Entretien avec le Directeur de la Petite enfance sur leurs grands défis et enjeux: « Quand l’enfant rate un bon départ, il peut manquer d’être un bon adulte » dixit Abdoul Aziz Ndiaye.

En juillet 2012, Abdoul Aziz Ndiaye, un professeur d’Enseignement a été porté à la Direction de la Petite enfance, du Ministère de la Femme, de l’Enfance et de l’Entreprenariat féminin. Que visait le gouvernement à travers sa nomination ? Le porteur d’une vision de crèches communautaires pour des localités ciblées, a-t-il les moyens de ses ambitions. Pourquoi des crèches communautaires ? Seront-elles gratuites à l’image des écoles publiques ? Ces projets sont-ils viables ? A ces questions et à bien d’autres de Dakarctu, le Directeur de la Petite enfance a répondu sans détour, révélant au passage un projet de réglementation des crèches privées et…des opportunités insoupçonnées de créations d’emplois.


Entretien avec le Directeur de la Petite enfance sur leurs grands défis et enjeux: « Quand l’enfant rate un bon départ, il peut manquer d’être un bon adulte » dixit Abdoul Aziz Ndiaye.
DAKARACTU M. Ndiaye peut-on savoir les objectifs et missions assignés à la Direction de la Petite enfance que vous dirigez ?

La Direction de la Petite enfance a été créée par décret en 2011, à la même époque de la création du ministère de la femme et de la petite enfance. Lorsque nous avons pris les rênes de cette direction, nous nous sommes surtout focalisés sur la tranche d’âge de 0 à 3 ans. Parce que nous avons constaté à notre arrivée que la petite enfance en son sein ne prenait pas cette catégorie en charge. C’est la raison pour laquelle nous avons développé un ensemble de stratégies qui va dans ce sens.
Parmi ces stratégies, on peut souligner un programme de crèches communautaires qui en soi est une nouveauté. Nous sommes là aussi pour apporter une prise en charge holistique et intégrée, suivant une approche communautaire inclusive, en y associant la communauté. Les crèches communautaires seront gérées en étroite collaboration avec les communautés, mais nous allons développer en leur sein une approche d’éducation parentale, en renforçant leurs capacités.
Nous nous devons de veiller aux droits fondamentaux des tout-petits. La Direction doit aussi veiller aux normes et qualités des services qui sont destinés par les acteurs publics et privés aux enfants. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il aura la réglementation des structures de prise en charge de la petite enfance. Car comme vous pouvez le constater, il y a beaucoup de structures de prise en charge de la petite enfance, mais surtout au niveau du privé où il y a de nombreuses crèches. Mais on n’en sait pas encore le nombre.
C’est d’ailleurs pour moi l’occasion de lancer un appel pressant à ceux qui gèrent ces structures privées pour qu’ils se rapprochent de nous, la Direction de la petite enfance. Pour qu’on puisse les répertorier, examiner les conditions dans lesquelles ils évoluent. C’est d’ailleurs le pourquoi du projet de réglementations des crèches privées, car il y a une définition des standards de prise en charge des enfants de 0 à 6 ans.

Là vous nous permettez d’entrer dans le volet sensibilisation et vulgarisation. Car en ciblant cette tranche d’âge, vous ciblez forcément les parents. Comment vous êtes-vous rapprochés d’eux ?

Nous avons mené plusieurs visites en ce sens. Pour accueillir les crèches expérimentales 2013-2014, nous avons ciblé 4 régions en plus de Dakar. Pour cette dernière, nous avons visé Sébikotane et Bambilor. Avant la construction des crèches, nous avions mené plusieurs visites à Sébikotane. Nous avions pu rencontrer les ‘’Badjénou Gookh’’, chefs de quartier et autorités municipales, pour les sensibiliser et discuter avec eux sur l’importance d’une crèche communautaire. Dans ces localités, les femmes sont souvent dans travaux divers et c’est visible sur la route nationale 2. Demain, si ces femmes ont des enfants en bas âge, elles peuvent les confier à la crèche communautaire. Ce sera un soulagement pour elles, elles pourront accroitre leur rendement.

Peut-on savoir le nombre de ces structures que vous projetez de créer et les zones ciblées ?

