Ebola : un prêtre espagnol soigné avec le traitement expérimental américain


Ebola : un prêtre espagnol soigné avec le traitement expérimental américain
Le missionnaire espagnol, contaminé au Liberia, va recevoir la même molécule que celle administrée aux deux malades américains, dont l'un semble aller mieux. La Zambie a fermé ses frontières alors que le Canada a placé un cas suspect en quarantaine.
La Zambie ferme ses frontières, la Guinée revient sur ses déclarations
Pour se prémunir contre la propagation du virus Ebola, la Zambie a décidé de fermer partiellement ses frontières et refoule tout voyageur en provenance de pays touchés par l'épidémie. Les Zambiens seront également empêchés de voyager vers ces zones.
La Guinée avait annoncé prendre une décision similaire par la voix de son ministre de la Santé, mais ses déclarations ont été démenties dans la nuit. «La Guinée n'a pas fermé ses frontières avec la Sierra Leone ou le Liberia. Des mesures sanitaires ont été prises aux postes frontière», a rectifié la télévision nationale. De source gouvernementale, on attribue ce couac à des problèmes de communication. Il illustre en tout cas les difficultés des gouvernements confrontés à l'épidémie.
Le Tchad a également pris des mesures en interdisant sur son sol tout vol en provenance du Nigeria.
● Au Liberia, l'exécutif présente ses excuses
Alors que le personnel hospitalier menace de faire grève faute de disposer de matériel suffisamment protecteur (pénurie de gants, combinaison), la présidente, Ellen Johnson Sirleaf, a présenté des excuses à la nation pour l'ampleur des contaminations parmi les médecins et infirmiers. Elle a promis de débloquer jusqu'à 18 millions de dollars pour combattre la maladie. Selon Médecins sans Frontières, au moins 40 personnels de santé ont contracté le virus Ebola. Et par peur, nombre de leurs collègues ne viennent plus travailler. Dans la capitale, certains hôpitaux ont dû être fermés par manque de personnel.
Le Liberia a mis en place des mesures préventives, comme la restriction des déplacements entre la capitale et certaines provinces.
● Le Nigeria fait appel à des volontaires pour lutter contre l'épidémie
Avec treize cas confirmés en moins de trois semaines, le Nigeria est le quatrième pays touché par Ebola. Tous les malades ont été recensés à Lagos, la plus grande ville du pays avec plus de 20 millions d'habitants. «Nous manquons de personnel, je ne le cache pas», a reconnu le commissaire à la Santé de l'État de Lagos. «C'est pourquoi nous faisons appel à des volontaires.» Ces derniers recevront divers avantages, dont des assurances-vie, s'ils acceptent d'aider au confinement du virus. Parmi ces missions, la mise en place de centres de quarantaine, des relevés précis des personnes entrées en contact avec des patients infectés, des contrôles aux frontières, et l'information auprès du public.
● Le missionnaire espagnol recevra le traitement américain
Le père de 75 ans Miguel Pajares, très affaibli par la maladie qu'il a contractée au Liberia, a été rapatrié en Espagne jeudi à bord d'un avion militaire médicalisé et va recevoir le traitement expérimental utilisé pour soigner les deux patients américains contaminés par le virus. L'un d'eux semble aller mieux. L'Agence espagnole des médicaments et produits sanitaires a autorisé l'importation exceptionnelle du ZMapp qui est arrivé samedi soir à l'hôpital Carlos III.
Le prêtre avait été ramené en Espagne avec la sœur Juliana Bonoha, qui ne semble pas avoir contracté le virus: ses tests sont négatifs. En revanche, leur collègue congolaise que Madrid n'avait pas rapatriée en Europe est décédée samedi.
Le ZMapp, produit par un laboratoire privé aux États-Unis, n'a été testé jusqu'ici que sur des animaux. C'est un cocktail de trois anticorps dits «monoclonaux», c'est-à-dire capables de reconnaître les cellules infectées par le virus et de déclencher une réaction immunitaire. Fruit de plus de dix ans de recherches, ce sérum initialement développé sur des souris en laboratoire et rendu compatible pour les humains a permis de protéger à 100% des primates traités une heure après avoir été exposés au virus Ebola.
● L'OMS espère un vaccin d'ici à 2015
Il n'y a actuellement aucun traitement pour soigner ou prévenir la fièvre hémorragique Ebola, mortelle dans plus de 50% des cas. Mais un vaccin préventif mis au point par le laboratoire britannique GSK pourrait être disponible d'ici à 2015 si les tests cliniques sont concluants. «On cible le mois de septembre pour commencer les essais cliniques, d'abord aux États-Unis et certainement dans un pays africain, car c'est là que nous avons les cas», indique le directeur du département des vaccins et immunisation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à RFI. «Vers la fin de l'année, on peut déjà avoir des résultats.» Vu l'urgence sanitaire, «on peut mettre en place des procédures d'urgence pour que courant 2015, on puisse disposer d'un vaccin». Un autre traitement prometteur, le ZMapp, vient d'être testé sur des Américains infectés.
● Un cas suspect au Canada
Un homme récemment rentré du Nigeria a été hospitalisé près de Toronto après avoir été pris de fortes fièvres. Les autorités sanitaires canadiennes ont décidé de le placer en quarantaine, le temps de déterminer si cette personne est infectée par Ebola ou a contracté une maladie présentant les mêmes symptômes, comme le paludisme.
● Les aéroports indiens en alerte
Peuplé de plus d'un milliard d'habitants, l'Inde craint que l'épidémie n'arrive dans le pays par le biais de voyageurs. Près de 45.000 Indiens sont expatriés au Nigeria, Liberia, Guinée et Sierra Leone et pourraient ramener le virus avec eux, s'inquiètent les autorités. Désormais, tous les passagers d'avion en provenance de ces pays doivent obligatoirement remplir un formulaire avec une liste de leurs symptômes et fournir une ou plusieurs adresses en Inde. Ainsi, les autorités sanitaires pourront suivre les personnes qui pourraient tomber malades et prendre des mesures adéquates.
 
 
Le Figaro
Dimanche 10 Août 2014




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