Faible assurance des Africains : Le continent perd 15 milliards de dollars par an

Le 21ème forum de la réassurance africaine se tient depuis hier à Dakar. Placée sous le thème : «l’Assurance et la réassurance africaines face à de nouveaux choix stratégiques», cette rencontre est une occasion de discuter des mesures à mettre en œuvre pour le développement de ce secteur en Afrique.


Faible assurance des Africains : Le continent perd 15 milliards de dollars par an
C’est un constat : «le taux de pénétration de l’assurance en Afrique demeure très faible». Selon le président de l’Orga­ni­sation des assurances africaines (Oaa), Bachir Baddou, «rares sont les pays en Afrique qui dépassent les 3%». D’après lui, «c’est l’Afrique du Sud qui sert de locomotive au continent».
Partant d’une étude effectuée sur ce secteur, M. Baddou souligne que «11% des primes d’assurance de l’Afrique sortent du continent au lieu de profiter aux économies locales». Il explique : «Ce rapport indique que 10 à 15 milliards de dollars sortent du continent». D’où pour le président de l’Oaa, la nécessité de renforcer les capacités locales tout comme les mécanismes de coassurances qui doivent être la règle générale sur les assurances facultatives. Abon­dant dans le même sens, le ministre délégué chargé du Budget, soutient que «face à la dimension de notre assurance, une nouvelle approche doit être tenue pour faire face aux grands de ce monde».
«L’Europe et les Etats unis sont à plus d’une longueur d’avance sur nous. Nos compagnies doivent s’organiser pour avoir plus de force et avoir des sociétés qui ont une grande capacité pour  une pénétration de l’Assurance au niveau du marché africain», a-t-il indiqué. 
Pour Birama Mangara, il faut que «ces compagnies mettent en commun leur capacité à commencer par celle de leurs ressources humaines». A cela il ajoute «une bonne organisation et des données fiables sur le marché».
«Notre économie africaine en matière d’assurance perd presque 15 milliards de dollars l’année, si on ajoute à cela ce qu’on perd en matière de flux financier illicite de l’ordre de 80 milliards, c’est 100 milliards de dollars qui peuvent constituer un levier important pour le développement de nos économies. L’industrie doit constituer un important outil de financement de l’économie», a-t-il dit.
Quant au président de la Fédération des sociétés sénégalaises d’assurance il a plaidé pour l’augmentation des assurances obligatoires. D’après Gora Athie, «on ne peut pas développer le secteur des assurances sans augmenter le nombre d’assurances obligatoires».
«Aujourd’hui au Sénégal c’est l’assurance automobile qui est obligatoire, l’assurance des marchés maritimes, le code de la construction a été voté et promulgué et il fait obligation de prendre l’assurance tout risque chantier. Mais sa mise en œuvre pose problème du fait de la non-élaboration de la construction», a-t-il regretté. Outre l’assurance obligatoire, il préconise l’externalisation de la gestion de l’indemnité de fin de carrière collectée par les entreprises commerciales «auprès des compagnies d’assurance fortement réglementées».
«Il faut que des mesures allant dans le sens de l’augmentation du nombre d’assurances obligatoires soient prises, ça va permettre de collecter une épargne importante qui va permettre de financer le Plan Sénégal émergent (Pse)», a-t-il plaidé.


Le Quotidien
Mardi 4 Octobre 2016
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :