Entre la gestion de la Senelec et affaires : Sam toujours dans la ligne de mire de ses frères de parti.


Entre la gestion de la Senelec et affaires : Sam toujours dans la ligne de mire de ses frères de parti.
Rien ne les lie plus, à part la fidélité à Wade. Et cette dernière ne semble plus suffire pour assurer une solidarité entre ces «frères» à la rivalité prononcée, prêts à s’embrasser à l’étouffement. Comme si leurs rivalités les conduisaient sur une autoroute sans fin. Samuel Sarr a le blues. Bien que la tabaski soit déjà passée, il est convaincu que certains de ses «frères en Abdoulaye Wade» ne verraient pas d’un mauvais œil qu’il serve de mouton pour un sacrifice à retardement, pour… un retour de pèlerinage sans doute. Ainsi, que son nom soit toujours mis en avant dans les enquêtes de la Cellule nationale de traitement de l’information financière (Centif), et surtout sur celles qui portent sur le cas de l’entreprise Myna Distri­bution, de pape Aly Guèye, lui donne le sentiment d’être dans la ligne de mire de ses collègues Karim Wade, Abdoulaye Diop, et de leur «supplétif» Ngouda Fall Kane, le directeur de cette structure, qui se seraient donné pour mission de le faire tomber. Mais pour montrer sa détermination à faire face, l’ancien ministre de l’Energie vient d’envoyer une sommation interpellatrice au directeur de la Centif.

A partir des confidences faites à certains de ses proches, on apprend que l’ancien ministre de l’Energie estime que la Centif, qui l’avait mis en cause dans un rapport pour blanchiment d’argent, sur des transactions qu’il avait faites avec un cambiste à Dakar, M. Demba Hamel Sy, veut faire de l’acharnement à son endroit, et il pense que cela n’est pas gratuit. Et pour lui, cette guerre larvée qui est menée contre lui, est dirigée par des personnes très proches du Palais présidentiel.

La Centif instrumentalisée ?
Il rappelle que le Parquet avait ouvert une information judicaire sur la base du rapport du Centif, et demandé son inculpation. Mais le doyen des juges avait estimé que l’opération réalisée par M. Sarr, qui avait échangé pour 113 millions de francs Cfa de devises avec le cambiste Demba Hamel Sy, réglé par un chèque tiré de son compte, avait toutes les marques de transparence, et l’action avait abouti à un non-lieu. Néanmoins, cela n’a pas empêché que ses «amis» soient passés par la bande, pour tenter de le faire inculper pour fraude fiscale et fraude douanière. Fort heureusement, pour lui, le Parquet a estimé que l’on ne pouvait poursuivre la même personne sur la base d’un dossier qui avait déjà fait l’objet d’une instruction.
Cela n’a pas empêché que les services douaniers lui infligent une amende de 10 millions de francs Cfa, qu’il dit avoir réglée sans problème.
Mais celui qui se présente comme un «wadiste éternel», assure qu’il ne se laissera pas mener à l’abattoir sans réagir, malgré la puissance de ceux qui, dans l’entourage du Président, le combattent plus ou moins ouvertement.

Pour donner une indication d’où viennent les coups qui cherchent à l’abattre, ses proches soulignent que, dès son arrivée à la tête du département de l’Energie, Karim Wade a cherché à démontrer que Samuel Sarr n’avait rien fait. «Même les audits payés à coups de millions auprès des cabinets européens, n’avaient pour objectif que de salir le prédécesseur de Karim à ce poste-là», affirment des gens qui fréquentent les deux protagonistes. Les fameux audits, affirment ces personnes, n’avaient pas apporté d’information ni fait de constat qui n’avait été fait depuis l’époque de Samuel Sarr. Mais, il fallait justifier les milliards de francs Cfa que Karim Wade allait demander pour son Plan Takkal.

La confiance du Président
Les avanies n’avaient d’ailleurs pas commencé là. Combien de fois, souligne-t-on auprès de Samuel, Karim Wade ne l’a pas exposé en demandant publiquement que des secteurs du pays soient placés hors délestage, tout en sachant que les gens au sein de la Senelec faisaient de leur mieux ? Cette version ne peut mieux s’illustrer que par l’épisode de Chicago, il y a deux ans, quand le Président Wade avait déclaré à Samuel Sarr, alors ministre de l’Energie, devant Karim Wade, Aminata Niane, et d’autres caciques du gouvernement : «Tout le monde dans cette salle, m’a demandé de te destituer, mais je sais que tu fais de ton mieux, et je souhaite que tu reste.»
Cette confiance du Président Wade a pendant longtemps été pour Samuel Sarr, son seul viatique. Il assure que c’est à la base de cette confiance qu’il a commencé à travailler avec Pape Aly Guèye, le patron de Myna Distribution. Samuel Sarr a avoué à ses amis que Pape Aly Guèye, qui est présenté à l’opinion comme son ami, lui a été présenté par le Président Wade qui, lui-même, a connu le personnage à travers Mbakiyou Faye, le fameux promoteur immobilier dont le nom apparaît en lettres d’or dans la transaction qui a conduit à la construction du monument de la Renaissance africaine.

Et Samuel Sarr a souligné à ses proches que c’est le Président Wade qui lui a demandé par écrit, bien entendu, de confier le marché de l’électrification de 800 villages à Pape Aly Guèye. Ce projet qui concernait un million et demi d’individus était l’un des plus importants et était piloté par la Senelec, parce qu’il concernait plus de un million et demi de personnes. Mais la confiance aveugle n’écarte pas la prudence. Samuel Sarr assure aujourd’hui que sur des nombreuses instructions présidentielles, il demandait des documents écrits. Et pour la majorité de ces documents, il a fait des copies qui sont conservées en lieu sûr, connu de lui seul et des personnes de confiance.
Une manière de montrer que si son parent Karim Wade veut le conduire à l’abattoir, le couteau du boucher ne risque pas de faire sauter seulement la tête que tout le monde imagine.
( LE QUOTIDIEN )
Jeudi 17 Novembre 2011




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