Emprisonné pour apologie du terrorisme – Les imams et prédicateurs du Sénégal réclament la libération d’Imam Ndao

A défaut d’une liberté totale ou provisoire pour imam Alioune Badara Ndao, emprisonné pour des faits liés au terrorisme, la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal exige la tenue rapide de son jugement, un traitement plus humain et l’application au guide religieux du principe de la présomption d’innocence.


 Emprisonné pour apologie du terrorisme – Les imams et prédicateurs du Sénégal réclament la libération d’Imam Ndao
 Si on veut lutter contre le terrorisme, c’est ailleurs qu’il faut aller. Pas au Sénégal, encore moins dans les mosquées », a déclaré hier d’un ton ferme l’imam Ahmad Dame Ndiaye, à l’entame de la conférence de presse des imams à la mosquée inachevée de Yoff. « La prière étant l’arme fatale du musulman », ils ont consacré la journée du vendredi à des prières dans tout le pays pour la libération d’imam Ndao qui est membre de leur association et appelé à l’unité des musulmans.

Très préoccupée par ce dossier, la Ligue a rappelé quelques raisons du bien-fondé de ses inquiétudes. « Imam Ndao est un père de famille, un imam et de surcroît responsable de nombreux enfants qui lui sont  confiés par leurs parents pour leur éducation. Tout un monde qui souffre d’une incarcération qui commence à durer », a déclaré imam Ismaïla Ndiaye. Selon qui, rien n’indique que son jugement est à l’ordre du jour. « Nous ne voudrions pas qu’il fasse les frais d’une lenteur de  procédure dont se plaignent aujourd’hui les détenus qui font maintenant dans la mutinerie », a averti imam Ismaïla.

En outre, les imams ont dit ne rien ignorer des conditions dures dans lesquelles leur collègue est détenu. Par conséquent, ils invitent  les autorités compétentes à traiter de manière plus humaine leur confrère. Qu’il lui soit appliqué le principe de la présomption d’innocence et qu’il soit jugé ou libéré le plus tôt possible.

« Un contexte de surenchère politique »

A en croire ces imams et prédicateurs, le contexte de  son arrestation ne milite point en faveur de l’impartialité et de la légalité. C’est un contexte de surenchère politique et de stratégie géopolitique internationale. Au nom de la lutte contre le terrorisme, certains gouvernements de pays occidentaux, islamophobie en bandoulière, exigent des pays sous leur influence des gages de soutien et de participation dans leur nouvelle croisade contre l’Islam. Ils commanditent des mesures contre tout musulman un peu trop pratiquant, un peu trop orthodoxe à leur goût, regrettent les religieux qui espèrent tout de même que « le pays de Cheikh Oumar Foutiyou Tall, de El hadj Malick Sy, de Khadim Rassoul serigne Touba et de tant d’autres figures marquantes de l’islam ne s’engagera pas dans cette voie inique et sans issue, cette bataille d’arrière-garde de stigmatisation et de diabolisation de l’islam et de ceux qui, parmi les musulmans, tiennent en toutes circonstances à se conformer à ces enseignements ».

Sur un autre registre, les imams se disent vigilants et attentifs à l’égard des ‘’nouveaux droits’’ et d’une nouvelle mouture de la loi pénale sénégalaise qui, selon eux, disent long sur les menaces qui pèsent sur tous les musulmans et surtout sur ceux d’entre eux qui assument les fonctions de guidance, d’enseignement et d’éducation dont les imams.  « Nous procéderons, le moment venu, à la vulgarisation du contenu de notre analyse critique de tout cela et que l’on se le tienne pour dit, nous assumerons nos responsabilités de guides et d’éducateurs islamiques en appelant à la défense conséquente des valeurs  et de l’islam ainsi que l’immense patrimoine d’enseignements que nos valeureux chefs religieux ont mis des siècles à bâtir pour notre salut ici-bas et dans l’au-delà », concluent-ils

Enquete
Samedi 29 Octobre 2016
Dakar actu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :