Escroquerie, faux et usage de faux et vol : Kalifatoulaye Coulibaly, patron de Cgse, fond en larmes et réclame 1 milliard FCfa à la Cbao

L’année 2016 débute vraiment mal pour le patron de la Cbao. Après son procès contre la société Senarh, Abdelkrim Raghni a encore été attrait, hier, devant la barre de la Cour d’appel de Dakar par Kalifatoulaye Coulibaly. Ce dernier poursuit la banque pour les faits d’escroquerie, vol et faux et usage de faux et lui réclame la somme de 1 milliard de francs Cfa. Le verdict du procès sera connu le 26 janvier prochain.


Kalifatoulaye Coulibaly, l’homme que l’ancienne sénatrice libérale avait giflé, a attrait, hier, devant la Cour d’appel de Dakar le directeur de la Cbao, Abdelkrim Raghni pour escroquerie, faux et usage de faux en écritures privées et vol. En première instance, Kalifatoulaye Coulibaly avait gagné le procès et la banque devait lui payer, en guise de dommages et intérêts, 500 millions de francs Cfa. Mais, cette somme est, selon la victime minime, comparée aux pertes subies. Car, dit-elle, la banque l’a complètement ruinée. Ainsi, Kalifatoulaye évalue sa réparation de préjudice à la somme d’un milliard de francs Cfa.

Qu’est-ce qui s’est réellement passé entre les deux parties ?

Directeur général de la Compagnie générale européenne de sécurité (Cgse), Kalifatoulaye Coulibaly était le concessionnaire exclusif des produits phytosanitaires au Sénégal de 2005 à 2009. Il gagnait la quasi-totalité des marchés. Il traitait les bassins de rétention pendant l’hivernage mais également, à chaque approche des évènements religieux tels que le Gamou et le Magal, c’est lui qui assurait la sécurité sanitaire des différentes villes saintes. Il enregistrait, selon ses dires, un bénéfice annuel de 250 millions de francs Cfa. 
C’est ainsi que, pour bien garder ses gains, il ouvre deux comptes bancaires à la Cbao : un compte courant et un compte de dépôt à terme. Ces deux comptes totalisaient un montant avoisinant les 800 millions de francs Cfa.
Quelques années plus tard, la banque lui a proposé de faire une demande de découvert. Ce qu’il avait accepté en faisant un emprunt de 30 millions de francs Cfa. Jusque-là, tout allait bien entre les deux parties. Mais, leur relation s’est détériorée à partir de 2010.
Durant toute cette année, Kalifatoulaye Coulibaly n’avait reçu aucun relevé émanant de la banque. Il a ainsi décidé de faire les états financiers de ses activités. Sur ces entrefaites, il est allé demander des relevés bancaires à la banque. Mais, grande a été surprise. Il a découvert que plusieurs comptes lui ont été ouverts à son insu. La Cbao lui a signifié qu’il n’avait rien dans ses comptes, que ses ajours dépassaient les 350 millions de francs Cfa qu’il logeait dans son compte de dépôt à terme. Pire, la banque lui signifie qu’il leur devait un montant de 69 millions de francs Cfa. Les résultats de l’expert qui a été commis ont constaté une erreur de 3,2 millions de francs Cfa en faveur de Kalifatoulaye Coulibaly.

Touché par les plaidoiries de ses avocats, Kalifatoulaye Coulibaly craque

Les avocats de la partie civile ont demandé l’infirmation de la première sentence. Demandant à la Cour de statuer à nouveau sur les intérêts civils, ils réclament 1 milliard de franc Cfa. Leurs plaidoiries ont touché les fibres sensibles de la victime qui, sans se retenir, a versé de
chaudes larmes dans la salle d’audience. Dans ses réquisitions, le maitre des poursuites a demandé la réparation des préjudices subis par la partie civile. Pour leur part, les conseils de la défense ont sollicité à la Cour de débouter la partie civile. A les en croire, si cette dernière inonde la salle de ses larmes, c’est parce qu’elle regrette d’avoir mal géré ses fonds mais non pas parce que la banque l’a ruinée. Pour eux, la Cour d’appel doit infirmer la première décision en considérant que les délits imputés à la banque ne sont pas établis. L’affaire est mise en délibéré jusqu’au 26 janvier prochain.
Mercredi 6 Janvier 2016
Dakaractu




Dans la même rubrique :