciens comme comédiens, qui une fois descendus de la scène, subissent les affres de coûteuses maladies.
La musique ne nourrit pas son homme, comme l’affirme Queen Biz ? On serait forcé de le croire, vu les conditions désastreuses dans lesquelles s’éteignent des voix qui ont fait intensément vibrer les mélomanes sénégalais.
Aussi, en ce jour où la musique est célébrée partout dans le monde, rendons un vibrant hommage à ces voix éteintes qui ont fait les plus beaux jours de la musique sénégalaise, avant de nous quitter dans des conditions particulièrement difficiles...
 
Dimanche 22 Juin 2014




1.Posté par DIOP le 23/06/2014 21:15
Ça c'est un article méchant sur commande. Exemple : Ismael Lo vient d'un festival au Congo et s'apprête à jouer dans un autre au Maroc, il est souvent en tournée, c'est même sûrement l'artiste sénégalais qui tourne le plus et ce doulnaliste veut "l'enterrer vivant" ! Trop de méchanceté dans ce pays.



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