ENQUÊTE DE L’OFNAC SUR LA CONVENTION MYNA-ASER : L’étau se resserre autour de Papa Aly Guèye

L’étau se resserre autour de Papa Aly Guèye et des responsables de l’ASER se trouvant au cœur de la convention de 71 milliards que beaucoup de spécialistes présentent comme un carnage financier. Au stade actuel des investigations, l’OFNAC a formellement établi que l’avance de 24 milliards de FCFA payée au patron est un cadeau scandaleux.


ENQUÊTE DE L’OFNAC SUR LA CONVENTION MYNA-ASER : L’étau se resserre autour de Papa Aly Guèye
Les trois enquêteurs de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) avec à leur tête le commissaire Aziz Sarr, avancent à grands pas dans l’enquête sur la convention de 71 milliards de FCFA signée entre l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et Myna Distribution, la société de Papa Aly Guèye.
Selon les informations de Libération, l’ancien et le nouveau Directeur général de l’ASER ont été longuement interrogés par les enquêteurs qui ratissent large.
À preuve, ils ont même entendu à titre de témoin l’auteur de ces lignes. Au stade actuel des investigations, les enquêteurs ont presque établi l’aspect scandaleux de cette convention qui ne court pas les rues.
Des sources autorisées renseignent que l’ancien DG de l’ASER, Antou Guèye Samba, a été incapable d’expliquer aux enquêteurs sur quelle base une avance de 24 milliards de FCFA a été décaissée en faveur de Myna en toute illégalité.
Plusieurs chefs de service de l’ASER ainsi que des membres de la commission de réception ont été interrogés. Mieux, l’OFNAC a même convoqué Papa Aly Guèye qui a prétexté un voyage à l’étranger pour ne pas déférer.
Les mêmes interlocuteurs renseignent que les enquêteurs ont obtenu le rapport du cabinet BSC qui dénonce cette convention en plus d’avoir déterré un rapport de la Cour des comptes dans lequel Myna était en cause dans plusieurs marchés de SENELEC.
Pour rappel, dans le cadre de la convention avec l’ASER, Myna Distribution s’était engagée à mobiliser le financement dans un délai d’une semaine à compter de la signature du contrat présenté comme une offre spontanée et la durée d’exécution des travaux était de 16 mois à compter de la notification de l’ordre de service de démarrage des travaux. Cette échéance n’a jamais été respectée.
Mais voilà : le 18 décembre 2015, date d’enregistrement du marché, Myna a reçu une avance de 12 milliards de FCfa. Une grosse curiosité corsée par le fait que le marché a été enregistré bien avant sa notification intervenue le 21 décembre.
Deux autres paiements au titre de « l’avance sur approvisionnement » ont été effectués les 6 et 21 janvier 2016 pour des montants respectifs de 7 et 5 milliards de FCfa. Des paiements irréguliers car normalement, et selon la convention, Myna devait être payée lorsque la SENELEC et l’ASER auront dûment réceptionné les travaux indiqués.
Pire, le taux de remboursement des avances sur approvisionnement a été fixé à 60% en violation flagrante du Code des marchés qui le limite à 50% de la valeur des approvisionnements. En résumé, l’entreprise a empoché 24 milliards de FCfa sans le moindre justificatif selon les auditeurs qui, comme nous l’écrivions, ont dénoncé cette convention entachée d’irrégularités...
Lundi 8 Mai 2017
Dakaractu




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