Edward Snowden sollicite le pardon d’Obama


Edward Snowden sollicite le pardon d’Obama
Hollywood, lors de la sortie prochaine du film d’Oliver Stone sur Edward Snowden – le 1er novembre en France –, permettra-t-elle d’obtenir un pardon pour l’ex-contractuel de l’Agence nationale de sécurité (NSA), que Washington lui a jusqu’alors toujours refusé pour avoir révélé, en 2013, l’existence d’un système de surveillance mondiale ? Cet espoir a sans doute motivé la déclaration, mardi 13 septembre, du principal intéressé, dans un entretien avec le Guardian, sollicitant la grâce présidentielle pour retourner dans son pays après trois ans d’exil à Moscou. Poursuivi pour espionnage, il risque jusqu’à trente ans de prison.
Cette demande devait être réitérée, mercredi, par son avocat attitré, Ben Wizner, entouré de représentants d’Amnesty International et de Human Rights Watch, à New York, lors du lancement d’une pétition pour obtenir le pardon de Barack Obama avant que celui-ci quitte ses fonctions. « Je pense qu’Oliver [Stone] fera plus pour Snowden en deux heures que ses avocats n’ont été capables de faire en trois ans », a résumé, modeste, Ben Wizner.

« Il y a des lois qui disent certaines choses, mais c’est peut-être pourquoi le pouvoir de donner son pardon existe – pour les exceptions, pour les choses qui semblent illégales à la lecture, mais qui, si on les regarde d’un point de vue moral, éthique, quand on regarde les résultats, apparaissent comme nécessaires, vitales », assure Edward Snowden, ajoutant : « Lorsque les gens regardent les bénéfices, il est clair que depuis 2013 les lois de notre pays ont changé. Le Congrès, les tribunaux et le président, tout le monde a changé sa politique après ces révélations. Dans le même temps, il n’y a jamais eu de preuve publique que quelqu’un en ait souffert. »
Protéger le pays de son gouvernement
En juillet 2015, la Maison Blanche a rejeté une première pétition pour un « pardon sans condition » qui avait récolté 167 954 signatures. Edward Snowden « devrait rentrer aux Etats-Unis pour y être jugé par ses pairs, et non pas se cacher derrière un régime autoritaire. Pour l’heure, il fuit les conséquences de ses actes », avait déclaré Lisa Monaco, la conseillère de M. Obama en matière de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme.
Après les attentats de Paris, en novembre 2015, le directeur de la CIA, John Brennan, avait encore pris à partie l’ex-consultant en faisant un lien entre ces attaques et « toute révélation non autorisée » de personnels d’agence de renseignement. Hillary Clinton, la candidate démocrate à l’élection présidentielle, avait précisé, en octobre 2015, que le plus célèbre des lanceurs d’alerte « a volé des informations très importantes qui, malheureusement, sont tombées entre beaucoup de mauvaises mains ».

Cette nouvelle initiative n’est pas liée au seul film d’Oliver Stone. Elle s’inscrit dans une stratégie arrêtée dès l’installation d’Edward Snowden en Russie, en juillet 2013. La grande cohérence entre ses engagements et ses actes, ces trois dernières années, milite pour attester son sens des responsabilités. Il affirme avoir agi par patriotisme et idéalisme. Attaché aux libertés fondamentales, il n’a cessé de vanter Internet comme un espace de liberté gratuit. Sa vie à Moscou a montré qu’il n’était pas dans la promotion personnelle, mais dans la défense de principes. Sans contact avec le gouvernement russe et ayant abandonné une vie très confortable, il s’est surtout attaché à convaincre l’opinion publique américaine de sa bonne foi.
En 2015, grâce à Internet, il est intervenu dans des débats à Hongkong ou avec des philosophes de l’université de Stanford. Il a donné une conférence avec Lawrence Lessig, un professeur de droit à Harvard, ou avec Barton Gellman, de l’université de Princeton. Rejoignant, à sa manière, une antienne de la filmographie d’Oliver Stone, il assénait qu’un patriote n’est pas un nationaliste. Le patriotisme, pour lui, c’est protéger le pays de son gouvernement.
Accusé d’« opportunisme » par Wikileaks
« Il a une grande envie de revenir et nous faisons tout notre possible pour que cela se réalise », a confirmé dès 2014 son avocat russe, Anatoli Koutcherena. Plus récemment, il s’est démarqué de WikiLeaks et de son fondateur, Julian Assange, considérant que la publication de documents ne pouvait se faire sans une forme de « curation » – traitement. Propos lui valant en retour l’accusation « d’opportunisme » de la part du site.
Le temps d’Edward Snowden est aujourd’hui compté. Son permis de résidence de trois ans, accordé par Moscou, expire fin 2017 sans que l’on sache s’il serait prolongé au regard de ses prises de positions critiques contre la multiplication des atteintes aux libertés recensées en Russie.
Mercredi 14 Septembre 2016
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :