El Hadj Mamadou Diao, responsable APR Kolda sur les retrouvailles Wade/Macky: « Qu’aucune réconciliation ne soit faite sur l’autel du sacrifice des intérêts du Sénégal. (…) Que le Président n’oublie pas ses compagnons de la première heure qui avaie

Les retrouvailles entre les deux premières (anciennes et nouvelles) institutions de ce pays, à savoir Me Wade et son successeur Macky Sall, connaissent des avis partagés. Pour El Hadj Mamadou Diao, responsable APR à Kolda, elles peuvent prospérer, mais seulement sous l’angle de la préservation des intérêts du pays.


El Hadj Mamadou Diao, responsable APR  Kolda sur les retrouvailles Wade/Macky: « Qu’aucune réconciliation ne soit faite sur l’autel du sacrifice des intérêts du Sénégal. (…)  Que le Président n’oublie pas ses compagnons de la première heure qui avaie
Quelle appréciation avez-vous de ces retrouvailles annoncées dans la presse entre ces deux grands leaders ?


Nous traversons un contexte dit économiquement difficile et dans des épreuves comme ça, il est bon que toutes les franges d’un même peuple se retrouvent autour de l’essentiel et qu’ensemble on mène un combat pour le développement et l’émergence de notre pays. Que l’on puisse parler de retrouvailles entre les deux Présidents, je pense qu’il n’y avait pas eu de rupture de cadre de dialogue,  il y avait un cadre formel qui était là. Mais s’il y a un cadre plus propice pour apaiser la tension politique qu’il y a là dans ce pays il faut le faire, mais pas au détriment des intérêts de notre pays. On s’était lancé dans un processus courageux mais novateur qui voudrait que l’on ait une relation saine avec les deniers publics. Si maintenant ces retrouvailles devraient être faites en sacrifiant tout le projet de gouvernance publique mise en branle par le Président cela peut être un problème dans la gestion future du pays. 
Je pourrai me réjouir d’une vraie décrispation de ces relations dans l’intérêt de la stabilité du pays, mais pourvu que l’on tire ensemble dans la même direction. Qu’aucune réconciliation ne soit faite sur l’autel du sacrifice des intérêts du Sénégal!




La première dame est l’objet de plusieurs attaques quant à la gestion de sa fondation. Pensez-vous qu’elles soient méritées ?
C’est une question qui mérite une réponse simple. D’autres personnes à la place de l'épouse du Président pourraient faire des activités qui les concerneraient personnellement et qui pourraient mieux les égailler dans leur vie, mais quand une épouse de Président vient en aide aux plus démunis, on ne peut que s’en réjouir. Tant que ce ne sont des actes politiques, ce sont des choses que l’on peut comprendre, mais des coups au bas de la ceinture qui proviennent de supposés organes organisés qui dans le fonds paraissent plus comme des maîtres chanteurs que comme une vraie approche qui a trait à une réédition des comptes, ce serait dommage.
Quand il y a diffamation, la première dame doit aller au bout du processus sans compromis possible. Parce que si on laisse ces genres d’interprétation, on arrivera à des cas où on va dire qu’ils se sont arrangés et c’est cela qui est dommage pour la lisibilité des rapports qu’il peut y avoir entre la première dame et les Sénégalais. Ce que je conçois c’est qu'un homme politique peut attaquer le Président en disant qu’il y a une gestion clanique, mais quand ce sont des organes en marge de la politique et qui donnent des accusations aussi graves que celle-là, il est bon qu’elle prenne ses responsabilités. Mon autre position c’est qu’elle s’est engagée pour aider les populations, toutes les actions qu’elle a pu faire pendant les inondations, sa proximité avec toutes les rencontres cultuelles et culturelles de notre pays montre qu’elle a voulu apporter une autre approche dans la solidarité qu’on pouvait exprimer vis à vis des populations Sénégalaises. Qu’elle continue de faire ce travail parce qu’elle aura le sentiment du devoir accompli.


