ENTRETIEN EXCLUSIF avec Birima Mangara, ministre délégué en charge du Budget : «un Budget qui, dans tous es aspects, reflète les ambitions du Chef de l'Etat pour l'émergence économique et sociale du Sénégal"

Dakaractu est allé à la rencontre du ministre le plus secret et le plus nécessaire de notre République. Birima Mangara. En plein essor du Pse, au moment où notre pays doit faire des efforts de recettes, et se développer dans une certaine transparence, cet homme est à la croisée des exigences qui conditionnent la réussite de ce plan novateur autant que salvateur pour l’essor de note pays.
Entretien en toute décontraction.


ENTRETIEN EXCLUSIF avec Birima Mangara, ministre délégué en charge du Budget : «un Budget qui, dans tous es aspects, reflète les ambitions du Chef de l'Etat pour l'émergence économique et sociale du Sénégal"
Dakaractu.com Monsieur le Ministre bonjour. Veuillez s’il vous plait vous présenter à nos lecteurs parce que l’ombre dans laquelle vous œuvrez rend votre rôle un peu confus alors que votre travail est éminemment technique et nécessaire. Qui est Birima Mangara et quel est son rôle dans l’architecture gouvernementale ?
 
Birima Mangara : je vous remercie pour cette attention que vous me portez. Je remercie également le journal Dakaractu pour cette initiative de venir aux informations auprès de ma modeste personne. Me présenter, ça peut être facile ou chose complexe, mais je voudrais emprunter la ligne la plus simple.
Je suis fonctionnaire issu du cadre des impôts. J’ai commencé d’abord comme contrôleur, ensuite Inspecteur. J’ai accédé à l’Inspection générale d’Etat (IGE) en 2005. J’ai servi la République dans divers cadres comme vous le voyez et dans diverses fonctions. Quand j’ai quitté l’Inspection générale d’Etat, j’ai été appelé et honoré par Son excellence le président de la République Macky Sall à ses côtés. J’étais à son cabinet en qualité de Directeur de Cabinet adjoint de Janvier 2013 à Juillet 2014, moment au cours duquel, il a bien voulu me renouveler sa confiance, en me nommant Ministre Délégué auprès du Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, chargé du Budget.
 
Dakaractu : Quel est le rôle d’un Ministre du Budget, à côté de celui de l’Economie, des Finances et du Plan, parce qu’il y a tendance à faire la confusion ?
 
Birima Mangara : il ne doit pas y avoir de confusion à ce niveau. Le Ministre chargé du Budget est le second du Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, dans notre architecture en tout cas. Il le seconde dans diverses tâches et missions à lui confiées.
Il ne peut pas y avoir de confusion. Nous partageons le même cabinet, nous travaillons avec les mêmes conseillers et nous agissons de concert en étroite intelligence.
 
Dakaractu : Est ce que vous êtes le Ministre le plus appelé, le plus courtisé ou le plus redouté par vos collègues ?
 
Birima Mangara  : Point de tout cela. Je n’ai pas les statistiques par rapport aux appels reçus par mes autres collègues. Je suis souvent appelé mais je voudrais écarter les autres adjectifs allégués, c’est-à- dire ni craint, ni courtisé. Je gère le budget ; le budget étant la confluence de tous les besoins et nous sommes là pour régler les problèmes. Donc chaque département qui a un problème d’ordre budgétaire pense directement au Ministre délégué chargé du budget.
 
Dakaractu : Sur quelle base et quel critère décidez-vous des arbitrages ?
 
