Du gaz sarin a bien été utilisé lors de l'attaque chimique en Syrie

Les analyses effectuées sur des blessés confirment que cet agent neurotoxique très puissant a été utilisé lors de l'attaque de Khan Cheikhoun il y a une semaine, affirme la Turquie.


Le ministre turc de la Santé Recep Akdag l'assure: les analyses effectuées sur des blessés permettent de confirmer que du gaz sarin a été utilisé lors de l'attaque chimique de la semaine dernière en Syrie. Le raid aérien qui a frappé le 4 avril la ville de Khan Cheikhoun, contrôlée par des rebelles et des djihadistes, a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants, et plus de 160 blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. L'OSDH affirme qu'il s'agit de la deuxième «attaque chimique» la plus meurtrière depuis le début du conflit après celle menée dans la Ghouta orientale, en périphérie de Damas, le21 août 2013, qui avait fait plus de 1.400 morts.
Pupilles dilatées, convulsions, mousse sortant de la bouche... Les médecins présents sur place ont vite compris qu'ils soignaient les victimes d'une attaque chimique. La Turquie, où de nombreux blessés ont été évacués, ainsi que plusieurs ONG ont très vite affirmé qu'il pourrait s'agir d'un agent neurotoxique très puissant.
Par ailleurs, les États-Unis enquêtent sur une éventuelle complicité de la Russie dans l'attaque chimique en Syrie imputée au régime de Bachar el-Assad, a indiqué ce mardi un haut responsable américain. «Comment est-ce possible que leurs forces (russes, NDLR) se trouvaient dans la même base que les forces syriennes qui ont préparé, planifié et mené cette attaque (...) et ne l'aient pas su à l'avance?» s'est demandé ce responsable qui a requis l'anonymat. Selon un autre responsable de l'administration, Washington accuse Moscou de «semer la confusion dans le monde» sur le rôle du régime syrien dans cette attaque chimique, pour tenter de mettre en cause les rebelles ou les jihadistes du groupe Etat Islamique (EI).
Dans le même temps, le Royaume-Uni, la France et les États-Unis ont présenté au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution demandant une enquête sur l'attaque chimique en Syrie imputée au régime du président Bachar al-Assad, a indiqué l'ambassadeur britannique. Ce projet de résolution exige «une coopération complète dans l'enquête» sur l'attaque qui a eu lieu dans la localité de Khan Cheikhoun.
500 fois plus toxique que le cyanure

Le gaz sarin est inodore, invisible et mortel. Le simple contact de la peau peut entraîner la mort par arrêt cardio-respiratoire, même à très petite dose. Les victimes se plaignent d'abord de maux de tête violents et présentent des pupilles dilatées. Surviennent ensuite convulsions, arrêts respiratoires et coma précédant la mort, le tout en une dizaine de minutes. Des antidotes existent, mais les survivants au gaz sarin vivent, dans la majorité des cas, avec de très lourdes séquelles neurologiques.
Comme il n'a aucun goût, il peut être utilisé pour empoisonner de l'eau ou de la nourriture. Des bombes peuvent également être chargées de sarin sous forme liquide: ce dernier s'évaporera rapidement à l'air libre après l'explosion. Des experts estiment que le sarin est 500 fois plus toxique que le cyanure.
L'opposition et plusieurs pays occidentaux accusent le régime de Bachar el-Assad d'avoir perpétré cette attaque, avec des «obus» contenant du «gaz toxique». Le régime dément «catégoriquement», assurant qu'il a bombardé un «entrepôt» des rebelles contenant des «substances toxiques», une version appuyée Moscou.

(Avec AFP)
Mardi 11 Avril 2017
Dakaractu




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