En Iran, la levée des sanctions signe une victoire du président Rohani

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a donné samedi son feu vert à l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire historique conclu entre l'Iran et les grandes puissances.


C'était la principale promesse du candidat Hassan Rohani à l'élection présidentielle de 2013: obtenir la levée des sanctions économiques qui asphyxient ses compatriotes, et ce le plus rapidement possible après l'accord nucléaire signé le 14 juillet dernier avec les Occidentaux. «C'est le premier président iranien capable de tenir cet engagement», souligne depuis Téhéran un diplomate occidental.
Cette première victoire se double d'une seconde: la libération de sept Iraniens détenus aux États-Unis, en échange de celle de quatre Irano-américains emprisonnés à Téhéran, dont Jason Rezaian, le correspondant du Washington Post en Iran.
Ces deux avancées démontrent que la négociation avec les États-Unis, toujours décrits comme le «grand Satan» par les ultraconservateurs, fonctionne mieux que la confrontation prônée par les durs du système politico-religieux iranien.
« Rohani avait un besoin urgent d'afficher des résultats, car il n'y avait toujours pas de liquidités dans les caisses.»
Un homme d'affaires bien en cour dans la capitale iranienne.
Six mois après l'accord nucléaire, la levée des sanctions tombe à point nommé. D'abord parce que la population commençait à s'impatienter. En permettant un retour progressif des avoirs gelés à l'étranger, l'économie iranienne va pouvoir entamer son redémarrage, même si celui-ci sera long et délicat compte tenu des retards accumulés. «Des projets de développements étaient en cours en province, mais faute d'argent, ils ont été arrêtés», confie un journaliste à Téhéran. «Rohani avait un besoin urgent d'afficher des résultats, car il n'y avait toujours pas de liquidités dans les caisses», renchérit un homme d'affaires bien en cour dans la capitale iranienne.
Selon lui, au cours du premier trimestre, l'Iran devrait pouvoir récupérer 40 à 50 milliards de dollars gelés en Asie. Même si par prudence, la Banque centrale devrait en conserver une trentaine réserves, 15 millards de dollars seront disponibles pour relancer l'économie.
À quarante jours des élections législatives, cette levée des sanctions est un sérieux coup de pouce donné à Hassan Rohani. Sa politique d'ouverture économique a besoin d'être ratifié par un Parlement dominé aujourd'hui par les conservateurs. Cette annonce devrait logiquement accroître les chances des candidats soutenant sa politique, même si les obstacles sur la route de leur élection sont nombreux. Ces dernières semaines, le conseil des gardiens de la révolution, qui opère un tri entre candidats, a retoqué en effet bon nombre de réformateurs et de pro-Rohani. «C'est un gros souci pour le président, plus encore que la levée des sanctions qui était inscrite dans l'accord du 14 Juillet», prévient le journaliste iranien.
Des contrats à signer

Quoi qu'il en soit, cette levée des sanctions ouvre la voie à l'annonce d'accords économiques que l'Iran peut désormais signer avec ses partenaires européens, notamment. C'est une très bonne nouvelle à onze jours de sa visite officielle en Italie puis en France. «Rohani ne fera pas seulement de la communication, comme s'il était venu à la date prévue le 15 novembre», souligne le diplomate précité. Le président iranien avait reporté au dernier moment sa visite en France en raison des attentats de Paris. Cette fois, «il aura des contrats à signer», assure le diplomate.
À peine, les sanctions avaient-elles été levées que le ministre des Transports iranien annonçait que Téhéran allait acheter 114 Airbus à la société européenne d'aéronautique, basée à Toulouse.
Sur le volet de l'échange entre Iraniens et Américains, Hassan Rohani peut également afficher une satisfaction. Lors de ses contacts avec les Américains à l'assemblée générale de l'ONU en septembre, il s'était dit prêt à relâcher les quatre binationaux contre 19 Iraniens détenus aux États-Unis pour violation de l'embargo imposé à Téhéran. Au terme de l'échange, sept rentrent en Iran mais Téhéran a également obtenu que les États-Unis renoncent à demander l'extradition de 14 Iraniens soupçonnés d'avoir participé à l'achat d'armes aux États-Unis dans le but de les livrer à l'Iran.
 
 
Samedi 16 Janvier 2016
Dakaractu




1.Posté par Mohamed le 17/01/2016 06:48
C'est ça; tout se ramène à une question d'argent. "Les Occidentaux, disait YAMANI, ancien ministre saoudien du
pétrole, il faut les frapper là où ils sont le plus sensibles, à la poche..." A peine un "accord nucléaire" était-il conclu voilà six mois, que les dirigeants occidentaux se précipitaient à Téhéran pour négocier des contrats juteux. Une commande de 114 Airbus, ça vous fouette une économie.



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