Entretien avec Maître M'baye Jacques Diop : « Je ne ferai campagne pour personne, ni contre personne »

C’est un maître Mbaye Jacques Diop très en forme, malgré le poids de l’âge, que nous avons trouvé à son domicile familial de Mérina. L’ancien président du CRAES, en bon patriarche, a bien voulu répondre à nos questions relatives à l’actualité. Et cela à bâtons rompus.


Entretien avec Maître M'baye Jacques Diop : « Je ne ferai campagne pour personne, ni contre personne »

Maître Mbaye Jacques  Diop, pouvez-vous nous parler de vos relations avec l’actuel maire de Rufisque Badara Mamaya Sène ?

Mamaya Sène, nous avons une relation particulière. C’est un jeune frère là où les autres sont des neveux et des nièces. Nous avons Mamaya et moi, depuis les années 80, collaboré politiquement. On a eu des incompréhensions, une incompréhension majeure. Mais, il est venu me voir pour s'excuser et m’a demandé de reprendre avec lui, les relations que nous avions par le passé. J’ai donc estimé devoir pardonner et au plan humain, nous avons repris nos relations. Au plan politique, quelques éléments du PPC sont aujourd’hui sur les listes de Mamaya, en coalition. Je n’y vois pas d’inconvénient, mais je ne ferai campagne pour personne. Ni pour, ni contre qui que ce soit.

Comment voyez-vous  la gestion actuelle de la ville ? 

La ville est trop sale, la ville est trop encombrée. Vous savez, dans les années 60, au début de l’indépendance, Mamadou Dia et Senghor, surtout Mamadou Dia, parlaient à l’époque, de mettre fin aux encombrements humains. Vous voyez ce que c’est l’encombrement humain ? Autrement dit, des hommes qui encombrent d’autres hommes.
Mais aujourd’hui, la ville de Rufisque a perdu son âme. Allez au centre ville, vous ne pourrez ni marcher, ni conduire un véhicule. Non seulement elle est sale mais aujourd’hui, la topographie laisse à désirer. Il faut reprendre tout cela et ne pas ensuite oublier le problème du littoral. Avec l'acte 3 de la Décentralisation, il y aura des compétences qui seront transférées aux communes et à la ville. Il faudra donc voir ainsi quelles sont les compétences transférées à la ville et celles concédées à la ville, pour pouvoir agir auprès du gouvernement. Il faut arriver à reprendre cette ville de manière courageuse. 
Je ne vais jeter la pierre à qui que se soit. Mon rôle aujourd’hui, dépasse un tel chemin ou un tel scénario. Mais on peut faire mieux et on doit faire mieux. C’est pourquoi je lance un appel à tous les candidats, aux 56 listes de Rufisque pour qu’après la compétition du 29 Juin, quelle que soit l’équipe ou les équipes qui auront gagné, qu’elles sachent que seules, elles ne peuvent pas tout faire. Et que les équipes qui auront perdu, sachent qu’il faut qu’elles soient mises à contribution. Il y a beaucoup à faire, il y a beaucoup de défis à relever.

Pensez-vous que ces candidats psoient capables de changer le visage de Rufisque ?

Je ne vois franchement aujourd’hui pas de programme. Je n’ai pas vu, je n’ai pas senti, je n’ai pas ouï dire un programme cohérent de développement de la ville ou de développement des trois communes de demain. Est-ce qu’on a conscience que nous allons vers un schéma tout à fait nouveau : trois communes d’arrondissement sur le périmètre de Rufisque, avec une ville. Ça va être quelque chose de difficile. Je ne sens pas la conscience citoyenne qui doit amener les gens à faire des programmes citoyens. Je ne l’ai pas senti et je ne l’ai pas vu aussi. C’est pourquoi tout cela appelle de notre part une invite à aller plus en avant dans la recherche de programmes, après les élections, capables d’assurer le développement de Rufisque dans un département qui va changer fondamentalement. 
Il faudra aujourd’hui une nouvelle planification, prévoir un autre plan et ça, il nous revient à nous tous d’y réfléchir. Il faut savoir que nous avons des enfants et des petits enfants. Comment ils vont vivre dans vingt, voire trente ans ? Cela est important et il faut avoir un esprit de prospective. J'interpelle les uns et les autres à plus de conscience citoyenne, à plus d’ardeur et d’audace pour que notre département change. 

