Entretien avec Me Youm « Les voix discordantes, c’est une crise de croissance… Karim même si c’est 1 franc…c’est bien d’avoir des mandats courts car… »


Entretien avec Me Youm « Les voix discordantes, c’est une crise de croissance… Karim même si c’est 1 franc…c’est bien d’avoir des mandats courts car… »
Décrocher Me Oumar Youm, le Ministre de l’aménagement du territoire et des collectivités locales, avec son agenda, n’a pas été chose facile pour Dakaractu. C’est pourquoi, pour nos lecteurs, sur toute l’actualité du moment, nous ne nous sommes pas gênés. De l’acte 3 de la décentralisation, puis le conseil des ministres décentralisé qui annonçait souvent des milliers de milliards, puis l’APR tiraillée entre le besoin de massification et le respect du gentleman-agreement avec les partis alliés, les voix discordantes qui se font entendre dans leur parti, Dakaractu a ratissé large. Car nous n’avons occulté ni la loi Sada Ndiaye dont a été victime Macky qui pourtant tarde à effacer cette injustice de l’Assemblée, sans oublier le cas Karim qui (de plus de 600 annoncés à 99 milliards Fcfa aujourd’hui) semble être une vraie patate chaude entre leurs mains… Bonne dégustation

Dakaractu vous remercie d’avance pour cet entretien, mais pour nos lecteurs, pouvez-vous nous dire en quelques mots qui est Me Oumar Youm ?
Me Youm : Je voudrais d’abord vous remercier de cet intérêt. C’est très difficile de se présenter. On est éduqué pour être humble et modeste.
Je suis un Sénégalais, qui a 45 ans d’âge, marié et père de 4 enfants. Je suis avocat de profession avec 19 ans d’expérience dans le domaine. Associé dans un cabinet d’avocat d’affaires, j’ai une orientation de compétence dans le droit des affaires, droit bancaire, droit des garanties bancaires et le droit de recouvrement de créances commerciales.
Sur le plan politique, je suis militant de l’Apr qui milite à Mbour et ma base est à Thiadiaye. Je suis membre du directoire du parti Apr et actuellement je suis ministre de l’aménagement du territoire et des collectivités locales.

