Enfin, le Temps du Devoir est arrivé. (Amadou Fall)


Enfin, le Temps du Devoir est arrivé. (Amadou Fall)
« Taaw bu baax day aar tay yiir baay ak léep lu soqqeqoo, lu sossoo mbaa mu taq ci baay »
Le discours à la Nation de Wade « l’omnipotent » du 31 Décembre 2011 est extrêmement instructif. Pas du point de vue du contenu, encore moins de la forme. Le contenu ne déroge pas à la posture de Shéhérazade* : dire des contes, encore des contes, toujours des contes…pour échapper à la mort. Les trouvailles cette fois – ci, c’est Koumbi Saleh*l’antique et fantastique Capitale de l’Empire du Ghana et les trains ultra rapides sans chauffeur !!!
La forme –quant à elle – est simplement indigne d’un Président de la République (du décideur central du pays de Senghor et de Cheikh Anta Diop) entouré nous dit – on de spécialistes de la communication et d’hommes de valeurs du point de vue littéraire. Le discours avait l’air d’un ramassis de copier-coller, sans aucune cohérence ni élégance stylistique. Qui disait que notre Gorgui National et International était caboté par des minables, des médiocres, des séniles et des incultes ?
Le charme du discours se trouve plutôt dans le discoureur lui-même. Il a révélé, à ceux qui doutaient encore, que la sénescence est inexorable en lui. N’en déplaise aux blasphémateurs qui l’assimilent à un malaaka* indestructible, indéracinable et incontournable. Ce qui se donnait à lire dans son discours de fin d’année, c’est tout juste un homme qui déclare (en nous appelant silencieusement et entre les lignes) : « Regardez moi bien ! Je suis un homme usé… Je n’en peux plus ! Au secours ! »
Pourquoi Wade veut-il continuer alors ? Pour son fils très probablement… Ce fils qui n’était pas encore Sénégalais en 2000 - citoyen Sénégalais je veux dire – a tout obtenu par la volonté de son père biologique. Aucun Sénégalais n’a été aussi responsabilisé, aussi chanté, aussi courtisé, aussi protégé… Il a géré des milliards et des milliards et par centaine(s) sans qu’aucune structure n’osât le contrôler…. Il a fait la pluie et le beau temps sans que Personne ne lui entrave le chemin. Il est devenu soudainement balèze de ses responsabilités au sommet de la hiérarchie bestiale du Pouvoir Wadien* sans que personne n’ose élever la voix sur ce qu’il fait, ce qu’il complote, ce qu’il tripatouille et/ ou sur ce qu’il dit sur la marche de l’Etat et du PDS.
Alors le temps du devoir est arrivé pour ce dernier. Son père ayant fait tout ce qui était en son pouvoir pour le mettre au trône, il est temps pour lui (Karim Meissa, prince parmi les garmi*et les samba lingeer*) pour qu’il montre - un tout petit peu - qu’il sait ce signifient les mots « dignité », « honneur » et « reconnaissance ». A sa place, un homme digne, qui aime son père comme il se doit et qui mesure l’étendue de la responsabilité d’un fils envers son géniteur, aurait fait une déclaration publique en ces termes : « mon père n’en peut plus. Il aura fait de son mieux pour le Pays. J’assume ici et maintenant les erreurs de ma famille et suis prêt à payer jusqu’au moindre centime ».
Il est largement temps pour lui de pour faire le Devoir inaliénable d’un Fils digne et responsable ! On sait que le Temps - bien que denrée mesurable - est autonome donc, incontrôlable car sachant amèrement trahir. Surtout ceux qui remettent (par ladrerie, par pusillanimité ou par désaffection) les choses importantes à plus tard. Saisir le Temps ne signifie point Prendre son Temps car entre les deux allégations, il y a un fossé que l’on mesure par l’exigence insistante de la promptitude de décision, de la décision salutaire qui doit Prévenir plus qu’elle ne doit Sauver. « Fagaru moo gën faju » nous dit avec philosophie le Wolof.
Même s’il faut aller en prison en prenant un billet simple pour Rebeuss ou mourir, Karim le beau doit montrer qu’il est un homme, qu’il est le « taaw » de Sa majesté, qu’il est l’homme (mooy takk tubëy) de la fratrie wadienne. Tout simplement un Homme ! Faire des enfants n’est pas une mince affaire parce que Tous (même s’ils le désirent) ne les font pas justement. On les fait – avec l’aide de Dieu – pas pour brimer, pas pour narguer encore moins pour indisposer ses contemporains mais plutôt pour se faire un paravent, un pieu solde où reposer dignement une fois que nos forces commencent inexorablement à défaillir. Dans l’histoire, la belle histoire de notre belle Nation, combien de fils ont lavé l’affront fait à leur père ? Ailleurs, Soundiata a plié les MANDINGS – Soumangourou Kanté en premier – pour laver la souillure faite à son père ; Don Diégo dans le CID fut massacré par un gendre* partagé par le douloureux choix entre les sentiments sublime de l’amour qu’il éprouve pour sa fille à lui et le devoir criard et muet de laver l’affront subi par son géniteur par ses mains maladroites. Partout et de tous les temps, des hommes ont sacrifié leur vie, leur fortune pour protéger leurs parents maltraités ou à qui on a manqué de respect. L’expression aveugle de l’amour d’un père ne saurait jamais autoriser à un fils honnête et responsable le soin de rester insensible à son sort pour son seul