Quelle est votre avis sur la pléthore de listes, mais aussi sur la violence qui est en train d’émailler la campagne ? 

En 1964, pendant la grande commune de Dakar, à l’époque, vous me direz, c’était presque le parti unique parce qu’il n’y avait que l’Ups en ce moment-là. Et de 64 à 74, il y a eu presque une seule liste. C'est à partir de 74 et 76 que le Pds s’est présenté. Mais, il y avait plus de contact avec les populations que ce que vous voyez maintenant.
Il y a maintenant des caravanes, mais à l’époque, il y avait aussi des caravanes, certes pas de grande envergure. On privilégiait les réunions de quartier, les rencontres avec les segments de la société. Je vois qu’aujourd’hui on fait du porte-à-porte, nous aussi on en faisait. Mais, la manière dont on le fait aujourd’hui, n’est pas très probante.
Aujourd’hui, il y a la violence qu’il faut combattre vigoureusement. Je dis que la violence n’est pas une arme. On dit que c’est l’arme des faibles. Mais enfin, quoi qu’il en soit, chercher les suffrages de ses concitoyens ne doit pas conduire à faire de la violence.

Rufisque ne risque-t-elle pas de mourir d’une belle mort avec le nouveau pôle urbain de Diamniadio ?

Tuer est un mot fort. Mais en tout cas, personne ne prend conscience de ce que vous dites et qui est vrai. Autant on penche maintenant du côté de Diamniadio, autant on va y faire de grands investissements, lui construire des infrastructures, ce qui se fera au détriment de Rufisque. Si on ne fait pas la part des choses, si on ne cherche pas à voir, par rapport à ce qui va être fait à Diamniadio, à Sébikotane et par rapport à ce qui sera en adéquation avec Rufisque qui va changer totalement de visage, on ne peut plus rester en l’état. Il faut avoir maintenant une autre conscience des difficultés ou des défauts que les populations qui croissent de manière exponentielle ont créés. Aujourd’hui, on est 400.000 habitants et on n’a pas préparé des habitacles ou des réceptacles pour ces gens là. 
 Le département de Rufisque va changer même si Diass est à mi-chemin entre Rufisque et Pout, et Diamniadio fait partie du département de Rufisque. Diamniadio va connaître des bouleversements écologiques parce va s'édifier sur ce petit bout de terre, pas une seule ville, mais d’autres villes et tout cela nous interpelle...
Mercredi 25 Juin 2014




1.Posté par tarif le 26/06/2014 09:56
IL EST INADMISSIBLE DANS UN PAYS AUSSI PAUVRE QU'ON OCTROIE DES SOMMES SUPPLEMENTAIRES A DES GES QUI SONT DEJA TRES BIEN. MONSIEUR LE PRESIDENT IL FAUT TRES ATTENTION AVEC CES GENRES DE LOBBIES QUI VOUS FONT PRENDRE DES MESURES IMPOPULAIRES. IL FAUT AUSSI MES MESURES PAR RAPPORT A CERTAINS DIRECTEURS GENERAUX QUI NE VOUS RENDENT PAS SERVICE.COMME CELUI DE LA SENELEC IL NE DIT JAMAIS LA VEREITE ET AUTRES .MONSIEUR LE PRESIDENT POUR CERTAINS POSTES DE DIRECTEURS GENERAUX IL FAUT FAIRE APPEL A CANDIDATURE ET PRENDRE DE VRAIS PATRIOTES.

2.Posté par BOY BARGNY le 26/06/2014 16:19
MAR DIOUF DÉGAGE !!!!!! ENFIN PLUS QUE QUELQUES HEURES !!! BON DÉBARRAS!!!!!

3.Posté par Atypico le 26/06/2014 19:34
M'baye Jacques Diop ne veut se fâcher avec personne, alors qu'il y a quelques moins il offrait sans réserve ses services et son soutien à Macky! Il a depuis compris que l'APR et BBY ne sont plus en phase avec les populations. Et là où le courage politique exigerait qu'il soutienne ou le président ou une des listes alternatives, il déclare ne soutenir personne et n'avoir vu aucune liste citoyenne. Décidément La politique politicienne rend sourd et aveugle ou couard !

4.Posté par Momar KANDJI le 28/06/2014 19:25
Ce porteur de pancartes qui ne porte pas de cheveux blancs, insolite non !!!

5.Posté par mimi le 28/06/2014 23:17
Tant mieux



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