Édifiant message posthume de Mbaye Jacques Diop : " Je n'ai pas pas peur de la mort, tout le monde mourra un jour... "


Édifiant message posthume de Mbaye Jacques Diop : " Je n'ai pas pas peur de la mort, tout le monde mourra un jour... "
Quoiqu'on puisse retenir de sa vie remplie et intense, Maître Mbaye Jacques Diop restera dans notre imaginaire comme un homme d'une élégance d'esprit rare, d'un réalisme déroutant. Il a été grand et digne dans l'épreuve, mais surtout il l'a été face à la mort. Cette mort qu'il a "brillamment" évoquée dans un entretien avec nos confrères de l'Obs, quelques mois avant sa disparition. Voici Mbaye Jacques Diop dans le texte, parlant de l'inéluctable destin de tout humain...
"La maladie, c’est autre chose. C’est le destin. La mort aussi. Et on a beau faire tout cela, la mort viendra inévitablement. Tant qu’on vit, il faut se comporter comme tel : s’occuper de soi, de son corps, de ses vêtements, de son alimentation. Il faut avoir le sens de la vie sur terre. Je dois mes gènes à mes parents, mon père a vécu 102 ans, ma mère a dépassé les 80 ans. Pour autant, je n’ai pas peur de la mort. Parce que tout le monde mourra un jour ou l’autre. Si l’on a dépassé les 60 ans, l’on doit s’estimer heureux, surtout si l’on a bien rempli sa vie et je crois avoir bien rempli la mienne. Je crois avoir laissé à mes enfants, les gages, non pas matériels, mais spirituels qui leur permettront de dire : «Je suis le fils ou le petit-fils de Mbaye Jacques Diop.» Je veux vivre et j’aime la vie. J’aime vivre, tout en pensant à Dieu et à la mort. Oui, j’ai toujours été amoureux de ma personne, de ce que je porte. J’étais toujours rigoureux sur le choix de mes costumes et cravates. Je ne cache pas mes cheveux blancs, mais je suis habitué à être correct et à ne pas donner l’impression aux gens que je suis un homme qui se laisse aller. L’homme ne s’encombre pas de beaucoup d’artifices, mais il y a un minimum chez l’homme et je tiens à ce minimum-là. Je suis de ces gens amoureux de leur mise. Que ce soit en tenue traditionnelle ou européenne. Il n’est pas mauvais de penser à soi, sans pour autant être égoïste. Après ma mort, je serai enterré au cimetière de Thiawlène de Rufisque. J’ai déjà préparé mon caveau. Il y a déjà ma mère, mon épouse et ma fille aînée."

Avec L'Obs
Mercredi 14 Septembre 2016
Dakar actu



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