Entretien avec Mame Goor Djazaka « Le ministère de la culture n’a aucune utilité et devrait même être supprimé »

Avec sa sincérité légendaire, le « baye fall » de la musique sénégalaise s’est prononcé sur Dakaractu, à l’occasion de la fête de la musique, sur leur profession, leur environnement. Et c’est avec des mots crus qu’il dresse une autre lecture de la musique sénégalaise, de ses réalités à ses difficultés.


Entretien avec Mame Goor Djazaka « Le ministère de la culture n’a aucune utilité et devrait même être supprimé »
 
 
Dakaractu : Pouvez-vous revenir un peu sur ce qui vous a poussé vers la musique, vos motivations ?
Mame Goor Djazaka : La musique c’est d’abord une passion pour moi, et puis je suis né dans une famille à majorité de chanteurs (Khar M'baye Madiaga, Soda Mama Fall, feu N'dongo Lo…). Mon amour pour la musique date de longtemps.
Comment jugez-vous la musique sénégalaise actuelle ?
Je trouve que ça va, parce qu’on voit différents styles sur le marché, les uns préfèrent le mbalax, les autres la salsa, le hip hop ou le reggae. Et puis sur le plan international, les artistes sont bien visibles à travers leurs prestations, le Sénégal est bien représenté. Sur ce côté tout va bien. Les artistes voyagent partout, prenons le cas de Wally Seck, Carlou D,…
Et quelles difficultés vous pouvez relever dans le milieu ?
De nos jours les artistes indexent la piraterie comme le principal mal qui gangrène le milieu, mais il faut aussi dire qu’avec l’avancement de la technologie, les albums ne se vendent vraiment plus, avec les téléchargements et tout… Seuls les proches et amis achètent nos CD. Le BSDA aussi doit redoubler d’effort, bien qu’il y ait de bonnes réalisations à son effectif. Parce que certains artistes reçoivent la somme deux millions comme droits d’auteur, tandis que d’autres ne perçoivent presque rien. Les recouvrements doivent donc être bien revus. Il y a aussi un comité de gestion collectif qui doit être mis en place, ses membres ont été élus mais le gouvernement tarde à se manifester pour le démarrage effectif. Quant au ministère de la culture, il n’aide pas vraiment les artistes, quand on a des contrats à l’étranger par exemple, on a tous les problèmes du monde pour obtenir une signature.
Donc selon vous, l’aide de l’Etat n’est pas vraiment complète ?
Pour moi, l’Etat n’a même encore rien fait pour les musiciens. La politique du nouveau gouvernement n’est pas du tout adéquate, surtout concernant le domaine de la culture, les musiciens ne sont pas du tout aidés. Par exemple concernant les élections locales, les politiques utilisent les chansons de certains artistes pour leur propagande et meetings, et pourtant aucun droit d’auteur n’est versé à cette occasion. Et puis la seule grande salle du Sénégal, en l’occurrence le Grand Théâtre national, a été offert par le gouvernement chinois au Sénégal, donc il doit être accessible aux artistes, qu’on nous le loue à 1,5 millions FCFA par exemple, parce que les 5 millions 900 FCFA c’est vraiment exorbitant ; l’Etat de la Chine a offert cette salle aux artistes Sénégalais. Et à travers Dakaractu, on prie le Président Sall de veiller à la réalisation de ce vœu.
La musique nourrit-elle son homme ?
Non, la musique ne nourrit pas son homme; par rapport à l’étranger les musiciens Sénégalais sont sous payés. La plupart des musiciens amassent de l’argent de leurs « guéér » lors des spectacles. On ne produit même plus d’album, que des singles. Si vous remarquez bien même le dernier album de Youssou N'dour ne contient que quatre morceaux. Parce que les nombreux morceaux n’ont aucune d’utilité, les gens n’y écoutent qu’une petite partie. Donc seuls les spectacles nous permettent d’avoir quelques gains. Il faut aussi dire que les taxes sont surélevées, quand on organise des spectacles, le gouvernement prélève 45 pour cent des gains.
Et qu’en est-il de votre ministère de tutelle ?
Le ministère de la culture n’a aucune utilité, le gouvernement devrait même le supprimer franchement. Ces derniers temps j’avais besoin d’une signature du ministère pour un contrat à l’étranger, mais c’était tout un problème pour l’obtenir. J’ai la chance de pouvoir voyager partout dans le monde, mais y en a d’autres qui ne peuvent pas se déplacer à cause de ces défaillances au ministère ; le ministère de la culture n’a vraiment aucune utilité.
Quels sont vos projets immédiats
Je prépare des tournées à l’étranger, mon anniversaire et aussi un album sur lequel je suis en train de travailler, deux singles en sont même déjà sortis. J’attends la fin du ramadan pour la sortie de l’album. Et il faut préciser qu’on ne produit des albums que pour les fans, parce qu’il n’y a vraiment aucun gain.
 Un mot sur la fête de la musique ?
Le ministère devrait organiser des plateaux à Rufisque, Gorée, Dakar, Kaolack, Saint-Louis entre autres, parce qu’il dispose du budget nécessaire et les seuls plateaux de divertissement lors de le fête de la musique, sont l’œuvre de privés tels Orange. Un fonds devrait même être alloué à cette cause.

Vendredi 20 Juin 2014




1.Posté par Sama Xalaat le 21/06/2014 10:09
Vous croyez que la culture ce n'est que Lutte Musique Danse

2.Posté par Isa le 22/06/2014 10:50
Monsieur Mame goor
1) le ministère de la culture n'est pas seulement pour les chanteurs
2 )il n'est pas non plus un service de visa ou mafia pour faire voyager les artistes
Votre obsession c'est le grand théâtre mais faudrait avoir les moyens pour s'y produire c'est fini l'époque de la gratuitite

Très cher mame goor si le ministère n'est d'aucune utilité lol je pense à vs REk tek ki wo Dara ci deuk bi!

3.Posté par iba sy le 22/06/2014 11:39
N'importe ki se proclame artiste. Ce quidam était manager d'un groupe de rap. Aprés avoir été renvoyé et plusieurs années de chomage, il s'est lancé dans le tassou et se dit meilleur chanteur du pays !



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