FONDS D’APPUI A L’INVESTISSEMENT DES SENEGALAIS DE L’EXTERIEUR (FAISE) : Les errements de TOUNKARA! (Alioune Badara Coulibaly)


L’histoire des civilisations c’est aussi l’histoire des migrations. L’Humanité a toujours été en mouvement et c’est la migration qui a façonné le monde que nous connaissons aujourd’hui. Elle a permis aux peuples de bénéficier des expériences venant de différentes nations. Stigmatiser la migration c’est nier cette histoire riche de l’humanité. Par conséquent, le gouvernement du Sénégal, en décidant d’encadrer, d’accompagner, de protéger mais surtout de promouvoir sa diaspora, reste en parfaite adéquation dans sa mission. Il aurait failli, s’il avait laissé cette frange assez importante de notre population (3 millions d’individus) à elle-même. M. Mamadou  Sy Tounkara s’érige en moralisateur et en donneur de leçon. Seulement son analyse de la situation est le plus souvent tronquée. Comme c’est d’ailleurs le cas avec le Fonds d’Appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur (FAISE) qui d’après lui finance les économies des pays d’accueil de nos migrants. Rien de plus faux !
Une telle affirmation dénote l’absence de recherche et affaiblie son argumentaire qui relève plus de la caractérisation et de la mauvaise foi. Il est utile aujourd’hui d’expliquer à M. Tounkara que la ligne de financement dont il fait allusion dans le deuxième paragraphe de son texte s’appelle FFD a été mise sur pied par le Président Macky Sall en 2014, après avoir fait le tour de la diaspora entre 2008 et 2012 pour constater l’incidence de la crise sur les économie de nos migrantes. Ces dernières, pour la plupart, tenancières de salon de coiffure, de couture, de restaurants…avaient du mal à garder la régularité de leurs envois d’argents au pays. C’est dans ce sens que le Financement des Femmes de la Diaspora a été institué et confié d’abord au ministère de la femme avant de changer d’ancrage pour se retrouver dans l’escarcelle du FAISE.
C’est un fonds revolving, sans intérêt et sans apport. En deux années, plus de cinq mille femmes établis un peu partout entre l’Europe, l’Afrique et le reste du monde en ont bénéficié. La satisfaction dans cette initiative reste le taux de recouvrement qui est de l’ordre de 80%. M. Tounkara qui pense que «les immigrés doivent puiser là où ils sont et venir investir chez eux » semble perdre de vue que les transferts de fonds de nos migrants dépassent 1000 milliards FCFA, donc de loin devant l’Aide Publique au Développement. Quelle couche de la population contribue mieux à l’effort national ? Notre «Censeur» pourrait peu-être nous le dire !

«Le Faise est illégal» dixit M. Tounkara. Connait-il réellement le sens du mot illégal ? Pour sa gouverne, l’illégalité renvoie à ce qui est interdit. Elle signifie tout acte ou comportement qui s'oppose à la loi ou va à son encontre, et qui n'en respecte pas la règle. Est- ce aujourd’hui le cas du FAISE ? Bien sûr que non ! Car le FAISE a été institué par le Décret n° 2008-635 du 11 juin 2008 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement.

Tounkara n’a pas tort d’affirmer que l’octroi de crédits est une activité bancaire et financière qui ne doit se faire qu’avec une licence dûment octroyée par la Banque centrale. C’est conscient de cela que le FAISE depuis sa création, s’en tient à constituer un fonds de garantie déposé dans ses banques partenaires qui à leur tour s’occupent des financements et des modalités. Il aurait simplement suffit à M. Tounkara de faire un tour à la CNCA, à la Banque Atlantique ou au Crédit mutuel pour ne pas se planter. Mais quand on a des intentions autres que constructives, on raconte souvent des inepties qui font que vous frisez le ridicule.

«Le FAISE est inefficace» affirme encore M. Tounkara. On aurait souhaité savoir l’unité de mesure lui ayant permis de déterminer cette inefficacité. En tout cas au FAISE, les faits battent en brèche son allégation. Rien que pour le FFD, en deux ans, le FAISE a soutenu cinq milles femmes sénégalaises de l’étranger, pour un taux de recouvrement de 80% sur 1,5 milliards FCFA investis. Mieux, dans un film documentaire intitulé les succes story, le FAISE dont l’activité est étendue sur tout le territoire nationale a pu constater l’impact de son action. Il a permis à des émigrés de rentrer définitivement au bercail pour développer des activités économiques pourvoyeuses d’emplois. C’est le cas du Docteur Tine, dont le cabinet dentaire situé en face du SAMU municipal a été mis sur pied grâce au concours du FAISE. L’exemple de M. Diakhaté qui exploite aujourd’hui une entreprise de transformation alimentaire à Touba est également assez éloquent. Cet homme que le FAISE a accompagné à ses débuts, fait aujourd’hui un chiffre d’affaire mensuel de 52 millions FCFA et emploie 30 personnes.

En définitive, il est utile de rappeler à M. Tounkara que la personne qui préside aux destinées du FAISE n’est certes pas un fonctionnaire au sens classique du terme. Car ayant choisi d’engager une carrière dans le privé après une maîtrise à la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.  C’est par la suite qu’elle migre pendant une quinzaine d’années aux Etats Unis pour y acquérir une expérience avérée et un diplôme supérieur en Développement international et Administration. Actuellement elle est phase de boucler un PH. D dans la même filière. Eu égard à tout ceci, le choix du chef de l’Etat se révèle d’autant plus judicieux que la personne placée à la tête du FAISE en plus d’être issue de la diaspora dispose de toutes les compétences pour mener à bien sa mission.

 
                    ALIOUNE BADARA COULIBALY
       Chargé de communication du FAISE 
Vendredi 5 Août 2016
Dakaractu




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