Etude radicalisme : Précisions de Timbuktu Institute sur les extrapolations et interprétations des chiffres avancés dans la presse


Etude radicalisme : Précisions de Timbuktu Institute sur les extrapolations et interprétations des chiffres avancés dans la presse
Certains sites d’informations et organes de la presse écrite ont publié des chiffres sur l’opinion des jeunes sénégalais sondés à propos de "la charia au Sénégal" mais aussi du pourcentage de jeunes « prêts à s’engager » en citant le rapport de Timbuktu Institute sur les facteurs de radicalisation et la perception du terrorisme chez les jeunes de la grande banlieue de Dakar.

Des organes et sites dont les rédacteurs n’ont certainement pas bien lu le Rapport ont annoncé que notre Institut estimait le pourcentage de ceux qui pouvaient s’engager à 45% et que 54 % des jeunes étaient pour l’application de la « Charia ».  

Timbuktu Institute juge important d’apporter quelques clarifications tout en s’inscrivant en faux par rapport à de telles déclarations qui ne trouvent aucun fondement dans l’étude que nous avons réalisée et qui sera publiée intégralement très prochainement.

Dans ce rapport issue d’une étude de perception, il est simplement établi que pour 45% des jeunes interrogés âgés de 18 à 35 ans, ce sont le chômage et la pauvreté qui expliqueraient l'engagement des jeunes dans des groupes djihadistes et que 54% des sondés seraient favorables à un référendum sur l'application ou non de la charia. 


D'ailleurs nos chercheurs ont croisé cette donnée avec une autre à savoir le fait que les mêmes jeunes soient paradoxalement à plus de 80% pour la conservation du système laïc sénégalais et que plus de 90% rejettent tout engagement dans un mouvement "djihadiste".

Le croisement de ces deux données entre, d’une part, le fait d’être favorable à un référendum sur la Charia (54%) et, de l’autre, le désir de conserver le système laïc (81,7%) montre une certaine confusion dans ces termes que la plupart des jeunes ne comprend même pas.

De plus, cela révèle qu’un tel « engouement » pour la Charia, s’expliquerait non pas par une adhésion aux thèses de l’islam politique mais une certaine envie d’enracinement dans des valeurs et une identité religieuses qu’ils revendiquent pleinement.

Ce dernier tableau montre aussi, clairement, que tous les chiffres avancés sur le nombre d’éventuels engagés dans les mouvements djihadistes ne sont pas issus de notre rapport mais d’extrapolations loin des données statistiques contenues dans cette étude qui visait simplement une écoute des jeunes afin de formuler des recommandations aux autorités dans le but d’une anticipation et de la prévention des risques.

Loin de toute intention de nuire à la cohésion sociale et au climat de cohésion sociale qui caractérise le Sénégal, Institut rappelle son attachement à l’éthique et à la déontologie qui ont toujours guidé son travail dans le cadre de la recherche de la paix et de la stabilité durable de notre pays et du continent.

C’est en cela que nous déplorons les mauvaises interprétations des données scientifiques de cette étude et les orientations malveillantes que certains ont voulu donner à ce rapport inédit visant simplement à accompagner efficacement les politiques publiques de prévention contre un fléau qui n’épargne aucun pays.

Mame Seyni MBAYE
Chargée des relations publiques - Timbuktu Institute

Vendredi 14 Octobre 2016
Dakaractu



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