Birima Mangara : Personnellement je vais répondre à cette question par rapport au contexte de ma nomination.
J’ai été nommé au moment où le Président de la République Macky Sall a déjà dégagé une vision pour le développement économique et social du Sénégal d’ici à 20 ans, donc, d’ici à 2035.
Vous avez noté, avec moi, qu’en Février 2014, quasiment à la même époque, il y a un an, le Groupe Consultatif s’est réuni à Paris sous le leadership du Chef de l’Etat Macky Sall pour vendre cette vision qu’est le Plan Sénégal Emergent. Vous avez certainement observé que le niveau d’engagement de nos partenaires, le niveau d’engagement du secteur privé international pour ce plan, compte tenu de sa pertinence, de sa cohérence mais surtout de sa légitimité parce que c’est un plan que tous les segments de l’économie nationale et internationale se sont appropriés… (On le coupe)…
 
Dakaractu : Est ce que c’était une bonne chose d’avoir enlevé le Ministère du Plan de notre architecture gouvernementale parce qu’à un moment donné, le plan a été escamoté. Est ce que c’est une nécessité de remettre le plan dans notre vision gouvernementale ?
 
Birima Mangara   : c’était un besoin  impératif parce qu’il n’y a aucune économie, aucune action à long terme qui n’est adossée à un plan. Le plan c’est déjà une stratégie, les économies libérales et non libérales planifient tout ce qu’elles entreprennent.
Donc, aujourd’hui, on ne pouvait pas ne pas restaurer le plan dans l’architecture gouvernementale compte tenu de la nouvelle démarche que le Sénégal avait adoptée sous l’impulsion du président Macky Sall à travers le Plan Sénégal Emergent (PSE).
Donc pour revenir à la question précédente, c’est dans ce contexte maintenant que j’ai été nommé ministre du Budget. Lorsqu’il a fallu penser ce budget, le mettre en place avant de procéder aux arbitrages à divers niveaux, il fallait l’arcbouter (ce budget), l’allier aux objectifs du Plan Sénégal Emergent. C’est pourquoi aujourd’hui, on a quasiment un budget de l’Etat qui a pris en compte les grandes priorités du PSE. En tous les cas, toutes les grandes priorités de ces 5 années, ont été reflétées dans ce budget de 2015.
 
Dakaractu : Etant donné la complexité du financement du PSE, qui a fait beaucoup appel à des investissements extérieurs, quelle est votre méthode et c’est sous quel critère sont répartis les efforts de l’Etat du Sénégal dans l’optique de l’atteinte des objectifs du PSE ?
 
Birima Mangara   : le premier grand effort était d’augmenter la part contributive de l’Etat dans le financement des projets du PSE. Aujourd’hui, vous avez en terme d’investissement presque  neuf cent soixante deux (962) milliards FCFA qui seront injectés à travers ce budget et pour les projets prioritaires PSE, cent soixante six (166) milliards FCFA sont affectés à des projets très importants parce que très structurants.
Je voudrais prendre comme exemple le Train Express Rapide (TER). Il y a aussi les infrastructures routières er ferroviaires, les plateformes industrielles intégrées, pour ainsi dire que tous les projets qui sont dans le plan prioritaire du PSE,  ont fait l’objet de dotation pour connaître un début de mise en œuvre. Ceci, avec la réserve de précaution instituée dans la Loi de Finances initiale 2015, prête à accompagner les ministères sectoriels pour parachever les études de faisabilité y afférentes et implementer.
 
Dakaractu : N’y aura-t-il pas de conflits entre les gens du BOS/PSE et vous parce que les gens du BOS/PSE ont travaillé sur un budget qui est alloué à partir de ressources extérieures et vous, à partir des deniers de l’Etat. Est ce que tout ça va vous être confié à vous pour la répartition ; ou la répartition se fait en bonne intelligence ?
 
Birima Mangara   : Je voudrais relever que le Ministère chargé du suivi du PSE et le Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan travaillent en étroite collaboration. Il faudra juste éviter certains équivoques. Les projets du PSE font l’objet de suivi, donc de monitoring, par le BOS/PSE. Les financements, qu’ils soient internes ou extérieurs, sont recherchés et mis en place par le Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.
Il n y pas de projet à proprement parlé financé et mis entre les mains  du BOS/PSE. Celui-ci n’exécute pas ; il suit, supervise, challenge, assure le monitoring du rythme d’exécution des projets ainsi que le reporting de la cadence des réalisations des projets et assure ainsi le suivi-évaluation.
Voilà à peu près, ce qu’il fait. Le Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan est, quant à lui, compétent pour mobiliser les ressources, pour en assurer la répartition à travers les budgets, sous la validation en première strate du Premier ministre et, en dernier échelon, du Chef de l’Etat.
 
