Euro / US Dollar : 5 bonnes raisons de ne pas acheter l’Euro


Euro / US Dollar : 5 bonnes raisons de ne pas acheter l’Euro
En dépit d’une résilience manifeste depuis le mois de décembre dernier, la monnaie unique n‘en reste pas moins menacée par un ensemble de signaux négatifs de nature à contester un équilibre qui se fragilise au fil des séances.

1-Une macroéconomie européenne médiocre
Pénalisée par le ralentissement inattendu du secteur manufacturier au mois de février, l’activité privée de l’Union monétaire recule à son plus faible niveau depuis plus d’un an. Ces chiffres confirment les mauvaises dispositions des Dix-Neuf, définitivement à la traîne par rapport au reste des économies développées.

2-L’imminence d’une nouvelle action de la BCE
Dans sa quête de stabilité des prix, l’autorité monétaire de Francfort, notamment pénalisée par la chute des cours du pétrole, reste très éloignée de ses objectifs, les prix ne progressant que de 0.4% sur un an au mois de janvier contre une cible proche de 2%. Comme Mario Draghi l’a déjà laissé entendre, la BCE pourrait ainsi de nouveau agir sur ses taux, voire augmenter le montant de ses rachats d’actifs dès sa prochaine réunion prévue le 10 mars prochain.

3-Le risque de Brexit (British Exit)
Une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne pénaliserait certes l’économie britannique mais créerait également des perturbations au-delà des frontières du pays, Londres abritant notamment l’ensemble des marchés obligataires européens. Si David Cameron, Premier ministre britannique, vient d’annoncer, après avoir obtenu satisfaction lors du dernier sommet de Bruxelles, son intention de faire campagne pour un maintien du pays dans l’UE, les rangs des partisans d’un Brexit ne désemplissent pas, y compris dans son propre camp. Les débats s’annoncent donc houleux et le risque d’un épilogue historique, que représenterait une telle rupture dans le cadre de la construction européenne, devrait planer sur l’Europe au moins jusqu’au référendum prévu le 23 juin prochain.

4-L’hypothèse d’une nouvelle hausse de taux de la FED
Depuis les récentes turbulences financières, les marchés n’anticipent plus de nouveau tour de vis monétaire outre-Atlantique en 2016, élément à l’origine du repli prononcé du Dollar. Pourtant, la Réserve Fédérale ayant entamé un cycle de normalisation fin 2015, il est peu probable qu’elle ferme les yeux sur l’excellente santé de l’Oncle Sam à cause de quelques remous en Asie ou d’une offre excédante de pétrole. Rappelons que si le diagnostic de l’économie chinoise nous semble alarmiste au vu d’un ralentissement qui se veut à la fois nécessaire et maitrisé, les chiffres américains de l’emploi et surtout de l’inflation ne plaident pas pour un statu quo durable. En janvier, les prix à la consommation hors alimentation et énergie de la première économie mondiale ont notamment progressé de +2.2% sur un an.

5-Une baisse généralisée de l’aversion au risque
Devise de financement particulièrement prisée des opérateurs en raison du faible niveau de ses taux directeurs, la monnaie unique a enfin largement profité de la dernière baisse des marchés boursiers. A l’inverse, la stabilisation des Bourses mondiales pousse désormais les investisseurs à arbitrer vers davantage de risque, dénouant ainsi leur positions longues Euro.

Graphiquement, après avoir brièvement évolué au-dessus de 1.13 au mois de février grâce à la faiblesse du billet vert, l’Euro s’appuie désormais sur une ancienne résistance devenue support à 1.1015 USD. Le seuil clé de moyen terme à 1.1474 n’a pourtant jamais été menacé alors que les fondamentaux ne nous ont pas offert suffisamment d’éléments pour imaginer que la devise européenne avait composté un billet sans retour au-delà de ses moyennes mobiles 20 et 50 jours. Une nouvelle clôture quotidienne sous 1.1015 ouvrirait donc la voie d’un repli vers 1.0793 puis 1.0569, nous offrant une excellente occasion de repasser short.
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Mardi 23 Février 2016
Dakaractu




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