Le chef de l’Etat lui même quant à sa gestion du pays n’inspire plus autant confiance…
Autant une partie décrie, autant une grande frange aussi s'en réjouit. Je ne sais pas où on veut aller, est-ce que on doit trouver un cadre de distribution des ressources nationales où le Président doit être le lit de la distribution de l’argent ? Il a fait l’autre choix, celui de partager les richesses du Sénégal avec les Sénégalais. En atteste les mesures phares qu’il y  a eu au niveau social. Je vous donne comme exemple que sous Wade, on avait une hausse fréquente des produits de première nécessité et ceux énergétiques. Ce ne sont plus maintenant des questions à l’ordre du jour. Les Sénégalais préféraient une approche personnelle avec l’argent. Le Président a choisi une autre option, et c’est peut être une qui n’est pas domestiquée par les populations, mais on comprendra que c’est le bon choix quand on y arrivera. Mais aussi le pays doit se mettre sur les rampes de l’émergence. Et c’est ce qui explique tout le package de projets qui existe dans le « plan Sénégal émergent » sans compter les autres grands projets qu’il lance pour rendre l'habitat démocratique dans notre pays.
Le Président a un bilan à défendre et à mi-parcours il est positif et peut-être comparé à cinq ou dix ans d’exercice du pouvoir d’Abdoulaye Wade. Et le moment venu, la communication pourra être plus axée sur les réalisations du Président que sur des questions comme cela.  Parce nous mènerons le débat vers le bilan qui a pu être fait et nous n’avons pas à rougir de cela. Il est prêt envers et contre tous : il a prôné la réduction de son mandat parce qu’il a un bilan à présenter aux sénégalais qui lui permettra d’être réélu en 2017 sans difficulté.


Avec le recul comment appréciez-vous votre position à Kolda avec les locales que vous avez perdues ?
Cela ne va pas être une redondance que je puisse dire qu’à Kolda il y a eu beaucoup de problèmes lors du déroulement du scrutin. Si je voulais utiliser les voies officielles pour un recours, je l’aurai fait mais cela n’est plus à l’ordre du jour, puisque l’idéal est que l’on stabilise le climat social local et puisque c’est toujours la mouvance présidentielle qui est au pouvoir, les populations peuvent espérer que l’on pouvait continuer à réaliser ensemble de projets de développement au profit des collectivités locales Koldoises ?
Maintenant ce qui est important, c’est qu’est-ce que l’on peut faire de ces mandats pour que l’Elite locale puisse émerger demain et que les populations puissent bénéficier  de la vision et du Président de la République et de l’Acte 3 de la décentralisation qui voudrait que l’on amène une approche dans la gouvernance locale et qui voudrait que le centre d’impulsion des politiques de développement soit les collectivités locales à la base. Sur cette base notre position est de continuer à massifier le mouvement en perspective des élections présidentielles de 2017 et de pouvoir à l’interne soutenir toute les actions qui seront à même d’apporter un plus dans le cadre du développement économique de notre région.


Vous appréciez le choix du président de saborder certains responsables qui n’avaient pas gagné aux locales ?
Je tiens à rappeler le principe républicain de base,  c’est le Président qui a le pouvoir discrétionnaire de nommer aux emplois civils et militaires qui il veut. Acceptons lui ce pouvoir. Pour promouvoir quelqu'un au moment du choix, il y avait 14 millions de Sénégalais.  Ce ne sont pas les plus méritants qui avaient été choisis, il y avait un choix basé sur la confiance certes, mais sur la base d’un choix propre du Président qui l’assume, acceptons que le Président ait le droit de pouvoir s'en départir quand il pense qu’il a besoin d’autres collaborateurs. Est-ce que cela a une influence politique? Je me dis qu’aujourd’hui ce que nous pouvons attendre de la part du Président c'est qu’il n’oublie pas ses compagnons de la première heure, parce que ceux là avaient choisi de travailler avec lui, à une période où il était infréquentable dans ce pays. Mais de l’autre côté, les leaders qui ont pu perdre leur position de pouvoir comprennent qu’ils peuvent être utiles au pays d’une autre façon. Je me réjouis ainsi de l’attitude de Thierno Alassane Sall qui a pu revigorer toutes les activités de la convergence des cadres et l’ancien Premier ministre Aminata Touré qui continue de donner une position sans équivoque quant à son appartenance au parti et qui apporte sa touche dans le cadre de la massification du parti.  
Mercredi 15 Octobre 2014
Dakar actu





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