Dakaractu : Est ce que vous pouvez nous expliquer la définition d’un arbitrage bien fait dans l’intérêt du Sénégal ?
 
Birima Mangara : C’est un arbitrage qui prend en compte les besoins des sénégalais parce que le budget c’est un instrument qui permet de prendre en charge les préoccupations sociales, économiques et culturelles. Le propre du bon arbitrage est celui qui tient compte des besoins réels du pays.
 
Dakaractu : Mais y a des priorités…
 
Birima Mangara   : Je vais en venir. Ça c’est dans l’approche globale. Maintenant dans l’approche spécifique c’est de pouvoir sérier les priorités parmi ces besoins. Mais également le trait caractéristique d’un bon arbitrage est par ailleurs le réalisme.
Un arbitrage qui doit tenir compte de beaucoup de paramètres par exemple, du cadrage macroéconomique pour une bonne maitrise de la dette, pour toute soutenabilité de celle-ci, pour une forte croissance économique. Au surplus, un arbitrage fondé essentiellement sur la priorité à accorder aux projets porteurs de formation brute de capital fixe.
 Mais aussi qui tient compte de notre niveau de déficit. Il ne faut pas prendre un projet dont le financement contribue à creuser inutilement le déficit. Il faut savoir respecter les grands équilibres.       
Pour rappel, ce déficit (dons inclus) était près de 8 % en 2012, 5,4 % en 2013, 5,1 % en 2014 et projeté à 4,5 % en 2015.
                                                    
Dakaractu : En quoi la loi des finances 2015 est-elle un budget de développement ?
 
Birima Mangara   : C’est un budget de développement parce qu’il est aligné intégralement au Plan Sénégal Emergent, dans tous ses axes. Vous savez que l’axe 1 c’est pour la transformation structurelle de l’économie et pour la croissance.
Le deuxième axe s’intéresse au capital humain et à l’inclusion sociale. Vous avez entendu parler du financement de deux universités, de la couverture maladie universelle, de relèvement du plateau technique médical etc.
L’axe 3 c’est la gouvernance, l’Etat de droit, la paix et la sécurité, gages d’une émergence dans la sérénité, etc.
 
Dakaractu : En quoi cette loi des finances 2015 est-elle le bras séculier du PSE ?
 
Birima Mangara   : Le budget de 2015 ou la loi des finances de 2015 a comme caractéristique principale d’être le premier budget qui a fait une rupture en la matière. Comme vous le savez, jusqu’ici, les techniques budgétaires étaient entre les services votés et les mesures nouvelles.
Quasiment, une reconduction qui ne tenait pas beaucoup compte de la réalité. Nous avons rompu d’avec cette méthode en prenant le budget, en l’alignant aux besoins du PSE.
Donc c’est un budget qui dans tous ses aspects, reflète les ambitions du Chef de l’Etat pour l’émergence économique et sociale du Sénégal.
La spécificité du budget de 2015 est qu’il permet le début de la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent, articulé autour de ses priorités, à travers des moteurs d’emploi et d’inclusion sociale, ainsi que ceux d’exportation, attractifs d’investissements directs étrangers.
 
Dakaractu : C’est une énorme responsabilité que vous avez et lors du groupe consultatif de Paris, on a vu que c’était comme une grande fête. Les gens se réjouissaient d’avoir récolté quelque chose comme 5000 milliards sans compter ce que la Chine a apporté après.
 Au delà de la réjouissance, est ce qu’il ne fallait pas se prendre la tête et penser plus à la responsabilité que cela incombait?
 