intérêt personnel (l’aléatoire succession à la Togolaise ou à la Gabonaise qui ne viendra jamais). Oui, Wade père est simplement victime de son amour immense pour ses enfants ; principalement de son amour aveugle pour le Prince choyé à l’extrême. Il hypothèque le fruit de toute une vie faite de combats, de frustrations, de sacrifices douloureux et de conquêtes pour un fils qui ne le lui rend pas assez. Tout le monde est conscient que son père est pris en otage par des caciques, des barons maffieux et des comploteurs (qui peuplent le PDS et ses dépendances) hors catégorie au risque de mettre le feu au pays. Qui ne dit Rien, Consent nous dit l’adage : serait-il au centre du complot parricide ? Seraient-ils de cette horde de Tripatouilleurs qui s’accrochent tous éhontément au Pouvoir pour des intérets crypto personnels – égoïstes et sectaires - en poussant Wade au suicide politique et puis, notre Pirogue Nationale en eaux troubles. Pour ma part, je sais que les hommes peuvent entrer auréolés de gloire dans le train de l’histoire comme ils peuvent en ressortir encrassés à jamais. Dis, Karim mu rafet*, ne vois-tu pas qu’il suffise que Madiba toussote pour que toute la Nation arc-en-ciel (toute la Nation Noire avec) tressaute et pâlit : il (Mandéla) est entré divinement dans l’histoire et y est resté digne et sublime par son sens aigu du Partage et du Renoncement ! Et c’est justement ce que Tous les Républicains de ce pays veulent pour Wade. Il a été merveilleux pendant 26 ans dans l’opposition au service de la démocratisation de notre continent et puis, pendant 12 ans de pouvoir, il aura fait ce qu’il a pu. Lui demander autre chose, c’est l’envoyer à la Cour Pénale Internationale où l’attend de pied ferme un Gbagbo qui prie le ciel pour l’accueillir dans sa cellule trop grande pour lui seule. Ceux qui envoient si cruellement Gorgui au charbon, à la conquête d’un troisième mandat - celui de trop - manquent de respect à toute la famille Wade. L’affront est à la hauteur de l’état pitoyable que notre Président nous faire lire dans toutes ses sorties publiques (dans les processions et lors du message à la Nation). Il plie sous le poids de l’âge, des remords existentiels (maa waxoon, waxeet), de ses idéaux bafoués et du piège suffocant où l’ont enfermé des brigands qui le retiennent en otage tout simplement. Ils lui disent que « perdre le pouvoir », c’est la prison pour tous ; principalement pour Karim que les Sénégalais abhorrent à l’extrême. Oui, Karim mu rafet*, il a eu le « mérite » de chercher – sans y parvenir - à vous placer à la tête de ce pays, alors par reconnaissance, sauvez le des crocs acérés des caïmans qui l’entourent et qui veulent sa perte ! Vous avez trop coûté à votre père : pour vous plaire, il a fait tomber si bas l’Etat et la République. Je disais dans une contribution (Les Opinions : hebdomadaire) que « aujourd’hui, Tout le monde est candidat : un tel amalgame abject ou une telle mixture infecte, nous le devons à notre fameux Gorgui National et International qui a - depuis fort longtemps - dévalué la fonction de Président de la République. Et la suite logique de tant de ses tergiversations coupables (monarchisation de la République et subordination des autres Institutions), de tant de ses méprises (prendre les Citoyens pour des Sujets) et de ses errements déplorables (élimination de tous vos potentiels concurrents pour le dauphinat), est que le Palais Présidentiel vidé de sa substance, dépouillé de ses ornements et lapidé dans sa splendeur, a depuis belle lurette perdu la force de son mythe et telle une âme en peine, il erre et se banalise au risque d’aiguiser tous les appétits ; mêmes les plus sordides ( Macky, Gadio), mêmes les plus loquaces (Idy) et les plus inattendues (You et khassimou Dia) ».
L’heure est grave : Sauver Wade, c’est sauver la République ! Arrêter Wade et ses affidés (aujourd’hui preneurs d’otage) dans leurs desseins criminels, c’est protéger la Nation toute entière contre les divisions sanglantes et auxquelles, ils n’échapperont sûrement pas !
Un « Taaw » a la responsabilité de rendre service à son père. Et le seul service utile que l’on peut aujourd’hui rendre à Wade, c’est de savoir prendre le courage de lui dire : « arrête ; ça suffit comme ça ! ». En ce moment précis, vous rendrez un service sans commune mesure au Sénégal qui vous aura tout donné ; même ce en quoi vous n’aviez jamais osé rêver de votre vie. ARRËTER LE car vouloir des « prisons sans femmes » (par pure clin d’œil électoral au sexe dit faible mais majoritaire) au mépris des dispositions de la Charte Nationale qui bannit toute discrimination sur le sexe et surtout en dehors du droit (que va-t-il faire des femmes non encore condamnées), c’est avouer irrémédiablement que l’on est plus en mesure de remplir convenablement les charges de Président d’un Pays qui se RESPECTE !
Au secours, Wade coule et nous avec lui !
Amadou Fall Enseignant à GUINGUINEO
TEL : 775457544/766887279
Zemaria64@yahoo.fr/zemazia64@hotmail.fr

.



Vendredi 6 Janvier 2012
amadou fall




Dans la même rubrique :
Fidel Castro est mort

Fidel Castro est mort - 26/11/2016