Maitre l’actualité du moment c’est l’acte 3 de la décentralisation. Qu’est ce qui va changer, quels bénéfices vont en tirer les populations locales ?
D’abord ce qu’il faut dire, c’est que c’est une réforme qui a été annoncée dans le programme « Yonu Yokkute » par le président la République. Une fois au pouvoir, il a déclaré le 07 Juin 2012 dans le cadre d’un conseil des ministres décentralisé, l’évaluation et le diagnostic de la politique de décentralisation au Sénégal. Sur la base de cela, il a lancé le 19 Mars 2013, la réforme dénommée acte III de la décentralisation.
C’est une réforme majeure dans notre programme. C’est une réforme qui est fondée sur la vécue du président de la République en tant que Maire. Il a été maire pendant 10 ans, mais aussi sur son expérience et sa compétence en tant qu’homme d’Etat. Car il a été ministre de l’intérieur en charge de la décentralisation pendant 3 ans avant d’être Premier ministre. C'est sur la base de ça qu’il a lancé cette reforme majeure adossée à une vision de transformer le Sénégal, je le cite « en un territoire viable, compétitif et porteur de développement durable à l’horizon 2022 ».
Cette réforme a 4 objectifs principaux :
_ D’abord la simplification de notre architecture gouvernance locale : Faut préciser à ce niveau que nous avions eu deux ordres de collectivités : les communes et les communautés rurales
Alors la réforme va entrainer la communalisation intégrale, c'est-à-dire que les communautés rurales vont disparaitre et les collectivités locales, vont devenir des communes. Donc a l’échelle de proximité, il n y aura qu’une seule collectivité, dénommée commune. Ça va permettre une lisibilité de l’architecture de gouvernance locale.
_ Puis les communautés rurales auront le statut de collectivité locale. Comme ça, y aura plus de visibilité et d’enjeu dans le secteur. Y aura aussi plus de motivation et d’attraction que les communautés rurales.
Ça va permettre aussi d’harmoniser notre architecture par rapport à la sous région car nous sommes les seuls à avoir des communautés rurales. Nous pourrons accéder à la coopération avec beaucoup plus d’efficacité à la coopération internationale notamment à la coopération décentralisée.
_ Ensuite moderniser les relations entre l’Etat et les collectivités locales, surtout les relations financières. On est en train de faire une étude approfondie sur le financement des collectivités locales. Il y aura aussi la répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités locales. C'est-à-dire que la réforme va engager de nouvelles compétences au profit des collectivités locales
_Et enfin la promotion de la gouvernance territoriale. On s’est rendu compte qu’il y a 14 régions au Sénégal mais toutes les régions ne sont pas viables. On va donc profiter de cette réformer pour instituer des mécanismes de regroupement interdépartemental ou interrégional pour des bassins ou des ensemble territoriaux assez forts et capables de porter les projets de développement à l’échelle régionale. Ça va faciliter la territorialisation de politique publique.
Sur le terrain, le résultat va être une communalisation intégrale motivée par les objectifs précités, la départementalisation, ça veut dire que les départements vont être érigés en collectivités locales. Comme ça on aura une échelle intermédiaire entre les communes et les régions. Y aura aussi le maintien à l’état actuel des régions dans l’optique de les rassembler dans un grand projet d’entente régionale.
Et pour finir, les populations vont s’impliquer dans la gouvernance locale et les collectivités locales vont avoir accès au financement avec les nouvelles méthodes établies telles que les emprunts, la possibilité d’aller sur le marché sous-régional pour relever le défi de développement.
Alors en gros, cette réforme très importante dans l’agenda de la République est destinée pour emprunter les termes du président de la République : « à décentraliser l’Etat, tout en étant un Etat fort garant de la cohésion nationale ».
L’Eta va de plus en plus et de manière graduelle se décharger de beaucoup de compétence dans les collectivités locales pour justement se recentrer sur ses missions essentielles sur les grandes infrastructures, sur les défenses, sur les réformes économiques etc.
Justement le conseil des ministres décentralisé annonçait souvent des milliards pour les régions hôtes. Aujourd’hui, si on parlait de suivi-évaluation, où en sommes nous ?
N’étant pas le ministre des finances, cela peut être une question un peu difficile à répondre. Mais je sais qu’en tant qu’acteur du conseil des ministres, cette question est prise en charge avec beaucoup de volonté de la part du chef de l’Etat. Récemment d’ailleurs, le programme biennal d’investissement prioritaire a été adopté pour environ 3,500 milliards de nos francs. Ce programme va prendre en compte les besoins exprimés et recensés à la base par les populations. Une volonté ferme de l’Etat visant à faire face à cette demande a été engagée. Et les dépenses faites sur les équipements et sur les infrastructures peuvent en être des exemples précis.
Et nous aussi, au niveau de ce ministère, nous avons un programme sur les pistes communautaires que nous développons avec les bailleurs de fonds et des partenaires techniques et financiers. Pour dire que ces demandes ont été prises en charge de manière très sérieuse par le gouvernement. Il reste juste à les mettre en œuvre, mais comme vous le savez entre le recensement, les traitements et les mises en pratique il faut quand même un peu de temps pour ça. Mais je suis sûr que tout cela sera fait avant la fin du mandat du président de la République.