Birima Mangara   : C’est un plan qui va traverser des générations, car devant aller jusqu’en 2035, avec une bonne séquenciation. En tous cas les autorités sénégalaises, avec à la tête le Président de la République, suivi du Premier ministre, du Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, ont une claire conscience de la gravité de la responsabilité de tout le monde.
Si vous avez constaté la manifestation de joie autour de la mobilisation de ressources à travers les engagements de nos partenaires et des investisseurs, on est aujourd’hui aux environs de 34 % dans les réalisations, soit environ 1 275 milliards.
Tout cela parce qu’ils croient en ce projet par sa démarche novatrice et sa pertinence. Aujourd’hui, nous avons tous conscience que c’est le bon timing et qu’il faut jamais rater le tempo. C’est aujourd’hui ou jamais qu’il faut sortir de l’ornière, l’économie du Sénégal.
Ceux qui ont certainement manifesté cette joie c’est peut-être que le résultat obtenu a dépassé les espérances. Ce n’est pas un manque de conscience de la gravité de la responsabilité de l’heure.
Ce qu’il faut aussi noter est que le Sénégal bénéficie aujourd’hui d’une bonne appréciation des Agences de notation et de la confiance des investisseurs. Nous pensons aisément intervenir sur les marchés financiers internationaux.
 
Dakaractu : C’est vrai que ce plan nécessite une réussite. Est ce que la stabilité politique peut être quelque peu chahutée en ce moment parce que les investissements demandent une stabilité politique pour dépasser ces 34 % là. Est ce que il n y pas quelques risques vu l’ambiance un peu politique qui peut chauffer et ralentir la réussite de ce projet ?
 
Birima Mangara   : Je pense que la foi que les investisseurs ont par rapport à ce plan, est irréversible. C’est un plan dont l’élaboration a été très inclusive. C’est un plan qui a des compétences distinctives.
Ce n’est pas un plan que nos partenaires au développement ont imposé au Sénégal. C’est le Gouvernement du Sénégal, sous l’initiative de Monsieur le Président de la République, qui a pensé ce plan là par ses propres cadres et l’a proposé aux partenaires qui, après étude, se sont engagés à nous accompagner.
Maintenant par rapport à la politique, je ne pense pas qu’il y ait une quelconque interférence parce que ceux qui font de la politique jouent leur rôle. On a qu’à les laisser le faire.
Les technocrates qui doivent se concentrer autour du PSE se donnent pour que ce plan puisse réussir pour le plan grand bonheur de tous les sénégalais. Monsieur le Président de la République a donné le la et l’élan est lancé, parti.
 
Dakaractu : Comment appréciez-vous le Président Macky Sall. Vous semble t-il aujourd’hui encore plus combattif qu’avant de prendre les reines du pays ?
 
Birima Mangara   : Il est plus que déterminé d’autant plus qu’il n’a pas varié dans ses ambitions pour le Sénégal. Au contraire, de jour en jour, il joue le rôle de grand capitaine d’une équipe qui doit gagner.
Pour ce qui est de mon accompagnement avec lui, je dis juste que je suis un serviteur de la République, un citoyen sénégalais, un fonctionnaire qui a eu le privilège d’être choisi parmi tant d’autres qui sont peut-être aussi ou beaucoup plus compétents. Je suis très honoré de ce choix porté à ma modeste personne par le Chef de l’Etat à qui je voue une loyauté sans faille. Donc je sers l’Etat, je sers le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Macky Sall. C’est un suprême honneur que de servir d’abord un Chef de l’Etat et ensuite celui qui incarne le syncrétisme des valeurs républicaines et humaines.
C’est un homme passionné pour l’avenir du Sénégal. Et, c’est là tout le sens des réformes profondes qu’il a engagées et auxquelles nos partenaires au développement accordent un intérêt particulier.
 
Madame Christine LAGARDE, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI) y a prêté une haute attention, en en faisant la trame essentielle de son discours prononcé devant l’Assemblée nationale le 30 janvier 2015.
 
 
Mardi 10 Mars 2015
Dakaractu




1.Posté par MOUSSA NDIAYE le 10/03/2015 23:52
Voici un grand serviteur de l L ETAT .Un technocrate un homme de l ombre qui comprend le fonctionnement de son ministere qui maitrise tres bien son sujet .MR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE l a bien choisi voila des hommes qu il nous faut a la place qu il faut pour un SENEGAL EMERGENT.



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