Dr. Bakary Sambe de l'UGB : "Ce qui se passe en Centrafrique est inacceptable et dangereux pour la stabilité du continent"


Dr. Bakary Sambe de l'UGB : "Ce qui se passe en Centrafrique est inacceptable et dangereux pour la stabilité du continent"
Interrogé sur les derniers développements en Centrafrique à la suite du rapport d'Amnesty International sur les exactions commises contre les Musulmans dans ce pays, Dr. Bakary Sambe, coordonnateur de l'Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA) estime que "Ce qui se passe en Centrafrique est inacceptable et dangereux pour la stabilité du continent".
 
Pour l'enseignant chercheur au Centre d'Etude des religions de l'UFR CRAC de l'Université Gaston Berger, "cette surenchère ehtnico-religieuse résultat d'une manipulation du religieux par les ex-rebelles de la Séléka sous l'égide de Michel Djotodja a fini par installer un climat de tension permanente entre deux communautés qui vivaient paisiblement dans ce pays d'environ 5 millions d'habitants".
 
Revenant aux sources du conflits, Dr. Sambe a précisé que "ces massacres perpétrés par les anti-balakas sur la population musulmane sont le signe de l'entrée du conflit dans une seconde phase ; celle de l'enlisement et du risque de propagation si des mesures concrètes ne sont pas prises".
 
Pour lui," afin d'éviter que les choses arrivent à un point de non retour et pour que l'action de la communauté internationale demeure crédible, il faut plus de gages en termes d'égalité de traitement de toutes les communautés dans les opérations de maintien de la paix afin de ne pas cultiver un sentiment d'islamophobie cautionnée qui par serait vite exploité les extrémistes religieux qui n'espèrent que la régionalisation du conflit pour s'en emparer".
 
Pour Dr. Sambe qui craint que l'enlisement de ce conflit soit instrumentalisé par des franges extrémistes de tous bords,, "il faudrait un déploiement plus massif de forces de sécurité dans ce pays et un appel au dialogue porté par les religieux comme au début du conflit". Bakary Sambe insiste sur le fait  que "pour sécuriser la Centrafrique vaste de 623 000 km2, frontalier de pays en profonde crise sécuritaire et politique, il faut au moins 10 000 hommes si l'on prend en compte le nombre de miliciens retranchés dans des zones reculés du pays".
 
Réitérant sa position lors du déclenchement des hostilités, Bakary Sambe rappelle :" Dès le début du conflit, j'avais appelé à l'instauration d'un dialogue sincère s'appuyant sur des autorités religieuses tolérantes et ouvertes comme l'imam de Bangui et certains membres du clergé afin de parer à la culture de la haine développée aujourd'hui par les extrémistes aussi bien protestants que musulmans", conclut-il
Jeudi 13 Février 2014
Dakaractu




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