La décentralisation est liée (à tort ou à raison) aux locales. Comment s’en sort l’APR tiraillée entre le besoin de massification et le respect du gentleman-agreement avec les partis alliés ?
L’Apr est un parti qui continue sa massification il faut le dire. Je ne sais pas si c’est handicap ou un avantage, car nous avons pris le pouvoir alors qu’on n’avait pas fini de nous organiser et de nous structurer. C’est peut être une faiblesse dans l’analyse politique, mais ça peut aussi être une force parce que nous sommes dans une dynamique de massification et d’organisation. Nous sommes en train de nous massifier pour permettre au président de la République d’avoir une base politique solide qui lui doit loyauté et fidélité tout en étant ouverte sur les autres partis. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous œuvrons inlassablement aux renforcements et à la consolidation des acquis politiques qui nous ont été donnés par la coalition Benno Bokk Yaakar. Je pense qu’il faut allier les deux dynamiques qui ne sont pas incompatibles car la massification de notre parti n’est pas une opposition de Benno Bokk Yaakar.
Mais y a une problématique qui surgit tout le temps, ce sont les ambitions personnelles des uns et des autres appartenant à différents appareils politiques, qui sont la composition de la coalition. Il faudrait qu’on essaie de voir cela avec beaucoup de sérénité et de lucidité pour que les locales ne soient pas une occasion d’implosion de Benno Bokk Yaakar. Car le président a besoin d’un socle politique solide, réceptacle de son action gouvernementale pour lui permettre de la relayer et de la vulgariser. Il y a des risques, faudrait qu’on en soit conscient et qu’on essaie d’apporter le meilleur traitement possible aux risques qui vont surgir ça et là.
Souvent, des voix discordantes se font entendre, comme des fois les tirs sur Mme Aminata Touré où Moustapha Diakhaté, Mme Mbacke la députée qui voulait créer son groupe parlementaire. Et la discipline du parti dans tout cela ?
C’est une question qui est très pertinente. Je pense que c’est la dynamique des partis qui évoluent. C’est une crise de croissance. Je crois que c’est parce que le parti a des hommes et des femmes de fortes personnalités et de grandes ambitions. C’est le choc des ambitions qui fait que cela a eu lieu, même je reconnais que cela peut dérailler sur le terrain par de la critique facile ou des frustrations mal contenues. Il nous appartient de gérer cela calmement car dans un parti nous n’avons pas besoin d’une police, nous avons juste besoin d’une instance de régulation pour discuter, échanger, tempérer les ardeurs et expliquer pour gérer les frustrations.
Mme le Premier ministre, Aminata Touré tout le monde lui reconnait une certaine personnalité et une ambition orientée vers le succès de notre parti et de notre président. Alors il peut y avoir des frustrations qu’elle est appelée à gérer, mais aussi que le parti est appelé à gérer. Et je pense qu’elle est à la hauteur car elle est activement impliquée pour ramener la sérénité au sein de l’Assemblée nationale particulièrement au niveau du groupe parlementaire. Les députés se sont exprimés et ils ont été reçus par le président de la République et il y a eu des échanges positifs et constructifs. Je pense que maintenant tout cela est derrière nous depuis la DPG car depuis on constate un parti Apr revitalisé, parce que réconcilié avec le programme Yonnu Yokkute, ce qui constitue un nouveau départ. Un départ porteur d’espoir.

Victime d’une injustice due à la loi Sada Ndiaye, pourquoi le président Macky tarde-t-il à faire abroger cette loi, d’autant plus que ceux qui l’avaient votée sont aujourd’hui minoritaires ?

Sur ce sujet, je crois qu’il y a eu une manipulation de la loi dans le but d’éjecter le Président d’alors de l’Assemblée nationale, M. Macky Sall. Pour moi, cette loi n’est pas mauvaise même si on est parti de 5 ans pour ramener le mandat à 1 an avec comme objectif de faire partir une personne. Je pense après on est obligé d’évaluer entre ce qui est fait durant le mandat et ce qui a été fait avant.
Sur le plan juridique, je ne suis pas gêné que le mandat soit de 1 an ou 5ans, car dans le contexte où nous sommes avec une majorité dans une alliance plurielle, c’est bien que dans le jeu des équilibres qu’on ait des leviers permettant le meilleur équilibre possible au sein de l’alliance majoritaire.
Sur le plan démocratique, c’est bien d’avoir des mandats courts pour pouvoir restituer à l’Assemblée nationale et aux députés qui la composent, la possibilité de contrôle et d’évaluation sur le Président à de courtes périodes plutôt que d’élire un président pour 5ans sans possibilité de revoir son travail. Car il faut donner la possibilité à ceux qui élisent de pouvoir rectifier, de contrôler et de sanctionner. Mais comme il y a une commission d’instruction qui réfléchit sur le sujet, laissons-leur la possibilité de tirer les conclusions nécessaires pour le bien de tous. Nous sommes des militants d’une assemblée nationale forte contre pouvoir de l’exécutif dans une entente d’interaction, d’échanges au grand profit des intérêts du Sénégal.

A part sa parole donnée, quels actes le président Macky élu pour 7 ans, a-t-il posé pouvant aider à comprendre sa réelle volonté de ramener ce mandat à 5 ans ?

Les actes qui ont été posés sont dans ses discours de tous les jours. A chaque fois que l’occasion lui a été présentée pour se prononcer là-dessus, il l’a fait avec beaucoup de volonté et de fermeté. Mais au niveau international il l’a dit. Je me rappelle, il l’a annoncé au président français, il l’a déclaré lors les sommets et il l’a dit à l’opinion nationale et internationale. Dons je pense que c’est suffisant comme gage pour montrer sa volonté de respecter sa parole. Maintenant, entre lui et son parti, il y a des réglages à faire et ça je crois le moment venu il le fera, car le Président c’est quelqu’un qui ne parle pas beaucoup mais qui travaille comme pas possible.