Pour cette première phase 2013-2014, nous en avons prévu 6. Les deux seront à Dakar, les 4 autres réparties entre Matam, Tambacounda, Saint Louis et Kaolack. Ce n’est pas un choix gratuit car dans les zones comme l’ile à Morphil (Ndjiguilogne) avec ses rizières, Sibassor (Kaolack) qui est près d’une usine de trituration d’arachides, à Fanaar proche l’Université, nous permettrons aux femmes de vaquer à leur occupation en toute quiétude, tout en fondant les bases d’une bonne éducation. Même les étudiantes et enseignantes qui sont mères pourront suivre les cours ou enseigner correctement.

Est-ce qu’elles seront gratuites à l’image des écoles publiques ou payantes comme les crèches privées ? La petite enfance étant assez sensible, comment comptez-vous prendre en charge les besoins de ces enfants qui, par exemple, ne sont pas encore sevrés ?

D’abord, disons que vue la modestie de la participation, nous pouvons dire presque que c’est gratuit. Elle ne dépassera pas 5000 frs CFA par mois pour un enfant, alors que c’est toute une prise en charge qui l’accompagne. Pour contourner les difficultés, nous avons des stratégies selon les zones. Et même pour certaines localités, il peut y avoir des tarifs préférentiels, suivant la moyenne des revenus.
Ensuite dans notre stratégie de fonctionnement, nous prenons en charge les besoins nutritionnels, éducatifs et sanitaires. Même les enfants qui sont nés avec des handicaps nous les avons pris en compte dans nos projections. L’alimentation étant un besoin nutritionnel, même les enfants à besoins spécifiques seront pris en charge. Car dans le cas des crèches communautaires ce n’est pas une prise en charge éducative seulement. Il y a le volet nutritionnel avec son budget, pour l’achat de produits laitiers, de farine améliorée, etc.
C’est pourquoi nous comptons installer des moulins dans les crèches communautaires et dans le cadre de la participation inclusive, il y aura du travail pour les femmes. Cela dépendant des zones, on pourra transformer le mil, le fonio et les céréales locales. Ce sera une occasion offerte aux femmes qui pourront s’activer, une partie des produits transformés ou l’argent issus de ce travail ira à la crèche communautaire, une autre partie aux groupements de femmes ou à la communauté. Les femmes seront donc plus productives.
On peut même dire qu’en termes de travail et de création d’emploi c’est une innovation. Il ya aura des emplois salariés au nombre 5 par communauté, sans compter les emplois annexes. Car on va travailler avec des groupements de femmes dans certaines localités, pour le ravitaillement en matières premières.

La sensibilité de cette tranche d’âge (entre 0 et 3 ans) est un autre défi. Avez-vous un personnel qualifié ou des personnes formées dans
ces exercices qui les attendent ?


Merci pour cette question qui est pertinente. Nous y avons songé et dans le cadre de l’approche inclusive, nous recruterons un personnel communautaire, choisi par la communauté hôte, elle-même. Elle saura les profils les mieux indiqués. Si nous prenons le cas de Ndjiguilogne, il appartiendra à ses populations de dégager à travers un choix, de proposer les personnes les plus aptes à la tâche. Ce sera un personnel d’appoint, car en réalité le personnel qualifié sera affecté dans chaque communauté. C’est notre tutelle le ministère de la femme, qui va demander au ministère de l’enseignement ou de la formation professionnelle de nous choisir le personnel.
Toujours dans ce cadre, nous avons eu un partenariat avec une institution qui se trouve au Canada. Une université qui est déjà disposée à nous envoyer trois experts en éducation pour l’enfant, pour former les formateurs au Sénégal. Ces experts vont séjourner jusqu’au 17 janvier 2014 au Sénégal. Il est prévu des séances de partage, d’information et d’éducation des formateurs relais. Une fois ces experts retournés au Canada, les formateurs locaux vont prendre le relais pour former à leur tour les personnes qui vont prendre en mains l’éducation des enfants.
Le personnel sera capacité avec des renforcements périodiques, des séminaires sont prévus. On enverra des équipes de formateurs dans ces structures. Car il y a un gap à combler, car il y a du personnel spécialisé dans telle ou telle branche de la petite enfance, mais à ma connaissance, il n’existe pas encore de personnel formé dans la pluriculture. Nous allons le rectifier.

