El hadj Ndao Consul général du Sénégal à New York : "Ce que le président a fait pour les sénégalais qui doivent être expulsés (...) Ils ne sont pas encore venus parce que..."


DAKARACTU : Quelle est la situation des sénégalais sous le coup d'une expulsion des USA?

El hadj Ndao : Avant-hier, j'étais avec eux pour faire ce qu'on appelle une révision consulaire. Je suis allé les voir pour leur signifier de notre solidarité mais aussi leur dire que le Gouvernement du Sénégal les assistera. Toutes les options qu'on pourra opérer en leur faveur, on les fera jusqu'à épuisement de toutes les options possibles. Je leur ai aussi expliqué que l'Etat du Sénégal ne laissera pas qu'ils soient expulsés de la manière comme cela a été prévu : c'est à dire les mettre dans un vol charter et venir les déposer à Dakar comme ça. Le président Macky Sall a jugé que cette méthode n'était pas digne d'un être humain surtout des compatriotes. On a reçu des instructions qu'on a relayé aux autorités américaines qui ont aussi eu l'amabilité de comprendre et de satisfaire cette requête. Nous nous sommes déplacés à Miami pour s'enquérir de la situation. Quand ils nous ont expliqué, on s'est rendu compte que c'est deux groupes de cas différents. 

Comment vous avez été mis au courant de la situation?

Quand il y a ce genre de situation, nous sommes directement informés. Officiellement, on prend les mesures nécessaires. En tant que Consul général, la gestion de nos compatriotes me revient dans de pareilles situations. J'ai reçu des instructions de mon ministère de tutelle, en travaillant avec l'Ambassadeur nous nous sommes rendus sur les lieux. C'est assez ordinaire hein. On est contacté à chaque fois qu'un sénégalais est dans ces situations et nous, de notre côté, nous prenons les dispositions pour régler cela. 

Ceux qui sont en train d'être expulsés sont poursuivis pour quel motif?

Ils sont poursuivis par le service de l'immigration des USA. Ils ne sont pas en règle et c'est pour cela qu'ils ont pris cette décision. Ils avaient leurs dossiers à l'immigration pour la régulation de leur situation, mais à la fin cela ne s'est pas fait. Il y en a d'autres qui avaient des démêlés avec la justice américaine. Depuis plus de 5 ans, le service de l'immigration est en collaboration avec la justice,  pour le traitement des cas. Puisque ceux-là n'ont pas les papiers en règle, ils ont été présentés au juge qui a ordonné leur expulsion. Il y a d'autres qui viennent de purger leur peine et le juge a décidé qu'ils devaient quitter le territoire américain. Ce sont des cas d'immigration classique. 
D'autres qui sont dans un autre groupe ont été arrêtés alors qu'ils traversaient la frontière entre les USA et Mexique. Le juge a aussi ordonné leur expulsion. 
Les cas que nous suivons ne sont pas des cas de criminels. Ce sont juste des cas de papiers ou qui ont quelques démêlés avec la Justice.

Est ce qu'il y a eu des cas de trafic de drogue? 

Non ce n'est pas de la drogue comme on l'a dit partout mais plutôt de la marijuana. C'est l'immigration, en voulant corser les choses, qui a parlé de trafic de drogue. Je suis allé les voir un à un et les dossiers aussi je les ai vu. On est en train d'étudier les cas pour des possibilités de recours. Le président Macky Sall s'est engagé de prendre tous les frais pour les recours. 

Quel est l'intérêt du recours sur le processus d'expulsion?

Si le recours est valide, le processus est stoppé. Ils suspendent la procédure le temps que le juge revoie le dossier pour réouvrir le procès. Les cas qui nécessitent un recours, on les prend en charge et on les traite actuellement. 

Les expulsés sont au nombre de combien exactement?

Ceux qui devaient être par vol Charter sont au nombre de 21 sénégalais. Je tiens a préciser que tous les autres africains qui devaient être expulsés sont partis par vol charter sauf les sénégalais. Le Gouvernement sénégalais s'est opposé à cette manière de transporter nos compatriotes. 
Là, on est en train d'étudier cas par cas pour voir si leurs droits sont respectés et ceux qui ont droit à un recours, nous les aiderons à aller jusqu'au bout du dossier. Ceux qui n'ont pas droit à un recours comprendront que la loi américaine est passée par là. On est en train de faire les efforts nécessaire pour les assister.

Quelle est la date précise pour leur retour?

On n'a pas fixé de date de retour. Pour le moment on est en train d'étudier les cas un par un. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne rentreront pas par vol charter. C'est l'assurance que je peux vous donner. 
Jeudi 23 Juin 2016
Dakaractu




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