Me Youm consulté, pressenti comme ministre de la Justice, puis à la surprise générale, c’est quelqu’un qui ramait à contre-courant des dossiers comme l’homosexualité, cas Habré, le cas Karim qui est choisi. Comment comprendre ce revirement ?

Il n’y a jamais eu de revirement. Il y a eu juste des spéculations des médias qui ne savent pas ce qui a été prévu au sommet de l’Etat. Alors on ne peut pas ne pas spéculer dans ces moments car on a vu Me Youm avocat, impliqué dans l’affaire Karim Wade et on a très vite tiré des conclusions.
Mais ça n’a jamais été une position officielle, en tout cas je n’ai jamais été notifié la volonté de me mettre au ministère de la justice. J’ai été consulté pour le poste que j’occupe actuellement.


Le cas Karim semble être une vraie patate chaude pour le régime. De plus 600 milliards FCFA, on parle aujourd’hui de 99 milliards. Est-ce qu’on n’est pas allé trop vite en besogne ?

Même si c’était 1 franc, ça en valait la peine parce que nous sommes dans une dynamique de bonne gouvernance fondée sur la redevabilité et la préservation des biens publics. Alors même si c’était 1 franc ça serait grave de laisser passer dans un pays comme le notre qui manque énormément de choses et qui doit gérer les biens publics avec beaucoup plus de détermination pour dissuader ceux qui sont tentés d’en abuser. Maintenant, 600 milliards ou 99 milliards c’est juste des évaluations provisoires. C’est un dossier qui est en cours et les juges qui sont compétents de le gérer sont en train de faire leur travail, et certainement le moment venu, ils vont s’entourer des meilleures expertises possibles pour faire une évaluation correcte.
Pour le reste je pense que même si c’était 99 milliards ce n’est pas une somme à négliger.

Sur un autre registre, quelles sont les mesures qui ont été prises par le gouvernement pour régler une bonne fois le problème des inondations ?
Sur la question des inondations, il a y un plan décennal qui a été engagé sur la base d’un diagnostic qui n’a jamais été fait. Pour la première fois, il y a un vrai diagnostic sur les inondations et des solutions structurantes ont été engagées. Avant, c’était juste le pompage des eaux, des hydrcureurs qui venaient pomper et partir en oubliant qu’en réalité le problème ce n’est pas les pluies mais les nappes phréatiques qui étaient inondées par l’absence de pompage au moment voulu et beaucoup de forages de Dakar qui ont été infectés. Aujourd’hui le problème est identifié et des solutions novatrices ont été engagées. Vous-même vous pouvez voir que beaucoup de zones qui étaient des zones inondables comme Ouest-foire ou Dalifort etc, qui ont bénéficié du plan d’urgence, n’ont pas connu beaucoup de problèmes au grand bonheur des habitants. Même s’il y a des choses à faire, je crois que le plan décennal va tout prendre en charge pour des investissements nécessaires afin que les inondations ne soient de mauvais souvenirs.

On a vu le président sortir pour exiger que le gouvernement accélère le processus d’emploi des jeunes. Qu’en est-il ?

Vous savez, le programme de Yonnu Yokkuté est établi sur 3 axes majeurs.
_Le monde rural : développer le monde rural, améliorer leurs conditions avec les équipements, les infrastructures, le désenclavement, les pistes communautaires etc… ce que l’acte III de la décentralisation va prendre en charge.
_Les femmes avec l’aide apportée aux femmes dans leurs projets. Promouvoir les crédits pour les femmes et les assister etc
_ La jeunesse qui est l’une des principales préoccupations du chef de l’Etat. Et avec cet accord signé de 18 milliards il y aura des améliorations.
Le président veut baisser considérablement le taux du chômage dans les proportions les plus petites. Là, les processus ont été engagés et moi-même au niveau de mon ministère, nous avons un programme national de gestion des ordures. Ce programme, qui est empêché d’être déclenché par le code des marchés d’ici 1 an et demi mais une fois lancé, il permettra d’embaucher plus de 15 000 jeunes. Sans compter le programme prioritaire de propreté (PPP), que nous allons engager dans moins de deux mois pour le nettoiement des grandes villes, notamment les 7 régions concernées. Le programme établi sur 2 ans va générer plus de 2000 emplois sans compter les retombées économiques et sociales. Pour vous dire que chaque ministère a un programme qui va générer des emplois pour les jeunes. Juste qu’il faut de la patience pour établir tout cela et mettre de l’ordre pour le bonheur de tout le monde.
Je pense tout les programmes autour du ministère des infrastructures et du désenclavement, le ministère en charge de la décentralisation, le ministère de la fonction publique, le ministère de la femme, le ministère de la jeunesse vont permettre de répondre pas totalement au chômage des jeunes mais cela peut être un début de réponse assez significatif au profit de la jeunesse du Sénégal.