Cela nous ramène à la question des moyens. Qu’en est-il de votre budget de fonctionnement et autres moyens ?

Il y a le budget alloué par l’Etat. Il y est prévu la construction, l’équipement des crèches. Il y a une ligne réservée au paiement du personnel subalterne, c'est-à-dire communautaire. Le personnel fonctionnaire affecté dans ces crèches sera pris en charge par l’Etat, le personnel subalterne sera payé par la Direction de la petite enfance à partir de cette ligne qui est dans le budget consolidé d’investissement.

Entre la Direction de la case des tout-petits et celle de la petite enfance, un profane peut s’y perdre. Est-ce qu’il y a une ligne de démarcation entre vos deux structures ?

Disons qu’à l’origine, nous avons presque les mêmes cibles, parce que c’est la petite enfance que nous voulons toucher. Mais vous
constaterez que la case des tout-petits, ne prend en charge que la tranche d’âge comprise entre 3 et 6 ans. Elle ne touche pas celle sise en 0 et 3 ans. Vous ne verrez pas dans ces structures des bébés. Mais en réalité, la petite enfance est une question globale. Or, une seule structure ne peut pas la prendre en charge. L’enfant est un être fragile, à qui il faut donner beaucoup de possibilités, d’opportunités. C’est pour lui permettre d’avoir un bon départ dans la vie. Quand on rate ce départ, on peur manquer d’être un bon adulte.

Il y a aussi les réalités socioculturelles. Avez-vous rencontré des problèmes dans les zones ciblées ? Quels les obstacles et difficultés que vous croisez ?

Nous avons rencontré les populations et en majorité, elles ont adhéré à ce projet. Durant ces échanges, une dame nous a expliqué qu’elle prenait en charge trois enfants, qui sont des enfants d’enseignantes. L’arrivée de la crèche sera un soulagement pour elle, a-t-elle expliqué. Dans de nombreuses localités, après concertations avec les associations de femmes et autres, il n’y a pas eu d’incompréhension, elles ont adhéré au projet.
J’avoue que l’une de ces principales difficultés est un problème de logistique. C’est une nouvelle direction. Nous sommes appelés à bouger souvent, mais malheureusement nous avons un problème de matériel roulant. Nous sommes obligés de louer du matériel, des 4x4, donc des dépenses et des pertes de temps.
L’autre difficulté est l’incompréhension du concept pour ceux qui nous prennent pour des hôpitaux. C’est ce qui nous est arrivé à Bambilor, où on croyait qu’il s’agissait de régler des problèmes de prématurés. Dans ce domaine des crèches communautaires, des pays comme la Lybie sont très avancés avec plus de 200 crèches publiques. Tandis que d’autres pays africains en sont à un stade embryonnaire.

Nous revenons sur une question que vous avez abordé toute à l’heure. Quelles seront demain vos relations avec les crèches privées ?

L’Etat ne peut pas prendre à lui tout seul la question de la petite enfance. Il faut qu’il ait des initiatives privées pour se joindre à son action. C’est dans ce cadre que nous devons collaborer avec les structures privées. Nous devons leur apporter un appui conseil. Mais nous devons aussi avoir un droit de regard sur les crèches privées, comme l’Education nationale sur les écoles privées. Nous comptons aller dans le sens de la répertorialisation des crèches, pouponnières et autres. Nous avons de prérogatives étatiques qui peuvent nous permettre même de fermer celles qui ne respectent certaines normes.
Mais justement pour consolider cette noble vision pour cette enfance, avez-vous songé à des partenariats avec des organismes par exemple ?
C’est justement ce que je voulais souligner un peu avant. Dans ce domaine nous avons eu des échanges très poussés avec l’ambassade du Brésil qui est une référence avérée dans ce domaine. Ils ont noté beaucoup de réussites dans ce domaine, avec notamment avec communautés rurales qui prennent en charge les crèches communautaires. Ils nous ont assurés leur volonté de partager leurs expériences avec nous. L’UNICEF aussi est un partenaire stratégique sur qui nous comptons beaucoup. Il y a un d’ailleurs en ce sens un programme d’éducation parentale
Avec la coopération turque, nous avons des projets
Lundi 16 Décembre 2013
Dakaractu




1.Posté par jet set massage le 16/12/2013 10:50
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