Dr. Bakary sambe (CER- UGB) : « Les discussions entre Trump et l’Emir du Qatar montrent que le financement de l’extrémisme concerne aussi ses voisins. Le Sénégal doit rester du camp de la paix et de la médiation»


Qu’inspire ce dernier coup de fil du Président américain à l’Emir du Qatar ? Quelle doit être la position du Sénégal dans cette crise ? Joint par la Rédaction, Dr. Bakary Sambe revient sur les évolutions récentes au Moyen-Orient et donne son avis sur la posture que des pays comme le Sénégal devraient adopter.
Mettant en garde contre toute « confessionnalisation de la lutte contre le terrorisme qui serait contre-productive au Moyen-Orient  comme lors du Sommet de Ryad fin mai dernier », le Directeur du Timbuktu Institute analyse le coup de fil de Donald Trump à l’Emir du Qatar, Sheikh Tameem bin Hamad Al Thani comme « une tentative américaine de clarifier le débat sur le financement des mouvements extrémistes qui ne concernerait pas seulement le Qatar pour ainsi sortir de l’approche trop subjective lors du Sommet arabo-islamique tenue en Arabie Saoudite ».
Selon le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA) et professeur au Centre d’Etude des Religions (CER) à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, « cette conversation téléphonique a surtout insisté  sur  l’importance pour tous les pays de la région à travailler ensemble pour prévenir le financement des organisations terroristes et arrêter de promouvoir les idéologies extrémistes ».
Pour Sambe, « l’euphorie du Sommet de Ryad qui a pointé un seul doigt accusateur contre l’Iran négligeant la dimension idéologique du problème est bien passée et que la logique historique semble rétablie par ces précisions de taille de la Maison Blanche et il aurait été trop réducteur de réduire la lutte contre le terrorisme à une polarisation Iran-bloc sunnite »
« La crise diplomatique dans le monde arabe avec cette série de ruptures des relations avec le Qatar va aussi aboutir un autre paradoxe et une évolution majeure dans cette région : les Etats Unis s’imposeront désormais en grand médiateur et, tel que la situation se présente, il ne serait pas exclu qu’un Sommet de la Maison Blanche vienne en appui aux efforts du Koweït », analyse Dr. Bakary Sambe.
Et dans cette perspective, avertit Dr. Sambe, « la meilleure attitude pour des pays comme le Sénégal serait d’être du camp de la paix et de la médiation en s’appuyant sur ses leviers traditionnels efficaces et,  surtout, son crédit d’amitié historique avec le monde arabe et les pays musulmans »
« Au Moyen-Orient, notre pays compte beaucoup d’amis et n’y a pas besoin d’ennemis. Que son énergie diplomatique y soit donc déployée dans le sens de renforcer ces amitiés sachant que dans une situation aussi tendue et incertaine avec un climat international lourd de risques et de menaces, le sens de la mesure et du juste milieu qui nous a toujours valu l’estime de nos pairs, reste nécessairement de mise », conclut Bakary Sambe qui précise que « même la démarche américaine va dans le sens de l’apaisement »
Jeudi 8 Juin 2017
Dakar actu



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