Tout comme Wade en fin de règne ou mandat, Macky est aujourd’hui desservi par un contexte mondial toujours difficile. Si vous aviez un message à lancer aux Sénégalais quel serait-il ?

Mon message sera axé sur deux angles :
D’abord il faut de la confiance parce que je crois qu’il n’y a pas meilleure référentielle d’un jugement que la sincérité d’une volonté. Aujourd’hui, personne ne peut douter de la sincérité du président Macky Sall de venir à bout des difficultés des Sénégalais, de redresser les finances publiques, d’apporter une touche nouvelle dans l’efficience des dépenses publiques, de lutter contre toute forme de gaspillage et d’instaurer un Etat avec une gestion sobre et vertueuse. Depuis presque 16 mois qu’il est au pouvoir avec son régime, il faut lui reconnaitre que les scandales qu’on avait l’habitude de voir toutes les semaines, ont totalement disparu. Ça veut dire qu’il y a une nouvelle manière de gérer, une nouvelle manière d’effectuer la dépense publique, un nouveau comportement des dirigeants et ça, c’est très important. Cette manière réconcilie les dirigeants à la population. Alors ne serait ce que cette confiance, les Sénégalais doivent confiants à la volonté du président Macky Sall de venir à bout des nombreuses difficultés que rencontrent la population sénégalaise. Tout en reconnaissant les limites de notre Etat qui est un Etat jeune, qui a trouvé le pays dans une situation extrêmement difficile après 12 années de gestion catastrophique des finances publiques. Mais notre pays commence à reprendre l’image qu’on lui connaissait d’un Etat dynamique, sérieux et engagé sur les grandes questions internationales.
Je pense que l’association du président dans les sommets internationaux, le rôle qu’il a joué dans le Nepad, le sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de l’UEMOA et la CEDEAO montre que le Sénégal est en train de reprendre sa place de leader dans la sous-région mais aussi à l’international.
Ensuite, il faut de la patience parce qu’on ne peut pas en 2 ans faire du Sénégal un pays développé avec 0 chômage, alors il faut de la patience. Construire, ça nécessite de la patience. Même pour construire une maison, il faut un temps pour tout réaliser à plus forte raison la construction d’Etat dont l’image a été totalement écornée. Alors qu’on soit patient, que la jeunesse soit patiente car je sais qu’elle est au cœur des préoccupations du Chef de l’Etat. La preuve, on a signé y a pas longtemps un accord de 18 milliards pour financer des projets des jeunes et des femmes est une illustration de la volonté du chef de l’Etat de réduire le taux de chômage.
Nous avons une bonne équipe, une volonté et un homme qui a toujours manifesté son désir d’apporter les solutions les plus efficaces aux nombreuses difficultés.
Il faut de la patience et de la confiance en se disant l’impossible n’est pas sénégalais, l’impossible n’est pas Macky Sall, l’impossible n’est pas APR .

Dimanche 3 Novembre 2013




1.Posté par Lat Soucabe MBOW le 03/11/2013 10:05
L'acte 3 de la decentralisation me plairait bien, si on le justifiait moins par les poncifs servis a longueur de semaine par les soit disants experts censes convaincre l'opinion sur la pertinence de cette reforme de l'Etat.

La transformation des communautes rurales en communes n'est qu'un changement de denomination. Il est fort peu probable d'assister a une reduction de leurs competences ou a une modification de fond de leur assiette territoriale. Sauf a vouloir instaurer un mouvement de fronde dans les campagnes. De meme, la reforme ne va pas par miracle faire des zones rurales des lieux urbanises. Certes des statisticiens de salon, voulant faire l'impasse sur les faits empiriques pourraient par simplisme creer une causalite directe entre le changement du statut administratif d'une localite rurale et celui du profil de ses activites dont depend en realite le caractere rural ou urbain. Une population dont les 80% sont des agriculteurs, des eleveurs et des pecheurs ne devient pas subitement pas urbaine parce que le statut de son territoire a change' en passant de la communaute rurale a la commune. La commune rurale existe dans tous les pays du monde, mais elle ne doit pas etre confondue avec la ville qui possede une autre identite sociale et renvoie a d'autres determinants economiques.

