Équateur : le socialiste Lenine Moreno officiellement élu président

La présidentielle en Équateur a été remportée par le socialiste Lenine Boltaire Moreno, mais son concurrent, Guillermo Lasso, du parti de droite CREO, qui a obtenu 48,84% des voix, conteste le résultat et va demander un recomptage des voix.


Équateur : le socialiste Lenine Moreno officiellement élu président
Lenine Boltaire Moreno, le candidat soutenu par Rafael Correa, l'un des initiateurs du socialisme du XXIe siècle avec le bolivien Evo Morales et le Vénézuélien Hugo Chavez, aujourd'hui décédé, a remporté le second tour de l'élection présidentielle avec 51,16% des voix. Son rival de droite, Guillermo Lasso, conteste le résultat estimant avoir devancé son adversaire de 4 à 6 %, en s'appuyant sur un sondage sorti des urnes effectué dimanche. Il demande le recomptage de l'ensemble des bulletins.
La droite équatorienne en a appelé au secrétaire général de l'OEA (Organisation des états américain), Luis Almagro, qui examine en ce moment la situation politique plus que compliquée du Venezuela.
Le tonitruant Rafael Correa

La gauche latino-américaine se rassure. La droitisation du sous-continent n'a pas fait tomber l'Équateur du tonitruant Rafael Correa, après l'échec du candidat kirchnériste en Argentine en novembre 2015 et la destitution de Dilma Rousseff au Brésil en 2016. Selon le professeur d'Études politique du centre de recherche latino-américain Flacso, Franklin Ramirez: «Le résultat remet en question la thèse d'un virage à droite» de la région, mais un gouvernement de Lenine Moreno «sera différent de celui de Correa, même si ses opposants craignent que Correa reste actif dans l'ombre de Lenine».
La personnalité de Lenine Moreno est très différente de celle de son mentor Rafael Correa. Ce dernier a souvent été accusé d'autoritarisme et de vouloir museler la presse et l'opposition. Il a déposé de nombreuses plaintes contre des journaux d'opposition et ne craignait pas de se confronter directement avec ses détracteurs, comme il le fit de manière spectaculaire en septembre 2010 avec des policiers en grève, qu'il n'hésita pas à aller invectiver au grand dam de son service de sécurité. Il dut se réfugier dans un hôpital voisin pour ne pas recevoir un mauvais coup ou une balle.
Lenine Moreno, qui se déplace en chaise roulante depuis qu'il a été victime d'une attaque à main armée en 1998, est réputé bien plus affable et conciliateur, ce qui lui sera utile dans un pays qui s'est grandement polarisé pendant les dernières années de pouvoir de Rafael Correa. Lenine Moreno manie souvent l'humour et en a fait une philosophie de vie qu'il expose dans deux livres qu'il a écrit: Théorie et pratique de l'Humour, Être heureux est facile et drôle.
Le nouveau président équatorien hérite d'un pays que les mandats de Rafael Correa ont permis de stabiliser politiquement, après des années de chaos. Les gouvernements depuis 2007 ont réussi à investir la manne pétrolière dans des infrastructures de transports efficaces et des centres de formations et de recherches d'un bon niveau. L'administration a été modernisée et le fonctionnement des institutions grandement amélioré. Mais le modèle s'est quelque peu essoufflé et les conséquences de la baisse des prix du pétrole ont montré que Rafael Correa n'avait pas réussi à affranchir son pays de sa dépendance à l'or noir.
Succéder à Rafael Correa pourrait s'avérer compliqué, car «Lenine Moreno n'a pas le leadership ni les capacités pour faire avancer le processus de Révolution citoyenne», explique le politologue Simon Pachano. «Moreno sera confronté à deux défis (…) un fort discrédit (du corréisme) et une situation économique de vaches maigres», a analysé pour l'AFP le politologue Estaban Nicholls.Lenine Boltaire Moreno, le candidat soutenu par Rafael Correa, l'un des initiateurs du socialisme du XXIe siècle avec le bolivien Evo Morales et le Vénézuélien Hugo Chavez, aujourd'hui décédé, a remporté le second tour de l'élection présidentielle avec 51,16% des voix. Son rival de droite, Guillermo Lasso, conteste le résultat estimant avoir devancé son adversaire de 4 à 6 %, en s'appuyant sur un sondage sorti des urnes effectué dimanche. Il demande le recomptage de l'ensemble des bulletins.
La droite équatorienne en a appelé au secrétaire général de l'OEA (Organisation des états américain), Luis Almagro, qui examine en ce moment la situation politique plus que compliquée du Venezuela.
Le tonitruant Rafael Correa

La gauche latino-américaine se rassure. La droitisation du sous-continent n'a pas fait tomber l'Équateur du tonitruant Rafael Correa, après l'échec du candidat kirchnériste en Argentine en novembre 2015 et la destitution de Dilma Rousseff au Brésil en 2016. Selon le professeur d'Études politique du centre de recherche latino-américain Flacso, Franklin Ramirez: «Le résultat remet en question la thèse d'un virage à droite» de la région, mais un gouvernement de Lenine Moreno «sera différent de celui de Correa, même si ses opposants craignent que Correa reste actif dans l'ombre de Lenine».
La personnalité de Lenine Moreno est très différente de celle de son mentor Rafael Correa. Ce dernier a souvent été accusé d'autoritarisme et de vouloir museler la presse et l'opposition. Il a déposé de nombreuses plaintes contre des journaux d'opposition et ne craignait pas de se confronter directement avec ses détracteurs, comme il le fit de manière spectaculaire en septembre 2010 avec des policiers en grève, qu'il n'hésita pas à aller invectiver au grand dam de son service de sécurité. Il dut se réfugier dans un hôpital voisin pour ne pas recevoir un mauvais coup ou une balle.
Lenine Moreno, qui se déplace en chaise roulante depuis qu'il a été victime d'une attaque à main armée en 1998, est réputé bien plus affable et conciliateur, ce qui lui sera utile dans un pays qui s'est grandement polarisé pendant les dernières années de pouvoir de Rafael Correa. Lenine Moreno manie souvent l'humour et en a fait une philosophie de vie qu'il expose dans deux livres qu'il a écrit: Théorie et pratique de l'Humour, Être heureux est facile et drôle.
Le nouveau président équatorien hérite d'un pays que les mandats de Rafael Correa ont permis de stabiliser politiquement, après des années de chaos. Les gouvernements depuis 2007 ont réussi à investir la manne pétrolière dans des infrastructures de transports efficaces et des centres de formations et de recherches d'un bon niveau. L'administration a été modernisée et le fonctionnement des institutions grandement amélioré. Mais le modèle s'est quelque peu essoufflé et les conséquences de la baisse des prix du pétrole ont montré que Rafael Correa n'avait pas réussi à affranchir son pays de sa dépendance à l'or noir.
Succéder à Rafael Correa pourrait s'avérer compliqué, car «Lenine Moreno n'a pas le leadership ni les capacités pour faire avancer le processus de Révolution citoyenne», explique le politologue Simon Pachano. «Moreno sera confronté à deux défis (…) un fort discrédit (du corréisme) et une situation économique de vaches maigres», a analysé pour l'AFP le politologue Estaban Nicholls.
Mardi 4 Avril 2017
Dakaractu




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