ÉRADICATION TOTALE DE LA POLIO : LE MONDE A LES YEUX RIVÉS SUR LE NIGERIA, LE PAKISTAN ET L’AFGHANISTAN.


La célébration de la journée mondiale de la polio, le 24 octobre dernier, a été l’occasion pour Sanofi Pasteur, principal fournisseur du vaccin injectable, clé de voute de la dernière phase d’éradication jusqu’en 2020 et au-delà de mettre la lumière, à Paris, sur les dernières évolutions de la lutte contre la poliomyélite qui est en phase de devenir la deuxième infection éradiquée par l'Humanité. 
PARIS- (France)- Début 2017, le compte à rebours serait officiellement lancé : sans nouveau cas pendant trois ans (délai de survie du virus sans réservoir humain), la polio sera déclarée éradiquée en 2020. Endémique dans 125 pays en 1988 avec 350 000 cas de polio par an, la maladie est presque vaincue par l’Homme. « En 28 ans, le nombre de cas a diminué de 99,9 % », se réjouit Sanofi Pasteur représenté par David Loew (notre photo), son Vice-président Exécutif.
L’Initiative Mondiale pour l’Eradication de la Polio (GPEI), initiée par l’OMS avec ses partenaires : l’UNICEF, le Rotary International, la Fondation Bill et Melinda Gates, l’Alliance du vaccin GAVI et le CDC (Centre pour le contrôle et la prévention des maladies aux Etats-Unis), a presque réussi sa mission universelle ! Il ne reste plus que 26 cas de polio déplorés à fin septembre pour l’année 2016. L’éradication totale initialement prévue en 2000 pourrait être officiellement déclarée en 2020. 2017 sera une année charnière.

Des réticences

Eradiquer la polio requiert de conduire un programme de vaccination mondiale de masse. « Avec le vaccin oral pour commencer : 6 milliards de doses ont été fournies à l’UNICEF depuis 25 ans » informe Sanofi-Pasteur. Grâce à sa facilité d’administration sous forme de gouttes, le vaccin oral a permis de réaliser la majeure partie du plan d’éradication. Reste la phase finale : l’OMS recommande en 2013 le passage au vaccin injectable dès 2015 dans tous les pays du monde. Mais la vaccination n’a pas toujours bonne presse même en occident. En France plus de 50% des habitants n’ont pas confiance à un vaccin. Pour des spécialistes, c’est presque un luxe d’avoir un tel comportement dans un pays où l’accès à l’eau potable et à l’hygiène est acquis et où l’on peut se faire traiter très facilement. On rapporte à ce propos d’ailleurs la réponse cinglante d’une médecin qui disait à qui veut l’entendre : «  Si vous n’aimez pas la vaccination, essayez donc la maladie !¨. Au Nigeria notamment à l’est du pays, en Afghanistan et au Pakistan, la réticence est ailleurs. Des populations croient que le vaccin cache d’autres raisons et on évoque la tradition, les croyances religieuses pour le rejeter. Dans des zones de crises politiques, l’accès aux populations est aussi plus difficile. Malgré tout des volontaires y croient certains au prix de leur vie pour vacciner les enfants. Sur les 20 millions de volontaires dans le monde, le Rotary Club en a donné 1,5 millions et dépensé près de 8 milliards de dollars. A Paris, Azra et Latif deux Pakistanais vaccinateurs ont été honorés de la médaille de Louis Pasteur. Une manière d’encourager ces personnes invisibles sans qui le combat contre la polio serait plus lent et long !
Notons que le Pakistan, le Nigéria et l’Afghanistan, les trois derniers pays endémiques, pourraient interrompre la transmission du virus polio sauvage d’ici fin 2016. Au Nigéria, la riposte massive à la résurgence épidémique déplorée cet été doit permettre de stopper rapidement la contagion.


EL HADJI GORGUI WADE NDOYE.

(ContinentPremier.Com)
Vendredi 28 Octobre 2016
Dakaractu



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