Si le Departement correspond aujourd'hui a une circonscription electorale, il est politiquement logique de l'eriger en collectivite territoriale quand bien meme cette consecration puisse soulever sociologiquement et historiquement la question de sa legitimation. Il ne manquera pas non plus de se poser l'epineuse question de la delimitation du champ de competences de cette invention territoriale par rapport aux autres collectivites existantes, notamment par rapport a la region, ainsi que le sujet subsidiaire de la mise en coherence de l'ensemble du dispositif decentralise avec la portion centrale de l'Etat.

La reforme remporterait sans doute l'adhesion unanime si elle etait chevillee de maniere plus explicite a la volonte de territorialisation de l'action publique exprimee par le gouvernement en place depuis mars 2012. Si on voulait la resumer, cette politique revient a accelerer la lutte contre la pauvrete et les inegalites incompatible avec les logiques descendantes en vigueur depuis tres longtemps en matiere de definition des priorites et d'allocation des ressources financieres publiques.

La reforme doit fournir l'occasion de territorialiser le processus de developpement economique et social. Dans les territoires, il y a suffisamment de tetes pensantes pour identifier les problemes locaux de developpement, les classer selon un ordre de priorite et de les inscrire avec l'aide des services deconcentres dans un dispositif multi-echelle et selon un schema de coherence operationnelle et inter-territoriale. La viabilite de ce projet depend fortement de la maniere dont l'Etat va en assurer la logique de financement. Lorsque l'on dit l'Etat, il s'agit d'abord des departements ministeriels les plus concernes par les competences transferees aux territoires qui vont de plus en plus cooperer avec les acteurs locaux du developpement.

Selon quelles modalites avec des moyens budgetaires operer la rupture ? C'est de la reponse a cette interrogation que depend dans la plus large mesure la reussite de l'acte 3 et in fine la politique de developpement territorialise'. Va-t-on continuer avec le saupoudrage des moyens budgetaires disponibles ou susciter leur concentration autour de themes strategiques et de cadres geographiques definis ? S'agira-t-il d'un systeme d'allocation de ressources fonde' exclusivement sur la justice distributive ou sur la contractualisation entre l'Etat central et les territoires ? Le mecanisme de financement sera-t-il prevu pour encourager la solidarite entre les territoires ou pour stimuler leur emulation en fonction des avantages comparatifs des uns et des autres eu egard aux defis d'une mondialisation qui interpelle tous les territoires ?

A l'evidence, l'acte 3 est moins simple qu'il ne parait. A ce titre l'Etat doit se donner le temps et les moyens d'une rigoureuse preparation et optimiser les chances de la reussite ulterieure de ce projet auquel sa philosophie (reformulee) doit par nature assurer une certaine historicite.

2.Posté par Xeme le 03/11/2013 10:52
Même si c'est 1 F. Il descend encore plus bas que le milliard.
Quant à la loi Sada Ndiaye qu'il trouve bonne, Macky lui même disait n'avoir pas convoqué Karim, mais avoir, seulement, avaliser une convocation de Mamadou Seck.
La loi Sada était faite pour mettre une institution (le président de l'assemblée) sous le pouvoir d'une autre institution (le président de la république). Il ne faut pas oublier qu'on est dans un régime présidentiel. Et il serait impossible de faire efficacement vivre ce régime avec un président de l'assemblée assurer de rester au pouvoir, même contre la volonté du président de la république, et d'avoir son mandat qui court alors que le mandat du président est remis en jeu pour des élections à cause du calendrier électoral. Toute personne honnête verra clairement que la loi Sada Ndiaye visait à affaiblir une institution par rapport à une autre. Et c'est cette raison principale qui lui vaut son maintien par celui là dont le mensonge répété veut qu'il soit victime de la même loi. Macky a beau répéter et faire répéter sa confiance à Moustapha Niass, la vérité est et reste que s'il avait confiance à lui, il aurait supprimé la loi Sada Ndiaye.

3.Posté par SAGOL le 03/11/2013 12:18
Machalla;il est pertinent.


4.Posté par AVocat le 04/11/2013 12:15
vraiment je veux savoir la différence entre décaler et reporter apé-riens?



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